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Ce que Femme Veut… par Agnès Aflalo

Le désir de démocratie qui travaille l’islam a fait fleurir le printemps arabe. Mais, combien de temps faudra-t-il pour que cette aspiration démocratique des peuples soit résorbée dans un islamisme plus ou moins modéré ? Faire de la charia, même à des degrés divers, la source du droit, n’est-ce pas déjà contrer ce tout nouvel élan démocratique ?

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 Stimulations directes du nœud des pensées par Éric Laurent

Ouvrons notre « sac de nœuds ». On en trouve de toutes sortes. Surtout du côté des nœuds du cerveau et de l’âme qui ne cessent de se réécrire au gré des vraies-fausses

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1-En 2003, en France, il y a eu, l’assassinat manqué de la psychanalyse. Un malheureux amendement a révélé comment une clique d’experts avait voulu rendre l’enseignement de Lacan hors-la loi. JAM a donné l’alerte, et l’opinion éclairée s’est mobilisée

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Deux pages d’entretien avec « l’historienne renommée de la psychanalyse », sous le titre risible, voire ridicule : « Comment former des psychanalystes équilibrés ? » – voilà ce que nous offre le quotidien Libération, ce matin du 1er octobre.

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Jacques- Alain Miller l’a fait savoir, l’établissement du Séminaire de Lacan est pratiquement terminé. La publication des derniers volumes dépend désormais de l’éditeur. Il est troublant que ce soit à ce moment précis que JAM soit effacé : son nom et son œuvre tenus pour rien, rien d’important, rien qui compte. Voilà le message qui court lors de cette rentrée annoncée comme lacanienne. De Lacan, il est peu ou pas question et de JAM, rien !

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UN LACAN VIVANT par Lilia Mahjoub

Ni le cahier central « Livres » du journal Libération, ni l’édition du 9 septembre du même quotidien n’ont fait place à la parution des livres « …ou pire » et « Je parle aux murs » de Lacan. Rien non plus sur l’anniversaire de sa mort, alors qu’il y a trente ans, le 11 septembre 1981, un numéro spécial (neuf pages) était consacré à la disparition de Lacan, sous le titre « Tout fou Lacan », soit sous une équivoque, ce que le Journal faisait chaque jour pour sa Une. C’était l’esprit de l’époque. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, pour ce qu’il en est de l’esprit. Trente ans après, c’est… le silence.
Mais voilà que ce matin, le 10 septembre, je découvre dans le Mag de Libé, deux pages qui accueillent l’entretien de Patrick Guyomard accordé à Virginie Bloch-Lainé, lequel fut diffusé sur les ondes de France Culture, le 3 septembre dernier. Je renvoie ici au numéro 12 de LQ où je commentai cette émission. Toutefois, il faut savoir que le texte de l’entretien ainsi publié dans Libé, et dont il est indiqué que des extraits de celui-ci ont été diffusés dans ladite émission, a été écrit, édité, c’est-à-dire arrangé, nettoyé voire débarrassé de toutes sortes de propos dont certains firent l’objet de mon commentaire. Il n’y a qu’à se reporter à l’émission pod-castée pour le constater. Mais ne perdons pas de temps à cela, car l’entretien du quotidien Libération, sur le fond, reste le même quant à l’essentiel de ce que j’ai pu en souligner dans LQ n° 12. Mais, quand même, consacrer deux pages de Libération sur Lacan, sur ce mode, montre un certain ravalement du niveau de ce journal qui ne se tient plus bien au courant, semble-t-il, de l’actualité culturelle ! La dernière question de l’entretien qui ne faisait pas partie de l’émission radiophonique, soit « qu’est-ce qu’être lacanien aujourd’hui ? » aurait mérité une réponse d’une autre ampleur que celle qui est ici donnée à lire. A savoir que « certains pensent que ce n’est plus la peine de lire Freud, puisque Lacan a pris sa place… » Je passe.
Mais une question s’impose : les colonnes de Libération peuvent-elles accueillir des développements plus dialectiques sur la question ? Car il aurait été autrement plus percutant, et en ce sens bien plus lacanien, de montrer que le retour à Freud s’il fut essentiel, et que Lacan fit ce travail, il alla cependant au-delà du point où en resta Freud. En d’autres termes, la conception de l’inconscient freudien n’est pas équivalente à celle qu’a forgée Lacan au cours de ses années d’enseignement et de séminaires.
Outre l’hebdomadaire le Point (n°2031) qui a fait un entretien portant sur l’éclairage de Lacan sur notre époque, aucun autre magazine n’a pris le risque d’élever le niveau du débat en s’adressant à celui qui, en établissant le texte de l’ensemble des séminaires, a là-dessus une autre vue et partant un discours qui articule en quoi Lacan a réinventé la psychanalyse. Le Monde, le Nouvel Observateur ont, il est vrai, accordé des pages à l’évènement, conviant des intellectuels qui ne sont pas psychanalystes, sous les titres « Le XXI siècle est d’ores et déjà lacanien » dans Le Monde des livres, vendredi 9 septembre 2011, et « Lacan, idole ou démon de la psychanalyse mourrait il y a 30 ans » sur le site de samedi 10 septembre pour le Nouvel Observateur. Il reste cependant des bastions dans la presse, qui se gardent bien de faire place à un Lacan qui dérange toujours, un Lacan qui ne se laisserait pas prendre aux rets du discours de l’université, pour devenir reader’s digest, et ce, au travers de portraits que l’on fait de sa personne, ou de résumés de sa pensée. La frilosité voire l’ignorance affichées par le quotidien cité, me font conclure, dans le fil de ce que fit avec force et détermination Jacques-Alain Miller, hier au soir dans la cour aux Ernest de l’Ecole Normale Supérieure, en formulant qu’il existe un autre Lacan toujours vivant, et que celui-ci n’est pas près de disparaître dans le discours commun.

LES DÉRIVES ET LE JUSTE par Agnès Aflalo

Par la grâce de l’invitation conjointe de Catherine Clément et de Monique Canto-Sperber, la proscription exercée à l’endroit de Lacan depuis plus de quarante ans à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm, a été levée hier soir. Dans sa brève allocution, précédant la lecture du passage du Séminaire XVI qu’il avait à lire, Jacques-Alain Miller a donc tenu à les en remercier. La nouvelle direction ne juge plus Lacan comme un fauteur de trouble à bannir, pas plus qu’elle ne tient le gendre pour responsable des pêchés du beau-père.
Difficile pourtant de fêter la fin du bannissement de Lacan sans saisir son envers d’ostracisme décidé dont Jacques-Alain Miller est victime depuis plusieurs mois et qui ne vise qu’à l’effacement de son nom propre. Il n’a pas échappé à Luc, son fils, que vouloir atteindre ce nom-là, c’est d’abord atteindre sa famille – ascendants partis dans les fumées de la guerre et descendants vivants devant endurer cette nouvelle relégation. Mais il n’a pas échappé non plus à Ève, sa fille, qui ne ménage pas sa peine en cette rentrée, que ce nom propre est aussi le nom d’un feu froid, impossible à supporter et qui est l’armature du discours analytique. Le travail silencieux et solitaire d’établissement du Séminaire de Lacan et le travail public du Cours ont fait savoir que le nom propre qui désigne le réel est celui de Jacques-Alain Miller. Ce nom-là dérange aujourd’hui comme ceux de Freud et de Lacan qui l’ont précédé.
Les tentatives d’en finir avec le discours analytique trop subversif ont commencé dès le vivant de Freud. Ses contributions à l’histoire du mouvement analytique n’ont pas d’autres sens que celui de l’urgence à prendre parti au moment où son invention est menacée. C’est la même urgence qui se manifeste aujourd’hui. Le péril est toujours l’œuvre des adeptes de Procuste, et le fleuve de boue qu’ils charrient menace la vie même de la psychanalyse. Quand le psychanalyste montre le réel, l’imbécile s’en prend à son nom propre. Confondre nom propre et réel nourrit le rêve qu’il serait enfin possible de se débarrasser du réel pour se livrer au dépeçage de la psychanalyse. Une fois mortifiée, les semi-habiles pourraient enfin faire passer des vessies pour des lanternes.
Il n’y a qu’un seul Lacan vivant et en effet, il ne se tiendra jamais tranquille parce que c’est le réel qui lui confère son intranquillité. Mais n’y a-t il pas plusieurs façon de le faire périr selon le profit que l’on veut tirer du forfait ? Le profit politique s’accommode assez bien des extrêmes et on le voit fleurir à droite comme à gauche. Oublier que Lacan n’était pas plus progressiste que Freud n’est-ce pas prendre le risque d’une révolution qui ramène immanquablement au point de départ avec un maitre encore plus fort ? Les formes soit disant « scientifiques » de la psychanalyse nous le montrent, le maitre scientiste qu’elles servent, heureux de satisfaire ses penchants cruels, ne vise qu’une rentabilité accrue. Les phénomènes de suicide dans tous les lieux de socialisation obligatoire disent le succès d’une telle entreprise. Malaxer et pétrir l’enseignement de Lacan pour le rendre compatible avec des unités de valeur ne vise pas seulement un savoir totalisé qui serait enfin fréquentable. Il organise la terreur bureaucratique – connu des états totalitaires – des administrations que l’évaluation renforce toujours plus dans nos universités et bien au-delà. La belle âme ne vaut pas mieux quand elle persiste à vouloir ignorer les conséquences de ses révoltes et ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Alors, n’est-il pas temps de saisir que les dérives qui font consensus pour mortifier l’enseignement de Lacan sont des logiques de discours qui s’opposent résolument au discours analytique ? Aujourd’hui encore, il y a les dérives et il y a le Juste.

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Voilà, nous savons depuis ce matin que les trois coups de la « Rentrée lacanienne » ont maintenant sonné. Que la fête commence !

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Cher JA,

            J’ai eu l’occasion de vous faire savoir le plaisir que j’avais à vous lire, non seulement dans Vie de Lacan, mais aussi dans les numéros de Lacan Quotidien.

Ce numéro 07 est encore différent. Il est remarquable à plus d’un titre: le style, le ton, le choix des mots, au service de la seule stratégie qui vaille dans de tels combats:  » à ciel ouvert ».

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