{"id":10779,"date":"2012-05-16T07:03:13","date_gmt":"2012-05-16T05:03:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/?p=10779"},"modified":"2012-05-16T07:05:05","modified_gmt":"2012-05-16T05:05:05","slug":"une-mere-qui-danse-mother-de-joon-ho-bong","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2012\/05\/une-mere-qui-danse-mother-de-joon-ho-bong\/","title":{"rendered":"Une m\u00e8re qui danse. Mother de Joon-ho BONG"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\" align=\"right\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <strong><span style=\"color: #ff0000;\">par\u00a0 <em>\u00c9lisabeth Marion et Yohan Trichet<\/em><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La projection de <em>Mother<\/em> du cin\u00e9aste cor\u00e9en Joon-ho Bong<a title=\"\" href=\"#_edn1\">[1]<\/a>, lors de la derni\u00e8re soir\u00e9e cin\u00e9ma-psychanalyse organis\u00e9e au Mans, a suscit\u00e9 des \u00e9changes tr\u00e8s riches avec nos invit\u00e9s angevins, G\u00e9rard Brosseau et Anne Loiseau. Pour son quatri\u00e8me long m\u00e9trage sorti en 2010,\u00a0 Joon-ho Bong a choisi une actrice populaire en Cor\u00e9e du Sud, Kim Hye-Ja : \u00ab C\u2019est \u00e0 cause, ou plut\u00f4t gr\u00e2ce \u00e0 elle, que j\u2019ai tout d\u2019abord voulu \u00e9crire ce film. C&rsquo;est une femme qui a plus de quarante ans de carri\u00e8re \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, une sorte d\u2019arch\u00e9type national de la m\u00e8re en Cor\u00e9e. Mais moi, d\u00e8s ma plus tendre enfance, je percevais en elle une sorte de folie et un c\u00f4t\u00e9 sombre de sa personnalit\u00e9 qui n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 montr\u00e9\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mother vit seule avec son fils, un jeune adulte pr\u00e9nomm\u00e9 Do-Joon. Elle le nourrit, le couve constamment du regard. Sa vie s\u2019organise autour de lui, rien ne fait limite jusqu&rsquo;au jour o\u00f9\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Deux actes, deux meurtres <\/em><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00e9alisateur met le fils puis la m\u00e8re dans une sorte d&rsquo;impasse \u00ab\u00a0abandonn\u00e9s dans le d\u00e9sert\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn3\">[3]<\/a>, devant l\u2019obligation de l\u2019acte. \u00ab\u00a0Les affaires de meurtres, constate Joon-ho Bong, proviennent souvent de situations extr\u00eames o\u00f9 les gens ne savent plus quoi faire, plus o\u00f9 aller.\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn4\">[4]<\/a>\u00a0Dans ce film, il s\u2019agit d\u2019actes v\u00e9ritables, irr\u00e9m\u00e9diables, d\u2019o\u00f9 le sujet ressort chang\u00e9<a title=\"\" href=\"#_edn5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #0000ff;\"><em>-Pour Do-Joon<\/em><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux c\u00f4t\u00e9s de son ami Jin-Tae, il joue avec un chien sous le regard de sa m\u00e8re. Une voiture le heurte\u00a0: accident contingent. Cela rompt le lien au regard de la m\u00e8re. Elle se pr\u00e9cipite vers lui\u00a0; il la repousse une premi\u00e8re fois. Puis, Jin-Tae le questionne sur l\u2019homme qu\u2019il est. Couche-t-il avec des filles\u00a0? \u00ab\u00a0Avec ma m\u00e8re\u00a0\u00bb, r\u00e9pond-il. Il n\u2019entend pas la question sur le registre de la sexualit\u00e9. \u00c0 son tour, sa m\u00e8re lui parle de sa virilit\u00e9. Reprenant les propos de Jin-Tae, il parle de coucher avec une fille. Il insiste dans son d\u00e9sir de s\u00e9paration en allant le soir dans un bar rejoindre son ami. Celui-ci \u00e9tant absent au rendez-vous, il s\u2019endort. Quand il sort, hagard, sa d\u00e9marche est chancelante. Une fille marche devant lui. C\u2019est la <em>tuch\u00e9<\/em>, la rencontre du r\u00e9el. Un acte se profile, le spectateur pense \u00e0 la sexualit\u00e9. Do-Joon lui demande si elle aime les hommes. Elle dispara\u00eet dans l\u2019ombre de la maison et lui lance une pierre. Il rebrousse chemin, elle le traite d\u2019\u00ab\u00a0idiot\u00a0\u00bb. Il l\u2019est en effet\u00a0: tout le monde sait qu\u2019elle accepte des pratiques sexuelles pour un bol de riz, ce pour quoi on l\u2019appelle \u00ab\u00a0mademoiselle riz saut\u00e9\u00a0\u00bb. Do-Joon ne le sait pas. Dans un rapport en miroir, il relance la pierre, elle s\u2019\u00e9croule, morte. Affol\u00e9, avec des gestes saccad\u00e9s, il ouvre et ferme maintes fois le clapet de son t\u00e9l\u00e9phone. Sait-il ce qu\u2019il a fait\u00a0? Il dit \u00e0 la jeune fille de ne pas rester par terre. Il la traine et l\u2019expose en haut d\u2019une maison positionnant sa main dans son dos\u00a0: geste qui lui est familier. Ce corps c\u2019est lui. Puis, il rentre se coucher aupr\u00e8s de sa m\u00e8re dont il touche la poitrine avant de s\u2019endormir, oubliant ce qu\u2019il a fait.<em> <\/em>Ce meurtre le s\u00e9pare de sa m\u00e8re, car il est accus\u00e9 et emprisonn\u00e9. Elle l\u2019enjoint de se rem\u00e9morer ce qu\u2019il a fait. Un souvenir surgit\u00a0: lorsqu&rsquo;il \u00e9tait petit, elle a voulu l\u2019empoisonner. Mother en hurle de douleur. Il faut qu\u2019il oublie, elle sort ses aiguilles d\u2019acuponcture et emploie ses formules incantatoires. Il lui dit\u00a0: \u00ab\u00a0tu veux me tuer avec tes aiguilles\u00a0?\u00a0\u00bb Ce souvenir le s\u00e9pare de sa m\u00e8re qu\u2019il ne veut plus voir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: line-through;\"><strong><em>&#8211;<\/em><\/strong><\/span><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Pour Mother<\/em>.<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant l\u2019acte, elle fait Un avec son fils. \u00ab\u00a0Toi c\u2019est moi\u00a0\u00bb, dit-elle. Elle le nourrit, s\u2019occupe des fonctions de son corps, y compris sa virilit\u00e9. L\u2019emprisonnement de son fils l&rsquo;oblige \u00e0 sortir de sa routine afin de retrouver ce Un qu&rsquo;ils formaient. Elle \u00e9choue mais nerenonce pas. Comme elle m\u00e8ne l\u2019enqu\u00eate, on peut penser qu\u2019\u00e0 ses yeux, il est innocent. Mais le spectateur s\u2019aper\u00e7oit que m\u00eame coupable elle veut le r\u00e9cup\u00e9rer. Pour cela, elle tue un vieillard &#8211; un clochard isol\u00e9, seul t\u00e9moin du crime de son fils &#8211; dans un d\u00e9cha\u00eenement pulsionnel incoercible. Quand le sang du vieillard se r\u00e9pand sur le sol, lui appara\u00eet l\u2019horreur de ce qu\u2019elle est\u00a0: une meurtri\u00e8re. On sait qu\u2019elle a tent\u00e9 de tuer son enfant quand il \u00e9tait petit et de se tuer<a title=\"\" href=\"#_edn6\">[6]<\/a>. Son fils a tu\u00e9, elle aussi maintenant.\u00a0Au moment du crime, elle appelle sa propre m\u00e8re : \u00ab\u00a0Maman, qu&rsquo;est-ce que je vais faire ?\u00a0\u00bb\u00a0 Elle essaie d\u2019\u00e9ponger le sang r\u00e9pandu, puis elle met le feu. Ensuite, seule, elle erre dans un champ de bl\u00e9. La sc\u00e8ne inaugurale du film en est une variante, o\u00f9 l\u2019errance devient une danse. \u00ab\u00a0Dans la sc\u00e8ne o\u00f9 elle danse dans le champ, indique le cin\u00e9aste, elle semble compl\u00e8tement ahurie, d\u00e9tach\u00e9e de toute r\u00e9alit\u00e9. Dans un sens, il s\u2019agit d\u2019un avertissement au spectateur, on lui indique qu&rsquo;elle va peu \u00e0 peu devenir \u2018folle\u2019\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn7\">[7]<\/a>.\u00a0Elle vacille\u2026 ce meurtre l\u2019a chang\u00e9e faisant coupure dans la jouissance jusqu\u2019alors toute localis\u00e9e dans ce fils qui fait Un avec elle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Mother, d\u2019une jouissance \u00e0 l\u2019Autre<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La jouissance scopique &#8211;<\/em> D\u2019abord, le film met en avant son regard sur Do-Joon. Quand emprisonn\u00e9 il la rejette, elle coupe en deux une photographie o\u00f9 il avait cinq ans, puis jette l&rsquo;autre partie sur laquelle le spectateur suppose l\u2019image du p\u00e8re, sans m\u00eame l\u2019apercevoir. Elle demande ensuite \u00e0 une photographe de retoucher l\u2019image de son fils. C\u2019est une image parfaite, sans m\u00e9moire. Il ne sait rien ni du d\u00e9sir de la m\u00e8re ni qui est son p\u00e8re. Il est l\u2019objet <em>a<\/em> de la pulsion scopique maternelle. Le regard et le corps de son fils sont dans la continuit\u00e9 du sien. Ainsi, au d\u00e9but du film ni Mother ni Do-Joon ne savent qui des deux saigne. Plus tard, une sc\u00e8ne d\u00e9rangeante les montre devant un mur\u00a0o\u00f9 il urine pendant qu\u2019elle lui fait boire un rem\u00e8de. Mal \u00e0 l\u2019aise, Do-Joon met alors sa main dans son dos, comme la jeune fille qu\u2019il a tu\u00e9e et expos\u00e9e ainsi. Le lien Mother\/Do-Joon, infini, fait exister par le regard le rapport sexuel<a title=\"\" href=\"#_edn8\">[8]<\/a>, mais sans \u00e9rotique, car sans valeur phallique\u00a0: elle ne trouve pas chez lui l\u2019<em>agalma<\/em><a title=\"\" href=\"#_edn9\">[9]<\/a> ni la brillance qui voile le manque, et que l\u2019on trouve chez l\u2019autre. Pour elle, il n\u2019y a pas de manque et Do-Joon n\u2019est pas un autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le film indique la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019intervention d\u2019un tiers pour couper ce lien : qu\u2019il s\u2019agisse de la premi\u00e8re sc\u00e8ne\u00a0o\u00f9 l\u2019accident coupe le lien du regard entre Mother et Do-Joon, ou de la sc\u00e8ne de l\u2019arrestation qui r\u00e9p\u00e8te la m\u00eame coupure, op\u00e9r\u00e9e ici par des policiers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<em>Jouissance de la (pro)cr\u00e9ation &#8211;<\/em> Elle pratique l\u2019acuponcture sur ses clientes afin\u00a0 qu&rsquo;elles enfantent de fils. Mais cela ne la relie pas \u00e0 la fonction phallique. Do-Joon n\u2019est pas en position d\u2019objet phallique, ce qui \u00e9voque les propos de Lacan\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019enfant dans le rapport duel \u00e0 la m\u00e8re lui donne, imm\u00e9diatement accessible, ce qui manque au sujet masculin\u00a0: l\u2019objet m\u00eame de son existence, apparaissant dans le r\u00e9el\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn10\">[10]<\/a>. Rien n\u2019est dit sur le p\u00e8re. Le film laisse \u00e0 penser qu\u2019elle a pu concevoir seule ce fils avec ses potions et ses aiguilles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sc\u00e8ne montrant Mother dans son atelier coupant des plantes revient trois fois : c\u2019est le lieu d\u2019o\u00f9 d\u00e9marre l\u2019histoire et celui de son pouvoir d\u00e9miurgique. Herboriste, elle connait des rem\u00e8des et exerce ill\u00e9galement l\u2019acuponcture. Elle est cr\u00e9atrice, et Do-Joon sa cr\u00e9ature. Les souvenirs non subjectiv\u00e9s sont localis\u00e9s sur le corps. \u00ab\u00a0Les mauvais souvenirs, les traumatismes et la ranc\u0153ur profonde peuvent \u00eatre gu\u00e9ris. Montre-moi ta cuisse, dit-elle \u00e0 son fils. Moi seule connais ce point \u00bb, ce point d\u2019acuponcture qui gouverne la m\u00e9moire et l\u2019oubli. Ce savoir ne \u00a0lui a pas \u00e9t\u00e9 transmis : e<em>lle seule<\/em> le connait, cela indique sa position d\u2019exception. Il s\u2019agit d\u2019un savoir occulte, un savoir de sorci\u00e8re, avec ses herbes, ses aiguilles, hors fonction phallique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Chute de l\u2019objet <\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors de l\u2019interview, Joon-ho Bong confie\u00a0qu\u2019il n\u2019a pas con\u00e7u de happy-end, souhaitant\u00a0\u00ab\u00a0aller jusqu\u2019au bout des choses\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s l\u2019acte\u00a0meurtrier, Mother et Do-Joon apparaissent diff\u00e9rents. L\u2019acte fait coupure. Le regard de Mother a chang\u00e9. Cette chute de l\u2019objet regard appara\u00eet de plusieurs fa\u00e7ons dans le film. Sur l\u2019affiche fran\u00e7aise, elle a les yeux baiss\u00e9s. Quand elle danse, seule, se ber\u00e7ant elle-m\u00eame, elle d\u00e9tourne son regard. Avant le meurtre, la compl\u00e9tude m\u00e8re-fils ne laissait pas la possibilit\u00e9 du d\u00e9sir. Apr\u00e8s l\u2019acte, qui fait effraction, s\u2019ouvre un \u00e9cart. Le film la montre diff\u00e9rente\u00a0: la jouissance revient sur son propre corps, la danse, l\u2019autosatisfaction de l\u2019acuponcture, qui ressemble \u00e0 la masturbation sur ce point intime \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la cuisse qu\u2019elle seule connait. Cela dit-il quelque chose de sa f\u00e9minit\u00e9\u00a0? Serait-ce l\u00e0 un point G, lieu mythique de la jouissance f\u00e9minine\u00a0? Localisation que Jacques Lacan n\u2019accr\u00e9dite pas. Il parle de la jouissance du corps, mais pr\u00e9cise que les femmes font \u00ab\u00a0motus\u00a0!\u00a0\u00bb sur la jouissance f\u00e9minine et sur sa localisation<a title=\"\" href=\"#_edn11\">[11]<\/a>. De quoi\u00a0 s\u2019agit-il pour Mother\u00a0? Le cin\u00e9aste imagine pour elle une localisation singuli\u00e8re sur son corps, un point qu\u2019elle seule connait : une solution, un auto-traitement lui permettant l\u2019oubli. Si ce lieu est intime, secret, dans l\u2019op\u00e9ration est escamot\u00e9e la teneur \u00e9rog\u00e8ne du geste sous son aspect scientifique. Ce geste t\u00e9moigne de la jouissance solitaire de Mother qui court-circuite le recours \u00e0 l\u2019Autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la fin du film apr\u00e8s avoir touch\u00e9 de son aiguille ce point, elle danse \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;autres m\u00e8res, qui chacune danse seule. Enferm\u00e9es dans ce bus pour un voyage offert\u00a0par leurs enfants, elles sont \u00a0d\u00e9li\u00e9es de leur objet. Dans le tableau de la sexuation, Lacan inscrit le c\u00f4t\u00e9 femme en rapport avec le manque dans l\u2019Autre, et non du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019objet<a title=\"\" href=\"#_edn12\">[12]<\/a>. Pour autant, la jouissance de Mother est tout \u00e0 fait singuli\u00e8re, au-del\u00e0 du registre sexuel et des semblants phalliques. Et s\u00e9par\u00e9e de Do-Joon, qui \u00e9tait elle, qui \u00e9tait son monde, comment peut-elle faire ? La question de l\u2019amour n\u2019est pas \u00e9voqu\u00e9e ni l\u2019appel \u00e0 la parole. Joon-ho Bong met en sc\u00e8ne les solutions-bricolages de ses personnages <em>abandonn\u00e9s dans le d\u00e9sert<\/em>, sans secours. Et ce film indique avec ce final, une version de la s\u00e9paration o\u00f9 l\u2019enfant en est l\u2019agent, la m\u00e8re ne pouvant consentir \u00e0 la coupure n\u00e9cessaire. Ainsi, dans ce bus, chaque Une danse seule, l\u2019une derri\u00e8re l\u2019autre sans se regarder. Une + Une + Une, + Une&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref1\">[1]<\/a>. Cin\u00e9aste cor\u00e9en plus connu en France pour <em>The host <\/em>(2006).<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref2\">[2]<\/a>. Extrait d\u2019une interview de Joon-Ho Bong par Edouard Brane, le 9 d\u00e9cembre 2009, Paris. www.allocine.fr.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref3\">[3]<\/a>. Idem.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref4\">[4]<\/a>. Idem.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref5\">[5]<\/a>. Lacan J. \u00ab\u00a0Fonction et champ de la parole et du langage\u00a0\u00bb (1953),\u00a0 <em>\u00c9crits<\/em>, Paris, Seuil, 1966, p. 285.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref6\">[6]<\/a>. Ce qu&rsquo;Esquirol \u00e9pingla en 1821 du nom de suicide homicide.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref7\">[7]<\/a>. Extrait de l&rsquo;interview de Joon-Ho Bang par Edouard Brane.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref8\">[8]<\/a>. Lacan J. Le s\u00e9minaire. Livre XX, <em>Encore, <\/em>Seuil, Paris, 1975, p. 36.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref9\">[9]<\/a>. Lacan J. Le s\u00e9minaire. Livre X, <em>L\u2019angoisse,<\/em> Seuil, Paris, 2004, p. 128.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref10\">[10]<\/a> Lacan J. \u00ab\u00a0Note sur l\u2019enfant\u00a0\u00bb, <em>Autres \u00e9crits<\/em>, Paris, Seuil, 2001, p. 374.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref11\">[11]<\/a>. Lacan J. Le s\u00e9minaire. Livre XX, <em>Encore, op. cit<\/em>., p. 69-70.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"\" href=\"#_ednref12\">[12]<\/a>. Ibid., p. 73 et 75.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\" align=\"right\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 par\u00a0 \u00c9lisabeth Marion et Yohan Trichet<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La projection de Mother du cin\u00e9aste cor\u00e9en Joon-ho Bong<a title=\"\" href=\"#_edn1\">[1]<\/a>, lors de la derni\u00e8re soir\u00e9e cin\u00e9ma-psychanalyse organis\u00e9e au Mans, a suscit\u00e9 des \u00e9changes tr\u00e8s riches avec nos invit\u00e9s angevins, G\u00e9rard Brosseau et Anne Loiseau. Pour son quatri\u00e8me long m\u00e9trage sorti en [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":10780,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[301],"tags":[2403,2402,2404],"class_list":["post-10779","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cinema","tag-joon-ho-bong","tag-mother","tag-une-mere-qui-danse"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10779","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10779"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10779\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10782,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10779\/revisions\/10782"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10780"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10779"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10779"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10779"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}