{"id":1123,"date":"2011-09-26T14:06:22","date_gmt":"2011-09-26T12:06:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blogx16y\/2011\/09\/deborah-gutermann-lacan-at-first-sight\/"},"modified":"2011-10-18T21:38:25","modified_gmt":"2011-10-18T19:38:25","slug":"deborah-gutermann-lacan-at-first-sight","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2011\/09\/deborah-gutermann-lacan-at-first-sight\/","title":{"rendered":"DEBORAH GUTERMANN Lacan at first sight &#8211; LQ 39"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le sujet aim\u00e9 est atopos, inclassable, disait Barthes. C\u2019est un morceau de la v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019il d\u00e9tient que le deuxi\u00e8me s\u00e9minaire \u00ab A Lacan sa lacune \u00bb, organis\u00e9 par la R\u00e8gle du jeu et anim\u00e9 par Alexis Lacroix, a transmis. Consacr\u00e9 \u00e0 \u00ab L\u2019amour de Lacan \u00bb, il r\u00e9unissait, autour de Jacques-Alain Miller, r\u00e9dacteur du s\u00e9minaire, Lilia Mahjoub, Dominique Miller, Fran\u00e7ois Regnault et Beno\u00eet Jacquot, qui ont chacun livr\u00e9 quelque chose de ce qui faisait la singularit\u00e9 de leur lien \u00e0 Lacan et r\u00e9alisait la m\u00e9taphore de l\u2019amour.<\/strong><!--more--><br \/>\nLilia Mahjoub \u00e9voque ainsi l\u2019amour de l\u2019analysante sous les habits du transfert. Des psychanalystes, elle en avait rencontr\u00e9, avant d\u2019arriver chez Lacan. Mais aucun ne lui avait donn\u00e9 envie de les revoir. Le d\u00e9sir n\u2019y \u00e9tait pas. Et pour cause. La vie m\u00eame semblait les avoir quitt\u00e9, \u00e0 l\u2019image du \u00ab num\u00e9ro 4 \u00bb de la liste, aux allures de \u00ab croque-mort \u00bb. Celui-l\u00e0 aurait volontiers lou\u00e9 son divan \u00e0 l\u2019analysant pour qu\u2019il puisse y mourir \u00e0 petit feu, mais comme le d\u00e9couragement n\u2019est pas le fort de Lilia Mahjoub, elle avait d\u00e9camp\u00e9, et atterri chez Lacan. Celui qu\u2019elle d\u00e9peint comme d\u2019une \u00ab simplicit\u00e9 absolue \u00bb \u00e9tait aussi celui qui savait tailler sur mesure, pour chacun, ce qui lui permettrait de ne pas se figer devant son impossible. Toujours \u00ab encourageant \u00bb, Lacan l\u2019\u00e9tait, mais il faisait bien plus. Il savait incarner le r\u00e9el pour \u00ab faire tomber les limites imaginaires \u00bb.<br \/>\nIl provoquait la surprise, pouvait crier par la fen\u00eatre ses interpr\u00e9tations, poursuivre un patient dans l\u2019escalier\u2026 Car c\u2019est de la discontinuit\u00e9, du risque qui frappe l\u2019acte analytique qu\u2019\u00e9merge le d\u00e9sir endormi du patient. De celui qui veut garder bien au chaud sa jouissance. Lorsqu\u2019une seule fois, Fran\u00e7ois Regnault avait manqu\u00e9 sa s\u00e9ance, il avait ainsi re\u00e7u un appel du Dr Lacan qui lui disait : \u00ab Je ne vous vois pas beaucoup aujourd\u2019hui\u2026 \u00bb. Le soir m\u00eame, l\u2019analysant \u00e9tait de retour. Dominique Miller livre quant \u00e0 elle un souvenir qui dit \u00e0 quel point Lacan savait aussi prendre acte du r\u00e9el et s\u2019appliquer \u00e0 lui-m\u00eame ce qu\u2019il cr\u00e9ait et enseignait. En septembre 1981, elle lui pr\u00e9sente sa fille, qui vient de na\u00eetre. Il lui dira un mot. \u00ab Au revoir \u00bb. Un accueil au monde sous forme d\u2019adieu, un \u00ab bienvenue \u00bb qui ne ment pas et trouve tout son prix dans l\u2019authenticit\u00e9 du dire auquel Lacan ne d\u00e9roge pas.<br \/>\nAimer Lacan, comme l\u2019a dit Fran\u00e7ois Regnault, c\u2019est \u00eatre fid\u00e8le \u00e0 son enseignement tout en se m\u00e9fiant des exclamatifs, de l\u2019admiration outranci\u00e8re qui dissimule mal la haine. Jacques-Alain Miller note ainsi qu\u2019\u00e9trangement, ceux qui ont eu la parole jusqu\u2019\u00e0 maintenant faisaient carri\u00e8re sur le mauvais souvenir de Lacan. Ceux qui ne l\u2019aimaient pas et que Lacan n\u2019aimait pas \u00e9taient entendus, convi\u00e9s \u00e0 toutes les tribunes pour mieux le salir et \u00e9clabousser les \u00ab moutons \u00bb qui l\u2019aimaient et dont les t\u00e9moignages de ce dimanche font rupture. Ceux-ci ne fouillent pas dans ses poches. Ils \u00e9voquent spontan\u00e9ment la d\u00e9licatesse et l\u2019attention de celui qui avait aussi une vie avec des proches qu\u2019il aimait. Ceux dont s\u2019entourait Lacan n\u2019\u00e9taient pas habit\u00e9s par un mauvais objet et la f\u00e9lonie n\u2019\u00e9tait pas inscrite sur leurs visages. Au premier regard, il se passe quelque chose l\u00e0 qui vaut signature pour le sujet. Lacan le savait, et lorsqu\u2019il a rencontr\u00e9 Beno\u00eet Jacquot, c\u2019est le visage et la loyaut\u00e9 qui ont parl\u00e9 pour lui et ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019embl\u00e9e du \u00ab oui \u00bb de Lacan \u00e0 \u00eatre film\u00e9.<br \/>\nAujourd\u2019hui, dit Jacques-Alain Miller, les \u00ab moutons sont enrag\u00e9s \u00bb et prennent la parole. Ils rendent hommage \u00e0 Lacan et \u00e0 sa r\u00e9invention de l\u2019amour. Ce n\u2019est pas de l\u2019amour imaginaire qu\u2019il est question. Le tour de force consiste \u00e0 d\u00e9gager un bout du r\u00e9el de l\u2019amour sympt\u00f4me qui est pass\u00e9 \u00e0 l\u2019analyse et laisse \u00e0 ceux qui l\u2019ont connu l\u2019id\u00e9e que le savoir est le ressort essentiel de l\u2019amour de transfert.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Le sujet aim\u00e9 est atopos, inclassable, disait Barthes. C\u2019est un morceau de la v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019il d\u00e9tient que le deuxi\u00e8me s\u00e9minaire \u00ab A Lacan sa lacune \u00bb, organis\u00e9 par la R\u00e8gle du jeu et anim\u00e9 par Alexis Lacroix, a transmis. Consacr\u00e9 \u00e0 \u00ab L\u2019amour de Lacan \u00bb, il r\u00e9unissait, autour de Jacques-Alain Miller, r\u00e9dacteur [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[17],"tags":[89],"class_list":["post-1123","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-discretioncritique","tag-jacques-lacan"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1123","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1123"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1123\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3333,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1123\/revisions\/3333"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1123"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1123"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1123"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}