{"id":1125,"date":"2011-09-26T14:11:11","date_gmt":"2011-09-26T12:11:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blogx16y\/2011\/09\/francoise-labridy-le-pouvoir-dillecture-de-lacan\/"},"modified":"2011-11-25T11:07:05","modified_gmt":"2011-11-25T10:07:05","slug":"francoise-labridy-le-pouvoir-dillecture-de-lacan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2011\/09\/francoise-labridy-le-pouvoir-dillecture-de-lacan\/","title":{"rendered":"FRAN\u00c7OISE LABRIDY, Le pouvoir d&rsquo;illecture de Lacan &#8211; LQ 39"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Jacques-Alain Miller, dans ce p\u00e9riple qu&rsquo;il entame aupr\u00e8s du public de 20 librairies de France, de Belgique et de Suisse francophone, est confront\u00e9 \u00e0 une situation nouvelle qu&rsquo;il interroge devant nous,<\/strong> <!--more-->avec chacun d&rsquo;entre nous. A qui s&rsquo;adresse-t-il ? Que va-t-il nous dire ? Il n&rsquo;est pas question pour lui de faire des r\u00e9sum\u00e9s des livres annonc\u00e9s, il cherche un fil qui sera diff\u00e9rent \u00e0 chaque fois. J&rsquo;ai attrap\u00e9 quelques bribes de ce qu&rsquo;il faisait passer dans un discours, \u00e9maill\u00e9 de souvenirs, d&rsquo;anecdotes savoureuses le rendant tr\u00e8s vivant.<br \/>\nCe qu&rsquo;il esp\u00e8re : nos questions. Ce qu&rsquo;il veut savoir : ce qui nous porte chacun(e) \u00e0 venir l&rsquo;\u00e9couter. Avant d&rsquo;arriver \u00e0 ces deux temps, il va nous dire quelques mots plus g\u00e9n\u00e9raux sur le contexte de ces publications. Mais en pr\u00e9liminaire, il commente l\u2019\u00e9loge pan\u00e9gyrique que Claude Viret vient de lui faire devant plus de deux cents personnes dans cette tr\u00e8s belle salle de la Mairie de Dijon.<br \/>\nDans cet \u00e9loge, il s&rsquo;entend compar\u00e9 \u00e0 Hercule au regard de la somme de travail qu\u2019il a fourni entre son cours, la publication des s\u00e9minaires de Lacan et ses propres publications. Il relate alors un souvenir d&rsquo;enfance par lequel il montre l&rsquo;influence qu&rsquo;eurent deux statues qui firent limite, lorsqu&rsquo;il avait 6, 7 ans, entre l&rsquo;espace familier et l&rsquo;ext\u00e9rieur de la vie\/ville et sous lesquelles il ne voulait pas passer. La premi\u00e8re, celle de Beaumarchais, \u00ab une figure s\u00e9v\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u0153il torve qui me regardait, dont je craignais qu&rsquo;elle me saute dessus \u00bb, l&rsquo;autre \u00e9tant celle de Jeanne d&rsquo;Arc. \u00abEn vous entendant \u00e9noncer mes hauts faits, me revient le concept de Sartre, le pratico-inerte : \u00ab\u2026 l&rsquo;incandescence et le flux de ce que vous avez cr\u00e9\u00e9 dans votre pratique, vous revient comme lave de volcan rigidifi\u00e9e \u00bb. Claude Viret se trouve ainsi dans la m\u00eame position face \u00e0 JAM que JAM face \u00e0 Lacan. C\u2019est la m\u00eame structure, o\u00f9 l\u2019\u00e9loge est susceptible d\u2019\u00e9craser, rigidifier, statufier.<br \/>\nUn s\u00e9minaire \u00e9tabli par Jacques-Alain Miller, qu&rsquo;est ce que c&rsquo;est ? &#8211; \u00ab je me suis inspir\u00e9 des traductions latines, faites par les \u00e9ditions des Belles-Lettres \u00bb. Lacan lui avait bien propos\u00e9 d\u2019\u00eatre co-auteur mais ce couplage ne lui semblait pas juste : \u00abc&rsquo;\u00e9tait Lacan, la statue, pas moi, j&rsquo;\u00e9tais modeste, mais orgueilleux, je restais cach\u00e9\u00bb. \u00c9tablir le s\u00e9minaire donne \u00e0 Jacques Alain Miller \u00ab un p\u00e9rim\u00e8tre de sustentation\u2026 j&rsquo;aime le d\u00e9chiffrage \u2026 \u00bb. Si Lacan \u00e9tait la statue, lui se faisait cryptographe, \u00e9gyptologue. Il cherchait ce qui du texte de Lacan pouvait tenir, il voulait d\u00e9gager la structure de la phrase : \u00ab c&rsquo;\u00e9tait passionnant pour moi, il y avait des moments de d\u00e9sespoir, et de perplexit\u00e9&#8230;. C&rsquo;\u00e9tait comme un puzzle, je cherchais l&rsquo;architecture sous-jacente, sous les broussailles. Je cherchais l&rsquo;objection, la cons\u00e9quence, l&rsquo;argument d&rsquo;appui. C&rsquo;est cela qui m&rsquo;a donn\u00e9 de l&rsquo;allant toute ces ann\u00e9es pour arriver au bout de ma t\u00e2che \u00bb.<br \/>\nJAM s&rsquo;est int\u00e9ress\u00e9 au jeu de Lacan avec la langue, la syntaxe, \u00e0 la fa\u00e7on particuli\u00e8re qu\u2019il avait de la tordre, d&rsquo;en faire une langue chiffr\u00e9e : \u00abLacan n&rsquo;\u00e9tait pas dans l&rsquo;explication, du moins quand je l&rsquo;ai connu \u2026 Quand on l&rsquo;interrogeait, il r\u00e9pondait peu, par contre il soutenait de son regard, d&rsquo;un geste. Il ne se livrait pas\u00bb. JAM ne l\u2019a jamais entendu parler de son excommunication, pourtant il l\u2019a rencontr\u00e9 quelques mois seulement apr\u00e8s la scission. Lacan avait alors 65 ans, et lui 20. La premi\u00e8re fois qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u \u00e0 Guitrancourt, il a rang\u00e9 sa biblioth\u00e8que : \u00abIl m&rsquo;aimait beaucoup et cela a d\u00fb compter beaucoup pour Judith Miller\u00bb.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9tablissement des s\u00e9minaires n&rsquo;est pas une affaire de famille, pour JAM, c&rsquo;est une mise en ordre d&rsquo;un texte, il s\u2019agissait d\u2019en supprimer le moins possible : \u00abJ\u2019avais de la jouissance \u00e0 faire cela et \u00e7a prenait du temps\u00bb. Lacan ne prenait jamais la voie plus simple. JAM voulait r\u00e9duire son texte jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;os pour saisir l&rsquo;architecture, comme son p\u00e8re, m\u00e9decin radiologue, qui avait un amour de la radiographie. \u00abJe suis le radiographe des textes, je vois la structure et je paye de ma personne avec la passion de la logique\u00bb.<br \/>\nQuel \u00e9tait le rapport de Lacan avec la langue dans la vie courante ? \u00abIl n&rsquo;arrivait pas \u00e0 demander des choses simples, il tendait la main : \u00abc\u2019est le pur signifiant du manque, car le d\u00e9sir, on ne peut le satisfaire.\u00bb &#8211; \u00abQuand on comprend, ce qui ressort de l&rsquo;op\u00e9ration de lecture ou d&rsquo;\u00e9coute, c&rsquo;est une signification, on ne retient du signifiant que le signifi\u00e9. Le sentiment de compr\u00e9hension repose sur un petit chatouillis : une satisfaction. La compr\u00e9hension est une \u00e9clipse du signifiant par le signifi\u00e9, le signifiant dispara\u00eet. Quand on dit Maryline et que l\u2019on associe Monroe, le nom propre s&rsquo;\u00e9vanouit dans l&rsquo;image. L&rsquo;usage po\u00e9tique de la langue n\u2019est jamais satisfaisant du point de vue de la compr\u00e9hension, on n\u2019est jamais satisfait de ce qu\u2019on a compris. \u00bb &#8211; \u00ab Cet effet de signifiant in\u00e9liminable, c&rsquo;est \u00e7a la lettre, \u00e7a reste, \u00e7a n&rsquo;arrive pas \u00e0 destination\u00bb.<br \/>\nEn fait, ce qui attache les lecteurs \u00e0 la langue de Lacan, c&rsquo;est son pouvoir d&rsquo;illecture : \u00abon n&rsquo;arrive pas \u00e0 le comprendre, on y revient, juste assez pour apercevoir qu&rsquo;on ne comprend pas et qu&rsquo;on pourrait comprendre. Ce pouvoir d&rsquo;illecture, c&rsquo;est sa diff\u00e9rence \u00e0 lui, \u00e0 tous les autres. Gr\u00e2ce \u00e0 cela, comme pour Joyce, il y aura une industrie sur Lacan.\u00bb<br \/>\nEt puis, surprise, cette annonce de r\u00e9organiser l&rsquo;apr\u00e8s-midi du dimanche des Journ\u00e9es de l&rsquo;Ecole autour des femmes, pour augmenter le raffut pour Raffah. Une fondation \u00e0 partir des femmes, il a pressenti Rama Yade, Isabelle Durand, Cl\u00e9mentine Autain et d&rsquo;autres. \u00abAu XXIe si\u00e8cle, la psychanalyse sera aux mains des femmes. La transformation des m\u0153urs est port\u00e9e par les femmes pour les femmes. L&rsquo;insituable et l&rsquo;ind\u00e9finissable de la jouissance f\u00e9minine sont un facteur de d\u00e9rangement essentiel. Entre la jouissance des cavernes et celles des casernes, il y a un monde.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Jacques-Alain Miller, dans ce p\u00e9riple qu&rsquo;il entame aupr\u00e8s du public de 20 librairies de France, de Belgique et de Suisse francophone, est confront\u00e9 \u00e0 une situation nouvelle qu&rsquo;il interroge devant nous, <\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[917],"tags":[257,89],"class_list":["post-1125","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-programmes","tag-francoise-labridy","tag-jacques-lacan"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1125","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1125"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1125\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5696,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1125\/revisions\/5696"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1125"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1125"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1125"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}