{"id":1151,"date":"2011-09-24T18:09:15","date_gmt":"2011-09-24T16:09:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blogx16y\/2011\/09\/actualites-lq-37\/"},"modified":"2011-09-28T23:03:28","modified_gmt":"2011-09-28T21:03:28","slug":"actualites-lq-37","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2011\/09\/actualites-lq-37\/","title":{"rendered":"ACTUALIT\u00c9S &#8211; LQ 37"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">MONIQUE AMIRAULT. \u00c9chos radiophoniques. Alors que Jacques-Alain Miller, ce samedi 10 septembre, initiait, \u00e0 Bordeaux et \u00e0 notre grande joie, un tour de France des librairies, \u00e0 la m\u00eame heure, la Mostra de Venise \u00e9tait \u00e0 l\u2019honneur de l\u2019\u00e9mission \u00ab Projection priv\u00e9e \u00bb de Michel Ciment, \u00e9mission qui se terminait par un interview de notre coll\u00e8gue Jeanne Joucla invit\u00e9e \u00e0 venir parler du livre qu\u2019elle a \u00e9dit\u00e9 et dont elle a coordonn\u00e9 la r\u00e9alisation \u00e0 partir des interventions du colloque tenu \u00e0 Venise les 2 et 3 f\u00e9vrier 2006, dans le cadre de la SLP, Lacan regarde le cin\u00e9ma, le cin\u00e9ma regarde Lacan. <!--more-->Qu\u2019un ouvrage publi\u00e9 par l\u2019ECF dans sa collection rue Huysmans donne lieu \u00e0 une invitation \u00e0 France Culture n\u2019est pas si fr\u00e9quent, et l\u2019Ecole peut en \u00eatre honor\u00e9e.<br \/>\nD\u2019entr\u00e9e de jeu Michel Ciment, homme cultiv\u00e9, cita Freud puis Lacan en ce qui concerne ce passage connu, mais sans doute moins du grand public, selon lequel \u00ab l\u2019artiste pr\u00e9c\u00e8de le psychanalyste \u00bb. L\u2019invit\u00e9e put soutenir qu\u2019il s\u2019agissait l\u00e0 d\u2019 \u00ab une borne de m\u00e9thode \u00bb pour les psychanalystes et poursuivit en situant l\u2019ouvrage dont le titre crois\u00e9 \u00ab Lacan regarde le cin\u00e9ma. Le cin\u00e9ma regarde Lacan \u00bb indique \u00e0 quel point il s\u2019agit l\u00e0 de textes qui dialoguent \u00e0 travers leurs auteurs, psychanalystes, critiques de cin\u00e9ma, r\u00e9alisateurs\u2026 et qui mettent au premier plan le \u00ab savoir de l\u2019artiste \u00bb.<br \/>\nLes questions de Michel Ciment se firent ensuite plus pr\u00e9cises et critiques, insistant sur le caract\u00e8re sommaire des analyses filmiques de Lacan, en soulignant une phrase obscure, provoquant son interlocutrice sur l\u2019analyse un peu courte selon lui d\u2019Hiroshima mon amour, ou encore sur le soi-disant d\u00e9sint\u00e9r\u00eat de Lacan pour le cin\u00e9ma d\u2019avant-garde. Jeanne sut faire valoir que Lacan n\u2019\u00e9tait pas critique de cin\u00e9ma, mais psychanalyste et en quoi son objectif n\u2019\u00e9tait pas d\u2019appliquer la psychanalyse au cin\u00e9ma, d\u2019analyser des films mais de s\u2019appuyer sur eux pour \u00e9clairer des moments de son enseignement, ses trouvailles en cours, en se servant des trouvailles de l\u2019artiste. C\u2019est ainsi qu\u2019elle \u00e9voqua cet extrait de La Dolce vita, lorsque, vers la fin du film, Fellini montre le viveur, incarn\u00e9 par Marcello Mastroianni, \u00ab regard\u00e9 \u00bb par la chose monstrueuse sur la plage, ce qui pour Lacan s\u2019articule \u00e0 son \u00e9laboration de l\u2019angoisse dans sa proximit\u00e9 avec l\u2019objet.<br \/>\nBref, exercice p\u00e9rilleux mais r\u00e9ussi que cet interview de dix minutes, o\u00f9 Jeanne Joucla sut \u00e9l\u00e9gamment faire un pas de c\u00f4t\u00e9 quand n\u00e9cessaire, afin de ramener le propos \u00e0 l\u2019essentiel, \u00e0 la pens\u00e9e de Lacan, puisant dans la \u00ab spire de l\u2019\u00e9poque \u00bb, le cin\u00e9ma en l\u2019occurrence, pour nous transmettre cette pens\u00e9e. \u00ab Passionnant ouvrage \u00bb, conclura Michel Ciment.<br \/>\n\u00c9RIC HOUSER. J\u2019ai lu ce matin \u00e0 l&rsquo;aube l&rsquo;article d&rsquo;Aur\u00e9lie Pfauwadel Roudinesco, le nom du malaise<br \/>\nauquel je souscris (d&rsquo;enthousiasme) [mais un enthousiasme teint\u00e9 de rage]. Quelle strat\u00e9gie adopter face \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne? Je vais chercher dans l&rsquo;Oraculo s&rsquo;il n&rsquo;y aurait pas quelque conseil avis\u00e9 \u00e0 suivre, de Gracian. Trouverai-je quelque chose dans la maxime 8 (ne se passionner jamais) ? Dans la 26 (trouver le faible de chacun) ? Dans la 33 (savoir se soustraire) ? Dans la 44 (sympathiser avec les grands hommes) ? Dans la 47 (\u00e9viter les engagements) ? Dans la 79 (\u00eatre jovial) ? Dans la 121, palindromique (ne point faire une affaire de ce qui n&rsquo;en est pas une) ? Dans la 159 (savoir souffrir les sot(te)s) ? Dans la 164 (tirer quelques coups en l&rsquo;air) ? Dans la 197 (ne s&#8217;embarrasser jamais avec les sot(te)s) ? Dans la 253 (ne se rendre pas trop intelligible) ?\u2026<br \/>\nIl y a partout un(e) Vulgaire A Corinthe m\u00eame, et dans la famille la plus accomplie ; et chacun l&rsquo;exp\u00e9rimente dans sa propre maison. Il y a non seulement un Vulgaire, mais encore un double Vulgaire, qui est le pire. Celui-ci a les m\u00eames propri\u00e9t\u00e9s que le commun Vulgaire, de m\u00eame que les pi\u00e8ces d&rsquo;un miroir cass\u00e9 ont toutes la m\u00eame transparence ; mais il est bien plus dangereux. Il parle en fou, et censure en impertinent. C&rsquo;est le grand disciple de l&rsquo;ignorance, le parrain (la marraine) de la sottise, et le proche parent de la charlatanerie. Il ne faut pas s&rsquo;arr\u00eater \u00e0 ce qu&rsquo;il dit, encore moins \u00e0 ce qu&rsquo;il pense. Il importe de le conna\u00eetre, pour pouvoir s&rsquo;en d\u00e9livrer si bien, que l&rsquo;on n&rsquo;en soit ni le compagnon, ni l&rsquo;objet ; car toute sottise tient de la nature du Vulgaire, et le Vulgaire n&rsquo;est compos\u00e9 que de sots.<br \/>\n(Baltasar Gracian, L\u2019Homme de cour, MAXIME CCVI &#8211; \u00e9ditions Gallimard \/ Folio classique)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">MONIQUE AMIRAULT. \u00c9chos radiophoniques. 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