{"id":210,"date":"2011-09-14T20:21:06","date_gmt":"2011-09-14T18:21:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blogx16y\/2011\/09\/jacques-alain-miller-chez-mollat-le-10-septembre-2011-lq-25\/"},"modified":"2011-09-29T18:54:32","modified_gmt":"2011-09-29T16:54:32","slug":"jacques-alain-miller-chez-mollat-le-10-septembre-2011-lq-25","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2011\/09\/jacques-alain-miller-chez-mollat-le-10-septembre-2011-lq-25\/","title":{"rendered":"Jacques-Alain Miller chez Mollat le 10 septembre 2011  &#8211; LQ 25"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"color: #ff0000;\">JACQUES-ALAIN MILLER CHEZ MOLLAT LE 10 SEPTEMBRE 2011<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #0000ff;\">JAM DANS LA RUE<\/span> <span style=\"color: #ff0000;\">par Marie<\/span><br \/>\nMarie Laurent<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jam arrive rue Vital Carles \u00e0 Bordeaux. Il s\u2019appr\u00eate \u00e0 parler \u00e0 ses lecteurs \u00e0 l\u2019invitation de la librairie Mollat. Il rencontre la foule de celles et ceux qui venus l\u2019entendre et se sont retrouv\u00e9s bloqu\u00e9s devant la porte. Trop de monde. Dans un \u00e9lan de spontan\u00e9it\u00e9, \u00e9voquant sa jeunesse et l\u2019\u00e9poque o\u00f9, jeune gauchiste engag\u00e9, il \u00e9tait dans la rue, il propos de r\u00e9pondre \u00e0 3 questions.<br \/>\nQuelqu\u2019un crie : Vie de Lacan, pourquoi ? \u2013 Rire. Ceux d\u2019en haut qui ont eu des places ouvrent les fen\u00eatres et regrettent de ne pas \u00eatre dans la rue.<br \/>\nJAM : Faites un peu plus d\u2019effort, mon vieux. Mais tout de m\u00eame, je vais vous r\u00e9pondre. Aujourd\u2019hui ma th\u00e8se, c\u2019est qu\u2019il y a 2 Lacan qui se regardent en chiens de fa\u00efence. Il y a le Lacan mort qu\u2019on propose \u00e0 l\u2019admiration des foules. On vous explique qu\u2019aujourd\u2019hui Lacan est incontest\u00e9, qu\u2019il est l\u2019objet d\u2019un consensus g\u00e9n\u00e9ral, qu\u2019il est un classique. Il y a m\u00eame des esprits distingu\u00e9s qui sont mes amis comme Catherine Cl\u00e9ment et Jean Claude Milner \u2013 \u00e0 ma surprise je dois dire, qui disent le si\u00e8cle est d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 lacanien, ce qui ne veut dire qu\u2019une seule chose : \u00ab dormez les petits, la partie est gagn\u00e9e \u00bb. H\u00e9 bien, le si\u00e8cle n\u2019est pas du tout lacanien, le si\u00e8cle est anti lacanien. Il est anti lacanien parce que c\u2019est le si\u00e8cle de l\u2019\u00e9valuation &#8211; j\u2019ai fait l\u00e0-dessus un ouvrage avec Jean Claude Milner, c\u2019est le si\u00e8cle du quantitatif, des TCC, des soi-disant neurosciences qui sont des neuro-techniques de suggestion. Donc la partie est loin d\u2019\u00eatre gagn\u00e9e. Nous sommes en combat. (Applaudissements).<br \/>\nCeux qui disent : \u00ab le si\u00e8cle est lacanien \u00bb , ne savent pas ce qu\u2019ils disent. (Applaudissements). Quelqu\u2019un crie merci.<br \/>\nUne autre question jaillit : Etes vous r\u00e9concili\u00e9 avec E. Roudinesco ?<br \/>\nJAM : Ecoutez, il y a eu un temps pour la pol\u00e9mique, il y a eu un temps pour l\u2019amiti\u00e9, il y a eu un temps pour les combats en commun, il y a un temps pour des divergences. Nous sommes aujourd\u2019hui au-del\u00e0 de cela, nous sommes aujourd\u2019hui au moment des tribunaux. Cette personne aura \u00e0 r\u00e9pondre devant les tribunaux de ce qu\u2019elle a os\u00e9 dire essentiellement \u00e0 propos de Judith Miller ma femme. Elle a touch\u00e9 \u00e0 quelque chose \u00e0 quoi elle ne devait pas toucher. Maintenant le temps des d\u00e9bats est termin\u00e9. Les d\u00e9bats auront lieu au tribunal.<br \/>\nSonnerie du tram. On entend \u00ab attention ! \u00bb et mal la question que quelqu\u2019un r\u00e9p\u00e8te : Avez-vous fait paraitre \u00ab \u2026ou pire \u00bb en fonction de l\u2019actualit\u00e9 ?<br \/>\nJAM : Non. \u00ab \u2026ou pire\u00bb, je l\u2019ai donn\u00e9 aux Editions du Seuil il y a environ 3 ou 4 ans, et pas \u00e0 l\u2019actuel PDG \u00e0 qui je n\u2019ai jamais rien donn\u00e9 et qui n\u2019aura jamais rien. C\u2019est moi qui ai diff\u00e9r\u00e9 le moment de corriger les \u00e9preuves parce que je pr\u00e9f\u00e9rais accumuler les s\u00e9minaires chez moi, ne pas avoir \u00e0 affronter le temps, les d\u00e9lais de l\u2019\u00e9dition elle-m\u00eame, (l\u2019inspection, les corrections etc.) et que je trouvais que la situation au Seuil \u00e9tait extr\u00eamement malsaine et incertaine. Actuellement il reste dix s\u00e9minaires. J\u2019en ai r\u00e9alis\u00e9 compl\u00e8tement neuf qui sont sur ordinateur et grav\u00e9s \u00e9lectroniquement. Il reste le dernier qui est \u00ab Le d\u00e9sir et son interpr\u00e9tation \u00bb et j\u2019ai arr\u00eat\u00e9 de le faire quand j\u2019ai compris qu\u2019on essayait de m\u2019enterrer vivant \u00e0 cette rentr\u00e9e. Donc l\u00e0 je peux, je suis en mesure de partir du Seuil dont je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 salari\u00e9. Ils n\u2019ont jamais eu un contrat d\u2019avance, j\u2019ai toujours sign\u00e9 les contrats un par un. Donc je suis libre comme l\u2019air. J\u2019ai tendu la main \u00e0 monsieur de La Martini\u00e8re qui l\u2019a serr\u00e9 en lui disant : \u00ab Si vous tapez dans cette main je reste. \u00bb Maintenant il reste encore \u00e0 \u00e9tablir des contrats, \u00e0 voir si on peut s\u2019entendre parce que je n\u2019irai pas chez La Martini\u00e8re simplement pour \u00eatre la cerise sur le g\u00e2teau de tous ces guides gastronomiques. Je verrai si je peux l\u00e0, \u00e0 partir de z\u00e9ro, cr\u00e9er un secteur tout \u00e0 fait nouveau de psychanalyse mais aussi de litt\u00e9rature et d\u2019histoire. Ou il m\u2019en donnera les moyens ou il ne pourra pas me les donner. S\u2019il ne me les donne pas, j\u2019irai ailleurs. S\u2019il me les donne, j\u2019y resterai d\u2019autant plus volontiers que la personne qui y fait les couvertures est une personne que j\u2019adore, qui travaillait au Seuil et qui en est partie pour ne pas \u00eatre avec B\u00e9tourn\u00e9. Et donc elle d\u00e9teste B\u00e9tourn\u00e9 comme moi, elle sait de quoi il est capable. Nous serons tous les deux \u00e0 montrer qu\u2019il est un incapable. En un demi-si\u00e8cle je n\u2019ai pas rencontr\u00e9 un fol dingue pareil. Je pense qu\u2019il n\u2019en a pas pour longtemps aux Editions du Seuil. En tout cas, si je suis chez La Martini\u00e8re \u00e0 qui appartient le Seuil, je pourrai prot\u00e9ger le s\u00e9minaire de Lacan qu\u2019ils ont encore entre leurs pattes. Merci beaucoup.<br \/>\nEt le voil\u00e0 qui devant la porte, traverse le Seuil, grimpe les marches et poursuit sa route\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #0000ff;\">INTRODUCTION<\/span> <span style=\"color: #ff0000;\">par Carole<\/span><br \/>\nCarole Dewambrechies La Sagna<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous nous retrouvons dans les salons de la librairie Mollat en ce samedi 10 septembre 2011 pour une rentr\u00e9e lacanienne \u00e0 Bordeaux. Pour beaucoup d\u2019entre vous qui recevez la publication \u00e9lectronique qui s\u2019appelle LACAN QUOTIDIEN vous savez que cette rentr\u00e9e a commenc\u00e9 le 19 ao\u00fbt avec les premi\u00e8res r\u00e9actions au num\u00e9ro du Point en date du 18 ao\u00fbt.<br \/>\nAvant cela, en rentrant de voyage, j\u2019ai trouv\u00e9 le 12 ao\u00fbt un mail de la librairie Mollat, \u00e9manant du service des sciences humaines, qui me demandait comment se procurer la Vie de Lacan dont ils avaient entendu dire que la sortie en librairie \u00e9tait pr\u00e9vue pour le 5 septembre.<br \/>\nJ\u2019\u00e9tais \u00e0 ce moment-l\u00e0 en discussion avec Jacques-Alain Miller quant \u00e0 la diffusion de l\u2019ouvrage dont il est l\u2019auteur (alors que sont publi\u00e9s au m\u00eame moment le s\u00e9minaire XIX de Lacan et Je parle aux murs, dont il a \u00e9tabli le texte). Je parle donc de cette demande de Mollat \u00e0 Jacques-Alain Miller qui me dit : \u00ab Ah ! On m\u2019a racont\u00e9 que la librairie Mollat s\u2019\u00e9tait adress\u00e9e au Seuil pour m\u2019inviter avant l\u2019\u00e9t\u00e9 et qu\u2019on l\u2019en avait dissuad\u00e9e. Je suis dispos\u00e9 \u00e0 venir \u00e0 la rentr\u00e9e \u00bb. Je pose donc la question \u00e0 Pierre Coutelle de savoir s\u2019il est toujours dans la m\u00eame disposition d\u2019inviter Jacques-Alain Miller : Absolument ! Lui-m\u00eame, les libraires de Mollat, les charg\u00e9s de communications, les responsables du rayon sciences humaines, tout le monde est enthousiaste et la date du 10 septembre est choisie.<br \/>\nDepuis, j\u2019ai effectivement eu confirmation que quelqu\u2019un de la librairie Mollat s\u2019est adress\u00e9 \u00e0 une attach\u00e9e de Presse du Seuil en juin pour inviter JAM et qu\u2019il lui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9pondu que Jacques-Alain \u00e9tait injoignable. Elle n\u2019avait pas son adresse et elle conseillait d\u2019inviter E. Roudinesco. Tout le monde ici avait trouv\u00e9 cela \u00e9trange.<br \/>\nJe d\u00e9taille cela car il est quand m\u00eame extraordinaire qu\u2019un \u00e9diteur travaille contre un de ses auteurs et encore plus contre quelqu\u2019un qui est depuis 45 ans dans la maison et qui est \u00e0 la source d\u2019un prestige indiscutable et incontest\u00e9 d\u2019ailleurs. 15 s\u00e9minaires ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s au Seuil, 10 autres sont termin\u00e9s et pr\u00eats \u00e0 \u00eatre publi\u00e9s, celui sur le d\u00e9sir est en cours de r\u00e9daction, interrompu par les affaires de l\u2019\u00e9t\u00e9. Travail consid\u00e9rable, travail d\u2019une vie.<br \/>\nJacques-Alain Miller a pourtant fait beaucoup d\u2019autres choses : son cours hebdomadaire sur l\u2019orientation lacanienne qu\u2019il tient depuis 30 ans \u00e0 Paris, qu\u2019on le presse de publier (cf LQ d\u2019hier) car il est devenu indispensable \u00e0 toute une g\u00e9n\u00e9ration de praticiens et de th\u00e9oriciens de la psychanalyse. Jacques-Alain Miller a publi\u00e9 en son nom aussi des textes qui ont marqu\u00e9 l\u2019opinion : les Lettres \u00e0 l\u2019opinion \u00e9clair\u00e9e en 2002, Un d\u00e9but dans la vie, la m\u00eame ann\u00e9e, Le neveu de Lacan en 2003, jusqu\u2019\u00e0 la Vie de Lacan aujourd\u2019hui.<br \/>\nNous pourrions ajouter le livre Voulez-vous \u00eatre \u00e9valu\u00e9 ?, ce qui permet d\u2019introduire l\u2019action politique de Jacques-Alain Miller. De 2003 \u00e0 2010, Jacques-Alain Miller a organis\u00e9 12 Forums des psys pour faire face aux menaces dont la psychanalyse \u00e9tait l\u2019objet et il a fait reculer cette menace. Depuis l\u2019ECF a \u00e9t\u00e9 reconnue d\u2019utilit\u00e9 publique et l\u2019AMP \u00ab consultant sp\u00e9cial \u00bb pour la branche ONG des Nations Unies. (cf Eric Laurent LQ n\u00b021, d\u2019hier).<br \/>\nJacques-Alain Miller c\u2019est aussi une action institutionnelle majeure au sein du groupe analytique m\u00eame ; dans la Cause freudienne avant la mort de Lacan, dans l\u2019ECF depuis et la cr\u00e9ation de l\u2019EEP qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 une Eurof\u00e9d\u00e9ration de psychanalyse puissante maintenant. En 92 il fondait l\u2019Association mondiale de psychanalyse qui r\u00e9unissait les grandes Ecoles de part et d\u2019autre de l\u2019Atlantique, qu\u2019il avait cr\u00e9\u00e9es, au nombre de 7 aujourd\u2019hui. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019AMP jusqu\u2019en 2002 et j\u2019eus la chance de faire partie de son bureau et d\u2019y travailler \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s.<br \/>\nEn 2003 c\u2019est le combat des Forums et cette ann\u00e9e en 2011 c\u2019est un nouveau combat, cette fois contre l\u2019effacement du nom de Jacques-Alain Miller. Il y va aussi bien de la vie de la psychanalyse. Ce que cette rentr\u00e9e fit apparaitre, je pense au Monde des livres comment\u00e9 par Lilia, vous avez lu cela dans la LQ, c\u2019est v\u00e9ritablement, comment dire ? une tentative de meurtre au niveau symbolique ? Comment appeler l\u2019effacement, la programmation de la disparition d\u2019un nom ? En effet dans la psychanalyse on ne peut effacer sans dommage le nom de l\u2019auteur, barrer la place de l\u2019\u00e9nonciation, nier le \u00ab travail du soutier \u00bb dont parlait Jacques-Alain.<br \/>\nAlors Jacques-Alain Miller se montre. Il va dans les librairies \u00e0 la rencontre des libraires et du public. Mollat est le 1er qui le re\u00e7oit \u00e0 Bordeaux avant Toulouse, Strasbourg, Lille, Montpellier et bien d\u2019autres ensuite.<br \/>\nJe vous remercie d\u2019\u00eatre ici pour le recevoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #0000ff;\">RECIT<\/span> <span style=\"color: #ff0000;\">par Jean-Pierre<\/span><br \/>\nJean-Pierre Deffieux<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il \u00e9tait attendu, tr\u00e8s attendu pour cette premi\u00e8re de son tour des libraires.<br \/>\nLorsque nous sommes arriv\u00e9s au pied de l\u2019immeuble de la rue Vital Carles dans lequel Montesquieu lui\u2013m\u00eame a s\u00e9journ\u00e9, une foule l\u2019attendait, heureuse de le voir et tr\u00e8s d\u00e9\u00e7ue de ne pas pouvoir monter jusqu\u2019\u00e0 la salle Albert Mollat qui l\u2019accueillait, et dans laquelle d\u00e9j\u00e0 150 personnes avait r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019installer, dont une quarantaine rest\u00e9e debout.<br \/>\nJAM \u00e9tait manifestement heureux d\u2019\u00eatre \u00e0 Bordeaux, heureux d\u2019\u00eatre chez Mollat, il \u00e9tait d\u00e9tendu et souriant. D\u2019embl\u00e9e quand il vit cette foule, il s\u2019arr\u00eata un instant et leur lan\u00e7a : \u00ab Puisque vous ne pouvez pas monter, je reste un moment avec vous, et je vous propose de me poser 3 questions \u00bb, ce qui ne se fit pas attendre.<br \/>\nDans la rue, comme au bon vieux temps, il r\u00e9pondit avec enthousiasme et vigueur aux questions de l\u2019actualit\u00e9. C\u2019est alors que du haut de l\u2019immeuble on vit sortir sur le balcon une bonne partie de ceux qui \u00e9taient dans la salle et ne voulaient pas en perdre une miette.<br \/>\nVous imaginez l\u2019\u00e9motion ! Bordeaux n\u2019avait pas vu cela depuis 68.<br \/>\nQuinze minutes plus tard, c\u2019est sous les applaudissements \u00ab de haut en bas \u00bb que nous mont\u00e2mes le tr\u00e8s bel escalier 18\u00e8me qui m\u00e8ne \u00e0 la salle, accueillis par la Directrice de la librairie, puis par Denis Mollat en personne.<br \/>\nCarole nous attendait \u00e0 la tribune, et apr\u00e8s une belle introduction, pendant une heure trente environ, nous avons assist\u00e9 \u00e0 une longue s\u00e9ance d\u2019analyse, JAM au travail de son inconscient, livrant sa vie au fil de ses associations. Plein d\u2019anecdotes amusantes certes, mais c\u2019est secondaire. C\u2019est JAM analysant qui \u00e9tait passionnant, creusant, cherchant devant nous le sel de sa v\u00e9rit\u00e9.<br \/>\n\u00ab L\u2019homme qui vous parle a chang\u00e9 depuis hier soir \u00bb nous a-t-il dit, au cours de cette soir\u00e9e \u00e0 l\u2019ENS, (\u00ab L\u2019Ecole commercial sup\u00e9rieur \u00bb comme on peut le lire dans L\u2019Express de cette semaine qui n\u2019est pas \u00e0 une bourde pr\u00e8s), autour du bassin des Ernest. Il rendait hommage \u00e0 la directrice de l\u2019Ecole qui avait su le recevoir apr\u00e8s tant d\u2019ann\u00e9es. Il se souvenait que, depuis qu\u2019il avait quitt\u00e9 la rue d\u2019Ulm en 67, il n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 prendre la parole dans son Ecole.<br \/>\nAu cours de cette soir\u00e9e \u00e0 l\u2019ENS, au cours de ce discours, quelque chose d\u2019essentiel lui est advenu : c\u2019est bien parce que son nom \u00e9tait l\u2019objet d\u2019un effacement, d\u2019une forclusion r\u00e9p\u00e9t\u00e9e et pouss\u00e9e au paradigme dans ces derni\u00e8res semaines, c\u2019est pour cela que son nom \u00e9tait devenu ineffa\u00e7able : ce qui est rejet\u00e9 hors du symbolique revient dans le r\u00e9el . JAM r\u00e9alise qu\u2019il est r\u00e9alis\u00e9. Il r\u00e9alise qu\u2019il a une histoire, que son sympt\u00f4me qui \u00e9tait de \u00ab ne compter pour rien \u00bb est derri\u00e8re lui.<br \/>\nJe ne peux pas ici reprendre tout ce qui a \u00e9t\u00e9 dit, les raisons du choix de son analyste, son ancien c\u00f4t\u00e9 Jacobin et non girondin comme le lui reproche Philippe Sollers, le bordelais, sa jouissance du \u00ab ne pas c\u00e9der \u00bb\u2026etc<br \/>\nIl a aussi r\u00e9pondu sur la demande de plus en plus pressante de publier ses propres s\u00e9minaires en fran\u00e7ais. Il commence \u00e0 y songer, bien qu\u2019avec r\u00e9ticence : pas question en tout cas de livrer une simple transcription. Sa jouissance de voir en retour dans son auditoire la petite lumi\u00e8re d\u2019une avanc\u00e9e qu\u2019il a r\u00e9ussi \u00e0 faire \u00e9merger, ne le pousse pas vers la publication de son s\u00e9minaire, ce n\u2019est pas ce qui l\u2019int\u00e9resse au premier titre.<br \/>\nUne bonne heure ensuite de discussion tr\u00e8s anim\u00e9e et joyeuse avec la salle, et nous nous s\u00e9par\u00e2mes en riant de ce que Philippe La Sagna venait de nous dire : en arrivant \u00e0 la gare de Bordeaux, Philippe ne trouvant pas JAM l\u2019appelle sur son portable, et JAM lui r\u00e9pond : \u00ab Je suis pourtant bien l\u00e0 o\u00f9 je dois \u00eatre \u00bb. En effet, c\u2019est bien ce qu\u2019on a compris hier.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #0000ff;\">TEL QU\u2019EN LUI-M\u00caME ENFIN LE R\u00c9EL LE CHANGE<\/span> <span style=\"color: #ff0000;\">par Alain<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Alain Merlet<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au terme du premier envoi de \u00ab\u00a0Vie de Lacan\u00a0\u00bb, Jacques-Alain Miller, encore fid\u00e8le \u00e0 Janus le dieu des portes, laissait entrevoir sa position : ne pas s&rsquo;abaisser \u00e0 aboyer contre le ciel et prendre le march\u00e9 tel qu&rsquo;il est (Uti foro). En m\u00eame temps l&rsquo;image qui lui venait d&rsquo;un Lacan d\u00e9guis\u00e9 en Harpocrate, dieu du silence, l&rsquo;incitait \u00e0 se taire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis, ainsi qu&rsquo;il nous l&rsquo;a confi\u00e9 \u00e0 Bordeaux \u00e0 la librairie Mollat, sa position a radicalement chang\u00e9. D\u00e9sob\u00e9issant \u00e0 ces deux divinit\u00e9s, il a consenti \u00e0 ce qu&rsquo;il incarnait de r\u00e9el. Les man\u0153uvres de l&rsquo;Autre de la tradition et de la ruse qui voulaient forclore son nom ont eu l&rsquo;effet inverse, c&rsquo;est d\u00e9sormais un r\u00e9el pulsionnel qui l&rsquo;anime : la guerre est d\u00e9clar\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Autre de l&rsquo;\u00e9dition traditionnelle. Il lui faut se h\u00e2ter. Mon nom, nous a-t-il dit, est devenu un enjeu, c&rsquo;est pourquoi non seulement il a quitt\u00e9 le Seuil mais il s&rsquo;est autoris\u00e9 \u00e0 franchir le sien propre en autorisant la publication en fran\u00e7ais de son Cours. Devant la foule qui se pressait dans les murs de la salle Mollat, Jacques-Alain Miller en pleine forme nous a d&rsquo;abord parl\u00e9 de lui et de sa famille avant de fustiger l&rsquo;Autre de l&rsquo;imposture. Et il n&rsquo;y est pas all\u00e9 mollo ! Jusqu&rsquo;\u00e0 la fin, sa pr\u00e9sence a tenu l&rsquo;auditoire en haleine, le laissant toutefois sur l&rsquo;\u00e9nigme de la perte d&rsquo;un petit carnet noir. Serait-ce le fant\u00f4me d&rsquo;Harpo qui lui aurait fait les poches ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A CIEL OUVERT ! par Philippe<br \/>\nPhilippe Chanjou<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">14h15, devant la porte ferm\u00e9e de chez Mollat, la conf\u00e9rence n&rsquo;aura lieu que dans une heure. Merlet est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, ainsi qu&rsquo;une trentaine d&rsquo;autres, il me sourit et me dit \u00ab\u00a0vous arrivez t\u00f4t!\u00a0\u00bb Lui qui \u00e9tait l\u00e0 avant moi. J&rsquo;aime son humour.<br \/>\nC&rsquo;est la cohue pour entrer, l&rsquo;attente commence. Nous entendons des applaudissements en bas, il est l\u00e0 et parle \u00e0 ceux qui, je suppose, n&rsquo;ont pas pu entrer.<br \/>\nLa conf\u00e9rence commence. Il commence \u00e0 parler, de lui, de l&rsquo;histoire dont il est victime. Au del\u00e0 de la col\u00e8re, il prend acte de la logique nouvelle dans laquelle il est pris maintenant. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9ject\u00e9 de sa jouissance de moine copiste des s\u00e9minaires de Lacan. Il prend acte d&rsquo;un nouveau d\u00e9part: \u00ab\u00a0Je ne suis plus le m\u00eame\u00a0\u00bb. Et l\u00e0 il dit qu&rsquo;il est devenu r\u00e9el. Pardon? Qu&rsquo;est ce que cette histoire?<br \/>\nR\u00e9el! Il explique. Je pense \u00e0 un \u00e9tat sub-maniaque, mais cela ne colle pas, trop d&rsquo;humour par rapport \u00e0 lui m\u00eame: \u00ab\u00a0Je ne suis tout de m\u00eame pas divinis\u00e9\u00a0\u00bb.<br \/>\nA ciel ouvert! J&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;il est \u00e0 ciel ouvert. Il parle de sa jouissance du regard qui le soutient quand il enseigne, cela expliquant son peu de gout pour publier, et en particulier son cours. \u00ab\u00a0je ne sais pas par qui je suis lu, alors que quand je fais cours, je m&rsquo;appuis sur deux ou trois regards\u00a0\u00bb. Ce n&rsquo;est pas pour cela qu&rsquo;il a refus\u00e9 depuis trente ans de publier ses cours, tout de m\u00eame!<br \/>\nA ce moment l\u00e0 me revient un mot qu&rsquo;il a prononc\u00e9 au d\u00e9but de son intervention: ses devoirs. Les nouveaux devoirs qui allaient lui incomber du fait de son propre changement. La question me vient, je ne la poserais pas: comment cela s&rsquo;articule jouissance et devoir? Les cours nous sont n\u00e9cessaires pour lire Lacan, et heureusement qu&rsquo;ils circulent sous le manteau. C&rsquo;est un devoir pour la transmission de la psychanalyse qu&rsquo;ils soient \u00e0 port\u00e9e de tous. sa jouissance du regard ne p\u00e8se pas lourd \u00e0 cot\u00e9 de cela.<br \/>\nIl articule l&rsquo;Un et le nom propre, et il nous confie son rapport intime \u00e0 son propre nom. Sa fa\u00e7on d&rsquo;en parler semble clore l&rsquo;UN comme un tout. Autre question non pos\u00e9e: quand je vois un d\u00e9sir aussi vivant face \u00e0 moi, je ne peux penser un instant qu&rsquo;il est clos et satisfait: il y a un ouvert, c&rsquo;est incontestable.<br \/>\nAlors: comment articuler l&rsquo;UN et le pas-tout? Ce pas-tout qui fait dire \u00e0 Lacan, dans son s\u00e9minaire XX, qu&rsquo;il y a un myst\u00e8re du corps parlant. D\u00e9\u00e7u par sa r\u00e9ponse sur l&rsquo;UN, inqui\u00e9t\u00e9 par cette jouissance \u00e0 ciel ouvert, mais embarqu\u00e9 par cette vie qui se dit si bien, la question m&rsquo;est venue faisant retour sur moi: mais que veux tu? Toi qui maudit la langue de bois et les effets de cour, toi qui d\u00e9plore la l\u00e2chet\u00e9 et le manque de risque. Tu voudrais qu&rsquo;il soit parfait, voil\u00e0 c&rsquo;est cela: divinis\u00e9 comme il dit.<br \/>\nC&rsquo;est toi qui fantasme sur le UN parfait!<br \/>\nCela m&rsquo;a r\u00e9veill\u00e9 dans la nuit, comme une douleur de dent, avec cette question \u00e0 laquelle moi seul peut r\u00e9pondre, ce: que veux tu? Sans doute que le devoir et la jouissance ne fasse qu&rsquo;UN.<br \/>\nJAM reste un pousse-\u00e0-dire pour moi. Plus que jamais.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\">JACQUES-ALAIN MILLER CHEZ MOLLAT LE 10 SEPTEMBRE 2011<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">JAM DANS LA RUE par Marie<br \/> Marie Laurent<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jam arrive rue Vital Carles \u00e0 Bordeaux. Il s\u2019appr\u00eate \u00e0 parler \u00e0 ses lecteurs \u00e0 l\u2019invitation de la librairie Mollat. Il rencontre la foule de celles et ceux qui venus l\u2019entendre et [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[79],"tags":[],"class_list":["post-210","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-allonsy"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/210","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=210"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/210\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1417,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/210\/revisions\/1417"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=210"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=210"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=210"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}