{"id":3424,"date":"2011-10-18T23:25:16","date_gmt":"2011-10-18T21:25:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/?p=3424"},"modified":"2011-11-01T03:25:00","modified_gmt":"2011-11-01T02:25:00","slug":"agnes-aflalo-les-chagrins-blancs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2011\/10\/agnes-aflalo-les-chagrins-blancs\/","title":{"rendered":"Th\u00e9\u00e2tre : AGNES AFLALO Les Chagrins blancs"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Pi\u00e8ce \u00e9crite et jou\u00e9e par St\u00e9phanie Colonna, Alexandra Galibert, Barbara Grau, Caroline Sahuquet, mis en sc\u00e8ne par Justine Heynemann. Production, Fran\u00e7oise Castro<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette pi\u00e8ce ne met pas seulement \u00e0 l\u2019honneur le d\u00e9sir de femme, c\u2019est aussi un tour de force, et \u00e0 plus d\u2019un titre. Le premier tour de force est de r\u00e9ussir \u00e0 traiter un sujet universel, l\u2019engagement et ses avatars, tout en faisant place \u00e0 la singularit\u00e9 de quatre dr\u00f4les de dames, personnages hauts en couleur et \u00e9mouvants. L\u2019h\u00e9ro\u00efne, une jeune femme d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es, vacille au moment o\u00f9 elle doit s\u2019engager avec un homme qui l\u2019aime et la d\u00e9sire. L\u2019inhibition la gagne au point qu\u2019elle ne peut plus non plus s\u2019engager dans la vie active faute de terminer l\u2019ultime \u00e9preuve d\u2019un dipl\u00f4me de stylisme\u00a0: cr\u00e9er une robe. La tentation d\u2019en finir et quelques anxiolytiques plus tard, le coup de th\u00e9\u00e2tre se produit\u00a0: sa m\u00e8re, sa grand-m\u00e8re et son arri\u00e8re grand-m\u00e8re, d\u00e9c\u00e9d\u00e9es depuis longtemps, viennent \u00e0 son secours. Quatre g\u00e9n\u00e9rations de femmes et quatre destins diff\u00e9rents qui sont autant d\u2019\u00e9nigmes \u00e0 r\u00e9soudre pour lib\u00e9rer le d\u00e9sir de l\u2019h\u00e9ro\u00efne pris dans la crainte impossible \u00e0 supporter de perdre encore une fois un \u00eatre aim\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le deuxi\u00e8me tour de force, c\u2019est l\u2019\u00e9criture de la pi\u00e8ce \u00e0 quatre mains, et par chacune des actrices. L\u2019humour d\u00e9capant est au rendez-vous. Il ne manque aucun d\u00e9tail pr\u00e9cis et f\u00e9roce sur la vie amoureuse et ses d\u00e9clinaisons pour l\u2019homme et la femme\u00a0: \u00e0 lui, la cruaut\u00e9 du ravalement bien trop n\u00e9cessaire pour d\u00e9sirer les femmes\u00a0; \u00e0 elle, le cynisme pratique de l\u2019organisation \u00e9conomique en maison close; \u00e0 lui, le triomphe guerrier de la pulsion de mort plut\u00f4t que l\u2019affrontement au d\u00e9sir d\u2019une femme\u00a0; \u00e0 elle, l\u2019amour id\u00e9alis\u00e9 jusqu\u2019au ravage qui ne fait plus aucune place \u00e0 un homme vivant\u00a0; \u00e0 lui le gout des amours adult\u00e8res, et \u00e0 elle le d\u00e9gout et l\u2019acte manqu\u00e9 qui la fait dispara\u00eetre. Chaque histoire est \u00e0 la fois celle du ratage inscrit au c\u0153ur du couple et l\u2019invention toujours bancale pour y parer. Le ravage de la relation m\u00e8re fille, qui en r\u00e9sulte, est l\u2019occasion de dialogues amusants et parfois cocasses ou graves, mais toujours plein de bonne humeur. Et, dans cette dr\u00f4le de famille amazone, la r\u00e9ponse d\u2019une femme aux d\u00e9bordements de jouissance de sa m\u00e8re passe par le choix du m\u00e9tier d\u2019avocate et f\u00e9ministe bien s\u00fbr.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n\u2019y a pas de rapport sexuel, c\u2019est entendu. Mais la pi\u00e8ce montre comment surmonter la panne gr\u00e2ce au d\u00e9sir d\u00e8s que l\u2019h\u00e9ro\u00efne d\u00e9cide de s\u2019y retrouver dans son histoire, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019assumer ses responsabilit\u00e9s de femme. De fil en aiguille, une fois la parole lib\u00e9r\u00e9e, c\u2019est le destin qui se d\u00e9tricote et l\u2019h\u00e9ro\u00efne peut en tisser autrement les fils. Le costume \u00e0 endosser n\u2019est plus alors la d\u00e9robade, mais la robe du d\u00e9sir. Et, elle porte la marque flamboyante du ma\u00eetre mot jusque-l\u00e0 effac\u00e9\u00a0: rouge gorge. Il n\u2019est pas seulement l\u2019incarnation du d\u00e9sir de l\u2019homme r\u00e9duit au seul filet de voix qui se fait entendre de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. Il est aussi cette gorge \u00e9carlate du corps de femme que la robe incarne afin de porter haut les couleurs de la vie lorsqu\u2019une femme est d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 parier de nouveau sur le d\u00e9sir. Quel autre moyen en effet pour que \u00e7a continue encore, ce merveilleux malentendu entre les sexes\u00a0?<\/p>\n<p align=\"center\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>THEATRE MOUFFETARD, jusqu\u2019au 5 novembre 2011<\/strong><\/span><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>73 rue Mouffetard &#8211; Paris 5<sup>\u00e8me<\/sup>, 01 43 31 11 99<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Pi\u00e8ce \u00e9crite et jou\u00e9e par St\u00e9phanie Colonna, Alexandra Galibert, Barbara Grau, Caroline Sahuquet, mis en sc\u00e8ne par Justine Heynemann. 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