{"id":4785,"date":"2011-10-28T23:32:20","date_gmt":"2011-10-28T21:32:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/?p=4785"},"modified":"2011-11-14T23:37:42","modified_gmt":"2011-11-14T22:37:42","slug":"4785","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2011\/10\/4785\/","title":{"rendered":"\u00c0 REBOURS \u00a0"},"content":{"rendered":"<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>\u00c0 VOIX NUE, LA SEMAINE DERNI\u00c8RE <span style=\"color: #0000cc;\"><em>par Deborah Gutermann-Jacques<\/em><\/span><\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">Cinq \u00e9missions, cinq rues, cinq fois la rencontre de <span style=\"color: #0000cc;\"><strong>Martin Quenehen<\/strong><\/span> et de <span style=\"color: #0000cc;\"><strong>Jacques-Alain Miller<\/strong><\/span> sur les ondes de <span style=\"color: #0000cc;\"><strong>France Culture<\/strong><\/span> la semaine derni\u00e8re. <!--more-->\u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000cc;\"><strong>A voix nue<\/strong><\/span>\u00a0\u00bb, beau titre d\u2019\u00e9mission pour ces entretiens au long cours, o\u00f9 la parole prend le temps de se d\u00e9lier, de laisser affleurer une v\u00e9rit\u00e9 qui, sans se laisser toute d\u00e9nuder, consent \u00e0 surgir, dans l\u2019intimit\u00e9 de la conversation et pour l\u2019auditeur. De l\u2019enfant du Marais \u00e0 l\u2019analyste et la rue Huysmans, la topographie fait advenir un <span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Jacques-Alain Miller <\/strong><\/span><span style=\"color: #ff0000;\"><em><strong>priv\u00e9<\/strong><\/em><\/span>. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">Si l\u2019intime se dit l\u00e0, c\u2019est que le moment est venu. C\u2019est un effet de l\u2019interpr\u00e9tation. Lorsqu\u2019\u00e0 la mort de Lacan, en 1981, un analyste avait dit quelque chose comme \u00ab\u00a0dans quinze jours la psychanalyse n\u2019entendra plus parler de Jacques-Alain Miller\u00a0\u00bb, il dit \u00ab\u00a0<strong>Banco<\/strong>\u00a0\u00bb et <strong>se fait analyste<\/strong>. Il cr\u00e9e <strong>L\u2019Association Mondiale de Psychanalyse<\/strong><span style=\"color: #0000cc;\">.<\/span> Trente ans plus tard, elle rit des \u00ab\u00a0quinze jours\u00a0\u00bb. C\u2019est un pied de nez. C\u2019est la claque ass\u00e9n\u00e9e au fossoyeur par le d\u00e9sir vivant. En 1968 d\u00e9j\u00e0, lorsqu\u2019un de ses coll\u00e8gues de l\u2019universit\u00e9 de Besan\u00e7on avait eu la bonne id\u00e9e de prendre les pauvres en otage de son m\u00e9pris et entendait leur faire porter le chapeau d\u2019une r\u00e9volution avort\u00e9e, le tribun s\u2019\u00e9tait fait entendre. L\u2019apparatchik avait r\u00e9veill\u00e9 le r\u00e9volutionnaire. Et le jeune professeur avait pris fait et cause pour un mouvement qui tirait une l\u00e9gitimit\u00e9 nouvelle \u00e0 ses yeux de ce qu\u2019il \u00e9tait pris en inimiti\u00e9 par les \u00ab\u00a0endormeurs\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Contre les sc\u00e9l\u00e9ratesses des tyrans et de leurs amis, il ne nous reste d\u2019autre ressource que la v\u00e9rit\u00e9 et le tribunal de l\u2019opinion publique, et d\u2019autre appui que les gens de bien (<strong>1<\/strong>)\u00bb, s\u2019exclamait <strong>Robespierre<\/strong>, le 1<sup>er<\/sup> juillet 1794 devant la Convention. Celui qui a gard\u00e9 le portrait de l\u2019Incorruptible sur sa table de chevet aussi longtemps qu\u2019il est rest\u00e9 chez ses parents faisait siennes \u00e0 l\u2019\u00e9poque quelques-unesde ces maximes <span style=\"color: #3366ff;\">\u2013<\/span> et aujourd\u2019hui, elles prennent encore une saveur nouvelle.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">Lorsque le v\u0153u d\u2019effacement affich\u00e9 ressurgit, plus puissant, trente ans apr\u00e8s la mort de Lacan, Jacques-Alain Miller dit \u00e0 nouveau \u00ab\u00a0<strong>Banco\u00a0!<\/strong> \u00bb. Celui qui n\u2019avait jamais \u00e9prouv\u00e9 le besoin de recueillir le \u00ab\u00a0pourboire publique\u00a0\u00bb\u00a0 &#8211; et comme Monsieur Teste, l\u2019<em>alter ego<\/em> de Paul Val\u00e9ry, laissait les faux h\u00e9ros s\u2019enorgueillir de leur nom &#8211; <strong>entre dans l\u2019ar\u00e8ne m\u00e9diatique<\/strong>. Le nom qui est le sien et qu\u2019il d\u00e9fend est une cr\u00e9ation. C\u2019est <strong>JAM<\/strong>, des initiales, un acronyme inspir\u00e9 par <strong>Federico Garcia Lorca<\/strong> et adopt\u00e9 \u00e0 16 ans, \u00e0 Louis-le-Grand, lorsque le lyc\u00e9en arrive rue Saint-Jacques. C\u2019est avec les initiales JAM qu\u2019il signera ses articles des <em>Cahiers libres pour la jeunesse<\/em> dont il prend bient\u00f4t la direction. La <strong>rue Saint-Jacques<\/strong> m\u00e8ne \u00e0 la rue d\u2019<strong>Ulm<\/strong>, et l\u00e0 \u00e0 la rencontre avec <span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Lacan<\/strong><\/span>, puis avec <span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Judith<\/strong><\/span>, sa fille. Le souvenir d\u2019un po\u00e8me de <strong>Ren\u00e9 Char<\/strong> lui revient tandis qu\u2019il s\u2019entretient avec <strong>Martin Quenehen<\/strong>. Il s\u2019\u00e9meut de ce souvenir. Et comment ne pas\u00a0? Il \u00e9meut les auditeurs habitu\u00e9s \u00e0 un JAM travailleur de concepts arides et pol\u00e9miste joyeux. Du rire aux larmes, et retour. Le po\u00e8me est beau. Sa lecture, incarn\u00e9e. La radio, cinq fois la semaine derni\u00e8re, fut habit\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><strong><span style=\"color: #808080;\">(1) Robespierre, <\/span><span style=\"color: #808080;\"><em>Pour le bonheur et pour la libert\u00e9, discours, <\/em><\/span><span style=\"color: #808080;\">Paris, La Fabrique, 2000, p. 327.<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">Paru dans le N\u00b072 de Lacan Quotidien\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><strong><span style=\"color: #ff0000;\"><a href=\"http:\/\/www.franceculture.fr\/emission-a-voix-nue?page=1\">Retrouvez les \u00e9missions en cliquant ici<\/a><\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\n<p align=\"JUSTIFY\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p align=\"CENTER\">\u00c0 VOIX NUE, LA SEMAINE DERNI\u00c8RE par Deborah Gutermann-Jacques<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cinq \u00e9missions, cinq rues, cinq fois la rencontre de Martin Quenehen et de Jacques-Alain Miller sur les ondes de France Culture la semaine derni\u00e8re. <\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":4786,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[17],"tags":[660,37],"class_list":["post-4785","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-discretioncritique","tag-a-voix-nue","tag-jacques-alain-miller"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4785","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4785"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4785\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4792,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4785\/revisions\/4792"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4786"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4785"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4785"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4785"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}