{"id":4794,"date":"2011-10-28T23:53:58","date_gmt":"2011-10-28T21:53:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/?p=4794"},"modified":"2011-12-02T11:07:43","modified_gmt":"2011-12-02T10:07:43","slug":"nouvelles-d%e2%80%99azimut","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2011\/10\/nouvelles-d%e2%80%99azimut\/","title":{"rendered":"NOUVELLES D\u2019AZIMUT"},"content":{"rendered":"<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>\u00c0 la Fondation Cartier\u00a0: une Conversation avec l\u2019Univers <\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong><span style=\"color: #0000cc;\"><em>par Catherine Lazarus-Matet<!--more--><\/em><\/span><\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">Lacan, dans ses conf\u00e9rences \u00e0 Sainte-Anne, \u00e9voquait <\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif; text-align: justify; color: #0000cc;\"><strong>le sympt\u00f4me\u00a0de l\u2019incompr\u00e9hension math\u00e9matique<\/strong><\/span><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: Calibri, sans-serif; text-align: justify;\"> comme \u00ab\u00a0conditionn\u00e9 en somme par l\u2019amour de la v\u00e9rit\u00e9 pour elle-m\u00eame (\u2026)\u00a0\u00bb, ceux qui en souffrent \u00e9prouvant \u00ab\u00a0un certain vide senti sur ce qu\u2019il en est du v\u00e9ridique de ce qui est articul\u00e9\u00a0\u00bb (J. Lacan, <\/span><em style=\"font-family: Calibri, sans-serif; text-align: justify;\">Je parle aux murs<\/em><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: Calibri, sans-serif; text-align: justify;\">, \u00ab\u00a0De l\u2019incompr\u00e9hension et autres th\u00e8mes\u00a0\u00bb, Seuil, Paris, 2011, p. 56-57). Mais, pour d\u2019autres, c\u2019est la v\u00e9rit\u00e9 d\u2019une d\u00e9monstration qui est un gain sur le myst\u00e8re.<\/span><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">A la <\/span><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Fondation Cartier<\/strong><\/span><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: Calibri, sans-serif; text-align: justify;\">, l\u2019on rencontre quelques-uns de ces \u00e9tonnants \u00ab\u00a0accros au <\/span><span style=\"color: #0000cc;\"><strong>plaisir de comprendre<\/strong><\/span><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: Calibri, sans-serif; text-align: justify;\">\u00a0\u00bb, comme le dit Jean-Pierre Bourguignon\u00a0: \u00ab\u00a0La beaut\u00e9, la joie des math\u00e9matiques, c\u2019est qu\u2019on ne comprend rien et, d\u2019un coup, \u00e7a peut avoir un sens\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0C\u2019est une sensation qui n\u2019a pas de prix\u00a0\u00bb. Et il n\u2019est d\u2019ailleurs pas si fr\u00e9quent qu\u2019un lieu vou\u00e9 \u00e0 l\u2019expression artistique mette \u00e0 l\u2019honneur les math\u00e9maticiens, et les math\u00e9matiques, dont le lien \u00e0 l\u2019art n\u2019est pas \u00e0 d\u00e9montrer, si tout est nombre. C\u2019est donc une promenade assez rieuse dans ce que C\u00e9dric Villani appelle \u00ab\u00a0<\/span><span style=\"color: #0000cc;\"><strong>romance math\u00e9matique<\/strong><\/span><span style=\"color: #0000cc;\">\u00a0<\/span><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: Calibri, sans-serif; text-align: justify;\">\u00bb, qui souvent prend un tour d\u2019obsession.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">L\u2019exposition <span style=\"color: #ff0000;\"><em><strong>Math\u00e9matiques. Un d\u00e9paysement soudain<\/strong><\/em><\/span>, propos\u00e9e par la Fondation fait se rencontrer artistes et math\u00e9maticiens, ceux-l\u00e0 (Raymond Depardon, Claudine Nougaret, Takeshi Kitano, David Lynch, Patti Smith, Jean-Michel Alberola, Beatriz Mihazes, Hiroshi Sugimoto) allant visiter le monde de ceux-ci, lesquels sont anim\u00e9s,\u00a0 et pour certains transcend\u00e9s, par <span style=\"color: #0000cc;\"><strong>le myst\u00e8re<\/strong><\/span>, comme l\u2019\u00e9nonce Gromov, de la structure math\u00e9matique (Sir Michael Atiya, Jean-Pierre Bourguignon \u2013 l\u2019un des commissaires de l\u2019exposition-, Michel Cass\u00e9, astrophysicien, Alain Connes, Carolina Canales Gonzales, Giancarlo Lucchini, Nicole El Karoui, Misha Gromov, C\u00e9dric Villani, Don Zaglier et Silke Wimmer-Zagler). La joie rel\u00e8ve du <span style=\"color: #0000cc;\"><strong>plaisir singulier<\/strong><\/span> qu\u2019il y a \u00e0 attraper des morceaux\u00a0 de v\u00e9rit\u00e9. Steven Weiberg, physicien sp\u00e9cialiste de la complexit\u00e9 de l\u2019univers invisible, le dit \u00e0 sa fa\u00e7on\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019effort consenti pour comprendre l\u2019univers est l\u2019une des rares choses qui \u00e9l\u00e8vent la vie humaine au-dessus du niveau de la farce et lui conf\u00e8rent un peu de la dignit\u00e9 de la trag\u00e9die\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">Les artistes mettent en forme l\u2019<span style=\"color: #0000cc;\"><strong>empire du nombre\u00a0<\/strong><\/span>: le feu, r\u00e9gi par le nombre, ainsi qu\u2019une vid\u00e9o de David Lynch l\u2019illustre\u00a0; la curiosit\u00e9 artificielle de petits robots qui s\u2019offrent \u00e0 inventer un mode d\u2019\u00e9change vocalis\u00e9 entre eux et avec les visiteurs\u00a0; les images de Depardon, toujours \u00e0 son habitude, en plans fixes, avec ce grain particulier, donnent une force \u00e0 ses portraits habit\u00e9s par les chiffres\u00a0; Kitano invite \u00e0 se faire math\u00e9maticien\u00a0; Patti Smith chante un air qui accompagne le trajet de l\u2019infiniment petit \u00e0 l\u2019infiniment grand\u00a0; Sugimoto fait exister une courbe n\u00e9gative constante, \u00e0 l\u2019infini.\u00a0 <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">Laissons les commentaires \u00e9clair\u00e9s aux sp\u00e9cialistes pour pr\u00e9lever simplement\u00a0 quelques r\u00e9ponses offertes par ces chercheurs \u00e0 une question qui leur a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e\u00a0: font-ils des <span style=\"color: #0000cc;\"><strong>r\u00eaves math\u00e9matiques <\/strong><\/span>(cf le catalogue de l\u2019exposition)\u00a0? On peut le deviner, les r\u00e9ponses seront vari\u00e9es, portant la marque de la croyance de chacun en l\u2019inconscient : de l\u2019id\u00e9e que la question est hors de propos \u00e0 des r\u00eaves sexuels, d\u2019angoisse, des r\u00eaves de solution, des brumes compl\u00e8tes, \u00e0 l\u2019absence de r\u00eaves (l\u2019un pr\u00e9cise qu\u2019il pense ou dort, c\u2019est tout). Comme Lacan qui situait l\u2019\u00e9veil au moment o\u00f9, effectivement, il sortait du sommeil, et pouvait avoir un bref instant de lucidit\u00e9, J-P Bourguignon, qui ne fait pas de r\u00eave math\u00e9matique, conna\u00eet cet \u00e9clair du r\u00e9veil ou une d\u00e9monstration devient obsol\u00e8te, ou, au contraire, limpide. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">C. Villani relate des r\u00eaves, certains tr\u00e8s complexes, et note que les <span style=\"color: #0000cc;\"><strong>math\u00e9matiques<\/strong><\/span> y sont <span style=\"color: #0000cc;\"><strong>absurdes<\/strong><\/span>. Dans les plus simples, il r\u00eave de mari tromp\u00e9, de femme qui l\u2019embrasse, dans une atmosph\u00e8re de perte de contr\u00f4le des \u00e9quations ou de m\u00e9canique des fluides. Un de ses r\u00eaves le conforte dans l\u2019id\u00e9e qu\u2019un th\u00e9or\u00e8me est bon quand il est \u00e9l\u00e9gant. L\u2019\u00e9l\u00e9gance est un signifiant cher \u00e0 ces chercheurs. El\u00e9gance du <span style=\"color: #0000cc;\"><strong>geste math\u00e9matique<\/strong><\/span>, satisfaction partag\u00e9e de la r\u00e9duction de la complexit\u00e9 dans une \u00e9criture, m\u00eame si elle reste complexe pour le commun des mortels. L\u00e0, il y a acc\u00e8s \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">M. Gromov d\u00e9c\u00e8le un \u00ab\u00a0arri\u00e8re-go\u00fbt\u00a0\u00bb de \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000cc;\"><strong>parfums math\u00e9matiques\u00a0<\/strong><\/span>\u00bb dans ses r\u00eaves, mais, dit-il, les prot\u00e9ines impliqu\u00e9es dans la m\u00e9moire n\u2019\u00e9tant pas produites pendant le sommeil, elles ne permettent donc pas de se souvenir\u00a0des r\u00eaves! C\u2019est le m\u00eame qui pourtant cherche le quatri\u00e8me myst\u00e8re de l\u2019Univers, celui qui rapporterait la math\u00e9matique \u00e0 l\u2019entendement humain.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">N. El Karoui se souvient nettement, non pas d\u2019un r\u00eave, mais d\u2019une <span style=\"color: #0000cc;\"><strong>angoisse<\/strong><\/span> de petite fille devant <span style=\"color: #0000cc;\"><strong>le z\u00e9ro<\/strong><\/span>, \u00e0 la fois signe d\u2019une transgression majeure pour une fille et promesse d\u2019une pens\u00e9e sans limite\u00a0!<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">Don Zagier r\u00eave beaucoup et a des<span style=\"color: #0000cc;\"><strong>r\u00eaves tr\u00e8s math\u00e9matiques.<\/strong><\/span> Parfois, dit-il, une vraie id\u00e9e s\u2019en d\u00e9gage\u00a0: une de ses d\u00e9couvertes lui est venue en r\u00eave, sous la forme d\u2019une <span style=\"color: #0000cc;\"><strong>erreur<\/strong><\/span> insistante qu\u2019il a prise au s\u00e9rieux, une fois r\u00e9veill\u00e9. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">On passe donc un tr\u00e8s bon moment \u00e0 voir comment des artistes ont choisi de cheminer dans le rapport chiffr\u00e9 \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr align=\"CENTER\" size=\"3\" width=\"668\" \/>\n<p><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><strong>Du <\/strong><\/span><span style=\"color: #0000cc;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><strong>21 octobre 2011 au 18 mars 2012<\/strong><\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><strong>, la <\/strong><\/span><a href=\"http:\/\/fondation.cartier.com\/?l=fr\"><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><strong>Fondation Cartier<\/strong><\/span><\/span><\/a><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><strong> pr\u00e9sente l\u2019exposition <\/strong><\/span><span style=\"color: #0000cc;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><em><strong>Math\u00e9matiques, un d\u00e9paysement soudain<\/strong><\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><strong>, une cr\u00e9ation originale con\u00e7ue en collaboration avec l\u2019<\/strong><\/span><span style=\"color: #0000cc;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><strong>Institut des hautes \u00e9tudes scientifiques <\/strong><\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><strong>(IH\u00c9S), sous le patronage de l\u2019<\/strong><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">UNESCO<\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><strong>. Pour cette exposition, elle a ouvert ses portes \u00e0 la communaut\u00e9 des math\u00e9maticiens et sollicit\u00e9 des artistes familiers des lieux pour les accompagner et donner ainsi \u00e0 voir, \u00e0 \u00e9couter, \u00e0 faire, \u00e0 penser, \u00e0 interpr\u00e9ter les math\u00e9matiques. En convoquant les math\u00e9matiques entre ses murs, la Fondation Cartier fait elle-m\u00eame l\u2019exp\u00e9rience du \u00ab d\u00e9paysement soudain \u00bb formul\u00e9e par le math\u00e9maticien Alexandre Grothendieck<\/strong><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><strong>.<\/strong><\/span><\/p>\n<hr align=\"LEFT\" size=\"3\" width=\"667\" \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p align=\"CENTER\">\u00c0 la Fondation Cartier\u00a0: une Conversation avec l\u2019Univers <\/p>\n<p align=\"CENTER\">par Catherine Lazarus-Matet<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":4795,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[181,19],"tags":[480,771,613],"class_list":["post-4794","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-arts","category-chroniques","tag-angoisse","tag-arts-2","tag-mathematiques"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4794","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4794"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4794\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6024,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4794\/revisions\/6024"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4795"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4794"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4794"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4794"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}