{"id":5158,"date":"2011-11-09T18:04:14","date_gmt":"2011-11-09T17:04:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/?p=5158"},"modified":"2011-12-13T21:18:20","modified_gmt":"2011-12-13T20:18:20","slug":"chronique-chinoise-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2011\/11\/chronique-chinoise-2\/","title":{"rendered":"CHRONIQUE CHINOISE"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">\u00a0<span style=\"text-align: -webkit-center; font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>Ceci est une canne <span style=\"color: #0000cc;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>par Jean-Louis Gault<!--more--><\/em><\/span><\/span><\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>H\u00f4pital psychiatrique de Qingdao<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>La patiente rencontr\u00e9e le mardi 25 octobre, \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9e par son m\u00e9decin, le Dr Dong Jicheng. Il s\u2019agissait d\u2019une jeune femme de 22 ans, suivie dans le service depuis trois ans. <\/strong>C\u2019est sa m\u00e8re qui l\u2019avait conduite \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Elle s\u2019inqui\u00e9tait de l\u2019\u00e9tat de sa fille depuis que celle-ci avait quitt\u00e9 le lyc\u00e9e pour entamer des \u00e9tudes sup\u00e9rieures. Sa fille avait perdu le sommeil, elle se coupait de tout contact avec les \u00e9trangers, elle soup\u00e7onnait ses camarades de se moquer d\u2019elle, il lui arrivait de parler toute seule et de rire toute seule.\u00a0 On avait conclu au <span style=\"color: #0000cc;\">diagnostic de schizophr\u00e9nie<\/span> et prescrit un antipsychotique, mais <span style=\"color: #ff0000;\">le traitement n\u2019avait apport\u00e9 aucune am\u00e9lioration<\/span>, et au bout de quelques mois la patiente avait cess\u00e9 de prendre ses m\u00e9dicaments. Un peu plus tard elle consulte \u00e0 nouveau, accompagn\u00e9e par sa m\u00e8re. Elle ne\u00a0 dort plus, elle est anxieuse et elle est toujours dans ses pens\u00e9es. Elle trouve que son corps ne fonctionne pas bien, tandis que son esprit subit la trop grande pression des \u00e9tudes et ne suit plus. On lui propose un autre traitement, qui n\u2019a pas plus d\u2019effet que le premier. On reconsid\u00e8re alors le diagnostic, on interpr\u00e8te ses ph\u00e9nom\u00e8nes de pens\u00e9es dans le <span style=\"color: #0000cc;\">registre obsessionnel<\/span>, on lui prescrit un antid\u00e9presseur et un anxiolytique. <span style=\"color: #ff0000;\">L\u00e0 non plus, sans r\u00e9sultat.<\/span> <strong>Son m\u00e9decin finit par se r\u00e9soudre \u00e0 abandonner toute id\u00e9e de traitement m\u00e9dicamenteux et envisage un abord psychologique de\u00a0 ses difficult\u00e9s. C\u2019est le motif de l\u2019entretien de ce jour. <\/strong>Entretemps\u00a0 la patiente a tout de m\u00eame r\u00e9ussi \u00e0 terminer ses \u00e9tudes. Dipl\u00f4me en poche, elle cherche du travail, mais n\u2019en trouve pas. Enfant unique elle est seule \u00e0 la maison avec sa m\u00e8re, o\u00f9 elle passe le plus clair de son temps au lit ou devant son ordinateur, \u00e0 visionner des films ou \u00e0 \u00e9couter de la musique.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Nonchalamment alanguie dans son fauteuil, la patiente r\u00e9pond, d\u2019une voix \u00e0 peine audible, par de longs commentaires aux questions pos\u00e9es. De temps \u00e0 autre un tr\u00e8s beau sourire, aussi \u00e9nigmatique que celui de la Joconde, illumine un visage harmonieux et des yeux rieurs. Elle a \u00e9tudi\u00e9 l\u2019architecture des jardins et l\u2019am\u00e9nagement des espaces verts. Pourquoi a-t-elle choisi cette sp\u00e9cialit\u00e9\u00a0?\u00ab\u00a0Parce qu\u2019elle aime \u00eatre \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur o\u00f9 l\u2019on peut respirer de l\u2019air frais. Cela correspond \u00e0 son caract\u00e8re. Elle aime voir les choses de haut et regarder la terre. C\u2019est un m\u00e9tier o\u00f9 l\u2019on peut faire des dessins sur ordinateur et donner son travail au professeur. On n\u2019a pas besoin de parler avec les autres\u00a0\u00bb. D\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9cole elle ne cherchait pas \u00e0 avoir des amis. En avoir ou pas l\u2019indiff\u00e9rait. Elle n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 amoureuse et n\u2019a pas de petit ami. Selon elle les Chinois n\u2019ont pas de grand besoin. D\u2019ailleurs \u00eatre amoureuse ou pas, pour elle c\u2019est pareil,\u00a0 et elle ne fait pas de diff\u00e9rence entre avoir un petit ami et ne pas en avoir. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Son p\u00e8re travaille comme chauffeur. \u00ab\u00a0Il est chauffeur de la navette blanche. Il travaille dans l\u2019entreprise de produits chimiques d\u2019un ami. C\u2019est comme le bus n\u00b0 2 ou le 316, on a chang\u00e9 de mod\u00e8le, mais lui c\u2019est l\u2019ancien mod\u00e8le\u00a0\u00bb. Dans ses \u00e9tudes elle avait des difficult\u00e9s en math\u00e9matique o\u00f9 elle n\u2019arrivait pas \u00e0 comprendre les nombres premiers. En litt\u00e9rature, elle avait du mal avec la langue ancienne, qu\u2019elle s\u2019obligeait \u00e0 apprendre, mais qu\u2019elle ne comprenait pas. <span style=\"color: #0000cc;\">Elle ne s\u2019explique pas ses rires, elle essaye de les contr\u00f4ler mais n\u2019y arrive pas. Elle pense qu\u2019il y a un probl\u00e8me, et que la t\u00eate va se s\u00e9parer du corps. Au niveau du corps, c\u2019est la circulation de l\u2019air dans les poumons qui ne va pas. Elle n\u2019arrive pas \u00e0 expulser l\u2019air vici\u00e9, qui s\u2019accumule \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et l\u2019oppresse. C\u2019est pour cela qu\u2019elle se sent nerveuse et stress\u00e9e. Il<\/span><strong> y a deux choses qu\u2019elle voudrait souligner<\/strong>. Sa m\u00e8re lui dit qu\u2019il faudrait qu\u2019elle parle plus en famille. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il y a une difficult\u00e9 qu\u2019elle entend pr\u00e9ciser. Sa m\u00e8re parle beaucoup, en utilisant trop de mots et des mots compliqu\u00e9s. Elle, ce qu\u2019elle voudrait c\u2019est qu\u2019on lui parle avec des mots plus courts et plus simples, ou qu\u2019on lui donne des directives claires. Elle ne s\u2019int\u00e9resse pas \u00e0 la logique et n\u2019aime pas les choses profondes ou les \u00e9nigmes. C\u2019est pour cela qu\u2019<strong>il faudrait trouver des mots neutres pour simplifier le sens<\/strong>. Il y a, par exemple, <span style=\"color: #0000cc;\">une \u00e9nigme qu\u2019elle ne comprend pas<\/span>, <span style=\"color: #0000cc;\">c\u2019est celle du sphinx<\/span>. A la question de savoir ce qu\u2019est la chose qui le matin a quatre pieds, le midi deux et le soir trois, r\u00e9pondre par un \u00eatre humain, parce le matin c\u2019est un b\u00e9b\u00e9 qui marche \u00e0 quatre pattes, \u00e0 midi un adulte qui se dresse sur ses deux pieds et le soir un vieillard qui se d\u00e9place avec une canne, ne la satisfait pas. Elle n\u2019est pas contente de cette r\u00e9ponse parce qu\u2019une canne ce n\u2019est pas un pied. Le r\u00e9sultat est ambigu, en fait on ne peut r\u00e9pondre ni par oui, ni par non. C\u2019est le genre de chose qu\u2019elle n\u2019aime pas. Pour elle \u00ab\u00a0un \u00e9charpe est une \u00e9charpe. Un pull est un pull\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>La seconde chose qu\u2019elle n\u2019appr\u00e9cie pas c\u2019est l\u2019usage de l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0ironie\u00a0\u00bb.<\/strong> A ce propos, l\u2019interpr\u00e8te remarque le mot qu\u2019emploie la patiente. Elle signale que c\u2019est un mot inhabituel.\u00a0 Elle pr\u00e9cise qu\u2019il y a <strong>en chinois deux mots<\/strong>. <span style=\"color: #0000cc;\">Le premier c\u2019est <\/span><span style=\"color: #0000cc;\"><em>feng ci,<\/em><\/span><span style=\"color: #0000cc;\"> \u00ab\u00a0la raillerie, la satire, la moquerie, la caricature, le sarcasme\u00a0\u00bb. C\u2019est le mot qu\u2019on utilise couramment. Il y a un autre mot, <\/span><span style=\"color: #0000cc;\"><em>fan fen<\/em><\/span><span style=\"color: #0000cc;\">, \u00ab\u00a0l\u2019ironie\u00a0\u00bb proprement dite<\/span>. Ce mot a un sens plus fort que le premier, et\u00a0 appartient \u00e0 la langue litt\u00e9raire. Il consiste \u00e0 dire exactement le contraire de ce que l\u2019on pense. <span style=\"color: #ff0000;\">Nous dirions qu\u2019il d\u00e9signe l\u2019ironie radicale, celle \u00e0 laquelle Lacan a donn\u00e9 toute sa valeur dans la clinique de la schizophr\u00e9nie.<\/span> C\u2019est ce second mot qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 par la patiente, pour s\u2019en plaindre. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Peu apr\u00e8s nous avons conclu l\u2019entretien en l\u2019invitant \u00e0 poursuivre ce dialogue avec son m\u00e9decin.<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Au cours de discussion, les participants ont d\u2019embl\u00e9e identifi\u00e9 le plan o\u00f9 se situaient les difficult\u00e9s de la patiente. \u00ab\u00a0La malade a eu des probl\u00e8mes pour communiquer avec vous\u00a0\u00bb,\u00a0\u00ab\u00a0ses r\u00e9ponses ne correspondent pas toujours \u00e0 vos questions\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0sa fa\u00e7on de parler est compliqu\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0elle a des probl\u00e8mes d\u2019ordre linguistique, elle parle dans un registre soutenu, comme quand on \u00e9crit, elle fait des phrases complexes et utilise des mots recherch\u00e9s\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0elle a un probl\u00e8me de logique\u00a0\u00bb. En r\u00e9ponse \u00e0 ces observations on a cherch\u00e9 \u00e0 faire valoir que ses probl\u00e8mes de communication, son trouble linguistique, ses difficult\u00e9s \u00e0 s\u2019inscrire dans le syst\u00e8me question-r\u00e9ponse dans la relation \u00e0 l\u2019interlocuteur, ses probl\u00e8mes de logique, son usage du registre de la langue \u00e9crite en lieu et place de la langue parl\u00e9e, devaient \u00eatre rapport\u00e9s le plus g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 sa pratique de la langue. C&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 son rapport \u00e0 la parole, o\u00f9 sont n\u00e9cessairement distingu\u00e9s les plans de la langue parl\u00e9e et celui de la langue \u00e9crite, et o\u00f9 se d\u00e9ploie le registre de l\u2019interlocution. Nous avons soulign\u00e9 \u00e0 quel point il \u00e9tait remarquable que la patiente ait su isoler avec une grande clart\u00e9 le fondement de ses difficult\u00e9s en signalant l\u2019obstacle qu\u2019elle rencontre quand elle est confront\u00e9e \u00e0 la pratique de la langue par son interlocuteur. <span style=\"color: #ff0000;\">Le discours de l\u2019autre lui apparait opaque ou \u00e9nigmatique, elle ne comprend pas le sens des mots qu\u2019il utilise, elle ne saisit pas le sens de ses paroles.<\/span> Bient\u00f4t il n\u2019en \u00e9merge plus qu\u2019un vain bavardage, dont elle aspire \u00e0 sortir par l\u2019appel \u00e0 des indications univoques et l\u2019emploi de mots neutres qui dissipent les obscurit\u00e9s du sens.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #ff0000;\">L\u2019autre point que nous avons relev\u00e9 est, dans la pratique de la langue, la proscription de la m\u00e9taphore prononc\u00e9e par la patiente.<\/span> Nous avons not\u00e9 que pour se faire entendre elle s\u2019\u00e9tait r\u00e9f\u00e9rait \u00e0 un r\u00e9cit mythique, celui de l\u2019\u00e9nigme de la sphinge, o\u00f9 le locuteur est confront\u00e9 \u00e0 un syst\u00e8me de question-r\u00e9ponse. Elle avait ainsi saisi dans ce r\u00e9cit fondateur la racine de toute interlocution, l\u2019opposition question-r\u00e9ponse, en chinois <em>wenti <\/em>\/ <em>huida<\/em>, que nous avons propos\u00e9 d\u2019inscrire au tableau. <span style=\"color: #ff0000;\">Au moment de r\u00e9diger cette chronique, il nous revient que dans son analyse du mythe freudien, Lacan avait emprunt\u00e9 cette voie de la structure pour rendre compte du drame d\u2019\u0152dipe. \u00ab\u00a0L\u2019important est qu\u2019\u0152dipe a \u00e9t\u00e9 admis aupr\u00e8s de Jocaste parce qu\u2019il avait triomph\u00e9 d\u2019une \u00e9preuve de v\u00e9rit\u00e9 (en l\u2019occurrence l\u2019\u00e9nigme de la sphinge)\u00a0\u00bb, indique-t-il p. 135 de son s\u00e9minaire de \u00ab\u00a0L\u2019envers de la psychanalyse\u00a0\u00bb. Il poursuit en mentionnant que si \u0152dipe finit tr\u00e8s mal, c\u2019est parce qu\u2019il a absolument voulu savoir la v\u00e9rit\u00e9, et ceci au m\u00e9pris de la loi du langage qui prescrit que nul maitre ne peut savoir toute la v\u00e9rit\u00e9. <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Notre patiente note l\u2019usage de la m\u00e9taphore incluse dans la structure de cette interlocution primordiale, en quoi elle d\u00e9nude la matrice m\u00e9taphorique de tout discours. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce dont elle ne veut pas. Pour elle, \u00ab\u00a0<span style=\"color: #ff0000;\"><strong>une canne est une canne<\/strong><\/span>\u00a0\u00bb. <span style=\"color: #ff0000;\">Elle t\u00e9moigne par l\u00e0 que, sans doute pour elle tout le symbolique est r\u00e9el.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Nous avons soulign\u00e9 en quoi la m\u00e9taphore \u00e9tait au fondement de toute pratique de la langue.<\/strong> Les premiers mots de l\u2019enfant sont d\u2019embl\u00e9e pris dans cette d\u00e9rive m\u00e9taphorique qui ne cessera plus, au point qu\u2019elle est une condition de tout usage de la parole. Les difficult\u00e9s de la patiente \u00e0 apprendre, \u00e0 comprendre, \u00e0 parler avec les autres, sont les cons\u00e9quences de son rejet de tout emploi m\u00e9taphorique des mots de la langue. Son impossibilit\u00e9 \u00e0 aimer, qui a frapp\u00e9 les participants chez cette jeune femme de 22ans, est elle-m\u00eame directement tributaire de cette prohibition de la m\u00e9taphore. Il suffit de penser en effet que l\u2019amour implique la parole, que la parole d\u2019amour emprunte volontiers les voies de la m\u00e9taphore, et que la po\u00e9sie, qui fait largement usage de m\u00e9taphores, n\u2019est jamais absente de la relation amoureuse. L\u2019amour lui-m\u00eame est m\u00e9taphore, avons-nous poursuivi. <span style=\"color: #0000cc;\">En chinois la formule la plus courante pour s\u2019adresser \u00e0 l\u2019\u00eatre aim\u00e9 est \u00ab\u00a0mon c\u0153ur\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">L\u2019emploi par la patiente du mot peu courant <em>fanfeng<\/em>, pour dire sa sensibilit\u00e9 \u00e0 l\u2019ironie, a \u00e9t\u00e9 aussi relev\u00e9 par nos interlocuteurs du s\u00e9minaire. Il dit \u00e0 quel point cette ironie sape les fondements de la langue chez notre patiente et menace sa pratique de la parole. Il restait en conclusion \u00e0 d\u00e9gager pour le m\u00e9decin, une indication dans l\u2019abord de ces difficult\u00e9s. On a tent\u00e9 de proposer la voie \u00e9troite d\u2019une interlocution prudente avec elle, qui tiennent compte des impossibilit\u00e9s qui avaient \u00e9t\u00e9 aper\u00e7ues au cours de l\u2019entretien, pour lui permettre \u00e9ventuellement de <span style=\"color: #ff0000;\"><strong>nouer une nouvelle alliance avec la langue<\/strong><\/span>, o\u00f9 elle serait moins sous le joug de l\u2019ali\u00e9nation signifiante. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Publi\u00e9 dans le N\u00b084 de Lacan Quotidien\u00a0<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif; font-size: x-small;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/2011\/10\/chronique-chinoise\/\"><strong>Chronique n\u00b01<\/strong>\u00a0publi\u00e9e le samedi 29 octobre, Lacan Quotidien n\u00b073.<\/a><br \/>\n<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">\u00a0Ceci est une canne par Jean-Louis Gault<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":5159,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[19,11],"tags":[849,850,530,707],"class_list":["post-5158","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chroniques","category-lacanasia","tag-alienation-signifiante","tag-chinois","tag-jean-louis-gault","tag-schizophrenie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5158","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5158"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5158\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6555,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5158\/revisions\/6555"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5159"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5158"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5158"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5158"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}