{"id":5234,"date":"2011-11-12T09:43:02","date_gmt":"2011-11-12T08:43:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/?p=5234"},"modified":"2011-12-16T02:09:04","modified_gmt":"2011-12-16T01:09:04","slug":"planete-justine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2011\/11\/planete-justine\/","title":{"rendered":"Plan\u00e9te Justine"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>M\u00e9lancolie, Lars Von Trier, Hitler, une femme andalouse <\/strong><\/span><span style=\"color: #0000cc;\"><em><strong>par Enric Berenguer<!--more--><\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Le g\u00e9nie de Lars von Trier a choisi le sc\u00e9nario d&rsquo;un mariage pour y faire \u00e9voluer le personnage qui incarne l\u2019id\u00e9e qu&rsquo;il s&rsquo;est fait de la m\u00e9lancolie.<\/strong> Et il faut dire que c&rsquo;est un choix tr\u00e8s opportun.Le banquet de mariage est, en effet, un lieu o\u00f9 le jeu des semblants qui entourent cette c\u00e9l\u00e9bration du rapport sexuel, suppos\u00e9 existant au moins pendant quelques heures, se mobilise avec toute sa puissance de production de croyance \u00e0 un bonheur, pas seulement possible, mais on dirait <em>r\u00e9alis\u00e9<\/em>. C&rsquo;est l\u00e0 justement o\u00f9 la <span style=\"color: #ff0000;\">phallophanie<\/span> est attendue, en particulier, dans la figure de la femme qui vient de se marier, affich\u00e9e dans son corps offert \u00e0 tous les regards, ce jour l\u00e0 sans honte, puisque on dirait que tout, pendant quelques heures, fait lien, pas seulement entre la <em>bride<\/em> et le <em>groom<\/em>, mais aussi entre tous les convives qui y participent, dans la contagion de la joie, la solennit\u00e9 des toasts, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 calcul\u00e9e du bal.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Mais, au moment m\u00eame o\u00f9 le bonheur de la mari\u00e9e est le plus attendu par tous, la <span style=\"color: #ff0000;\">plan\u00e8te Justine<\/span> fait irruption pour montrer l&rsquo;inanit\u00e9 de tout lien, l&rsquo;inutilit\u00e9 de la beaut\u00e9 tout autant que de la bont\u00e9, la vacuit\u00e9 des discours que tout le monde est pr\u00eat \u00e0 prononcer, le ridicule des mots dont l&rsquo;amour se sert pour se dire. Bref, pour d\u00e9truire tous les semblants avec l&rsquo;arme mortelle d&rsquo;une jouissance sans limite et dont l&rsquo;opacit\u00e9 fait tache dans le tableau de ce petit monde.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Avec une ma\u00eetrise compl\u00e8te de la mise en sc\u00e8ne, von Trier nous montre comment la brillance phallique qui au d\u00e9but remplissait tout, se refl\u00e9tant sur chacun et sur chaque menu objet, se tarit rapidement et reste sans rem\u00e8de lorsque celle qui devait occuper le centre de cet univers d&rsquo;apparence, refuse de tenir sa place, et oppose \u00e0 l&rsquo;avidit\u00e9 des regards, soit une d\u00e9robade affol\u00e9e, soit une pr\u00e9sence compl\u00e8tement opaque, de pierre.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Proche au d\u00e9but de quelque chose qui ressemble \u00e0 de l&rsquo;angoisse, mais qui tr\u00e8s t\u00f4t r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un trou b\u00e9ant beaucoup plus profond, cette pr\u00e9sence prend ensuite une tout autre allure, dont la brutalit\u00e9 nous fait songer aux \u00e9chos sadiens de son nom de Justine, m\u00eame si dans ce cas, il n&rsquo;est pas question de la vertu, ni d&rsquo;une victime du vice. Assez rapidement on d\u00e9couvre qu&rsquo;<span style=\"color: #0000cc;\">il y a en elle, au del\u00e0 de toute justification, une satisfaction mortelle \u00e0 laquelle cette femme se livre et qui par moments se r\u00e9v\u00e8le dans toute son obsc\u00e9nit\u00e9, sa cruaut\u00e9 d\u00e9cha\u00een\u00e9e. <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">De l&rsquo;objet dont il s&rsquo;agit, il en est dit quelque chose dans cette oscillation marqu\u00e9e entre, d&rsquo;une part, le regard absent de Justine sous les yeux des autres (avec ses propres yeux \u00e0 demi ferm\u00e9s qui semblent enclore sa lumi\u00e8re presque \u00e9teinte, mais aux lueurs qui sans doute jaillissent d&rsquo;un feu froid qui l&rsquo;habite) et, d&rsquo;autre part, l&rsquo;\u00e9clat de ce moment triomphal, o\u00f9 elle s&rsquo;offre nue \u00e0 cet \u0153il immense qu&rsquo;est la plan\u00e8te qui approche, et qu\u2019elle est la seule capable de regarder en face, tomb\u00e9s tous les voiles, abandonn\u00e9e elle-m\u00eame \u00e0 une jubilation fascin\u00e9e. C&rsquo;est peut \u00eatre la promise de l&rsquo;extinction proche, pr\u00e9sente dans cet astre assassin qui surplombe le ciel devant de Justine, ce qui \u00f4te quelque chose \u00e0 ce corps trop plein de sa propre substance, avec la cons\u00e9quence faussement paradoxale qu&rsquo;elle peut reconna\u00eetre qu&rsquo;elle jouit, qu&rsquo;elle se r\u00e9jou\u00eet, elle est capable, enfin, de le ressentir, dans l&rsquo;instant m\u00eame de son alliance sans retour avec une mort universelle. <span style=\"color: #0000cc;\">Cela va finir, elle le sait, et elle le dit, par cette chose mauvaise qu&rsquo;est la vie sur la Terre, une anomalie, la seule dans un Univers \u00e9ternellement vide.<\/span> <span style=\"color: #0000cc;\">Le dire de Justine qui parle, comme l&rsquo;\u00e9crit Lacan dans \u00ab\u00a0Subversion du sujet\u00a0\u00bb, \u00e0 la place \u00ab\u00a0d&rsquo;o\u00f9 se vocif\u00e8re que l&rsquo;univers est un d\u00e9faut dans la puret\u00e9 du non-\u00eatre\u00a0\u00bb, place de la jouissance elle-m\u00eame.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00c0 l&rsquo;oppos\u00e9 de cette destruction de tout lien possible par Justine, sa s\u0153ur Claire est con\u00e7ue pour incarner l&rsquo;effort incessant pour faire lien, pour faire tenir, moyennant l&rsquo;amour, la supposition d&rsquo;un Autre, m\u00eame quand sa disparition pour toujours s&rsquo;av\u00e8re assur\u00e9e. Et le subtil observateur qu&rsquo;est von Trier r\u00e9ussit \u00e0 montrer brillamment l&rsquo;opposition radicale entre ce que Justine pr\u00e9sentifie et l&rsquo;angoisse de Claire comme un affect profond\u00e9ment li\u00e9, aux moments les plus extr\u00eames, \u00e0 l&rsquo;Autre, dans ce qui est sans doute l&rsquo;une des faces les plus tenaces de ce que nous reconnaissons comme humain\u00a0: ce lien qui r\u00e9siste quand il semble ne plus rien en rester.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Justine m&rsquo;a fait penser \u00e0 une femme que j&rsquo;ai rencontr\u00e9e r\u00e9cemment en Andalousie, lors d&rsquo;une pr\u00e9sentation de malade.<\/strong> \u00c0 un moment, sachant que personne d&rsquo;autre n&rsquo;allait l&rsquo;entendre, elle me fit cet aveu terrible, de ce qui a motiv\u00e9 une d\u00e9j\u00e0 longue s\u00e9rie d&rsquo;actes suicidaires de sa part, contre laquelle la psychiatrie semble lutter avec des moyens qui semblent futiles face \u00e0 sa d\u00e9termination \u00e0 se d\u00e9truire. <span style=\"color: #0000cc;\">Elle me dit\u00a0: \u00ab\u00a0Je veux mourir parce que je n&rsquo;aime personne\u00a0\u00bb. <\/span>Ce \u00ab\u00a0je n&rsquo;aime personne\u00a0\u00bb est la certitude qui s&rsquo;est impos\u00e9e \u00e0 elle quand, avant ses dix-huit ans, elle s&rsquo;est vue emmener l&rsquo;enfant qu&rsquo;elle venait d&rsquo;avoir d&rsquo;une relation avec un copain du m\u00eame \u00e2ge. Enfant qu&rsquo;elle avait eu finalement, sans que son p\u00e8re eut autre chose \u00e0 dire que garantir qu&rsquo;il allait \u00eatre bien re\u00e7u par la famille, sans regrets, sans reproches\u00a0; cela, sur fond d&rsquo;un silence de la m\u00e8re, sur lequel cette femme n&rsquo;a rien \u00e0 dire, sauf son propre silence \u00e9galement criant. C&rsquo;est donc \u00e0 ce moment pr\u00e9cis, quand elle devait prendre cet enfant dans ses bras, qu&rsquo;elle, bien aim\u00e9e de son p\u00e8re, aussi bien que de ce \u00ab\u00a0bon gar\u00e7on\u00a0\u00bb qui l&rsquo;avait laiss\u00e9e enceinte, s&rsquo;est sue incapable d&rsquo;aimer ce fruit sorti de son ventre. Ce qui l&rsquo;a fait sombrer imm\u00e9diatement dans un refus d\u00e9cid\u00e9 de toute vie, notamment de la sienne.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #0000cc;\">Cette femme andalouse, au regard aussi \u00e9teint que celui de Justine, a aussi une esp\u00e8ce de plan\u00e8te morte et mortelle o\u00f9 elle habite.<\/span> Apr\u00e8s tant d&rsquo;ann\u00e9es (plus de vingt) \u00e0 vivre dans ce rejet de tout ce qui est vivant, et surtout de tout ce qui peut lui rappeler l&rsquo;amour des autres et qui lui provoque une douleur indescriptible \u2013 au point qu&rsquo;elle refuse toujours de recevoir son fils qui va la voir \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital \u2013 , elle a fini par penser que, au fond, elle est morte, elle est une zombie, dont l&rsquo;absence de vie est devenue une puissance active, \u00e9pidermique, avec pour cons\u00e9quence que, au bout de quelque temps, tous les espaces qu&rsquo;elle fr\u00e9quente ne sont peupl\u00e9s que par des \u00eatres aussi morts qu&rsquo;elle m\u00eame, \u00eatres dans lesquels toute vie a disparu au contact de la force mortif\u00e8re qui g\u00eet dans son corps. <span style=\"color: #0000cc;\">C&rsquo;est peut-\u00eatre parce qu&rsquo;elle me croit, un moment, pas encore mort, qu&rsquo;elle me fait t\u00e9moin de ce qu&rsquo;elle n&rsquo;a voulu dire \u00e0 personne.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Zombie ou pas, c&rsquo;est le vide absolu de la forclusion \u2013 qui a aval\u00e9 tout sentiment de la vie dans cette femme \u2013 qu&rsquo;on ressent puissamment \u00e0 l&rsquo;approcher, \u00e0 lui parler, \u00e0 l&rsquo;entendre. En elle, comme en Justine, se produit cette sorte de transsubstantiation qui fait que le vide de la forclusion devient le plein infini d&rsquo;un objet non extrait, lequel remplit tout sans rem\u00e8de, comme cette \u00ab\u00a0laine grise\u00a0\u00bb que le personnage de von Trier dit avoir l&rsquo;impression de traverser quand elle essaye de combattre l&rsquo;inertie de son corps pour se d\u00e9placer. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #0000cc;\">C&rsquo;est peut \u00eatre ceci, la plan\u00e8te meurtri\u00e8re\u00a0: le rond du z\u00e9ro<\/span>, indice que Lacan a mis au pied du Phi, pour designer les cons\u00e9quences sur l\u2019\u00e9lan vital de ce m\u00eame z\u00e9ro de la forclusion qui troue la base de la P au lieu du Nom du P\u00e8re. Rond vide qui, par un effet de retour du r\u00e9el, devient cet objet \u00e9crasant, sans limites, parce que non extrait de la sc\u00e8ne du monde, aussi que du corps du parl\u00eatre. Logique implacable que Jacques-Alain Miller, il y quelque temps, nous a aid\u00e9, justement, \u00e0 extraire de l&rsquo;enseignement de Lacan, pour nous permettre d\u2019y voir <em>dans un \u00e9clair<\/em> le fonctionnement, souvent invisible parce que trop pr\u00e9sent, de l&rsquo;objet dans la psychose.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;un trou bien dangereux, en lui m\u00eame pour tout ce qui en lui, fait retour. Ce qui nous fait penser aux b\u00eatises prof\u00e9r\u00e9es par von Trier \u00e0 propos d&rsquo;Hitler au cours d&rsquo;un entretien \u00e0 Cannes. Le g\u00e9nie de l&rsquo;artiste, toujours bienvenu, ne suffit pas du tout quand on approche cette zone sensible. Il faut bien faire attention, en effet\u00a0: le moins qu&rsquo;il puisse arriver \u00e0 celui qui le fait, est qu&rsquo;il d\u00e9conne. Ou pire.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em><strong>E.B. Barcelone<\/strong><\/em><em>.<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Publi\u00e9 dans le N\u00b087 de Lacan Quotidien<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">M\u00e9lancolie, Lars Von Trier, Hitler, une femme andalouse par Enric Berenguer<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":5235,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[301],"tags":[869,715,872,873,718,870,719,868,820,871],"class_list":["post-5234","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cinema","tag-amour","tag-enric-berenguer","tag-forclusion","tag-justine","tag-lars-von-trier","tag-mariage","tag-melancolie","tag-phallophanie","tag-psychose","tag-trou"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5234","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5234"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5234\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6685,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5234\/revisions\/6685"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5235"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5234"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5234"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5234"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}