{"id":6122,"date":"2011-11-29T22:35:36","date_gmt":"2011-11-29T21:35:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/?p=6122"},"modified":"2011-12-15T08:12:09","modified_gmt":"2011-12-15T07:12:09","slug":"un-conte-extra-ordinaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2011\/11\/un-conte-extra-ordinaire\/","title":{"rendered":"Un conte extra-ordinaire"},"content":{"rendered":"<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">1<span style=\"color: #ff0000;\">Q<\/span>84 par <span style=\"color: #0000cc;\">Marie-Christine S\u00e9galen<!--more--><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: Calibri, sans-serif; font-size: small;\">Paru en mai 2010 au Japon, ce livre de Haruki Murakami est devenu tr\u00e8s rapidement un best-seller (3 \u00e0 4 millions d\u2019exemplaires vendus en quelques mois). En France, il aura fallu attendre ao\u00fbt 2011 pour voir la parution des deux premiers tomes (le 3<\/span><sup style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">\u00e8me<\/sup><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: Calibri, sans-serif; font-size: small;\"> tome est pr\u00e9vu pour mars 2012). L\u00e0 encore, les livres se sont tr\u00e8s vite arrach\u00e9s. Pourquoi un tel succ\u00e8s\u00a0?<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Q<\/span>u\u2019est-ce que ce roman suscite chez ses lecteurs\u00a0? <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Tout d\u2019abord le titre\u00a0: 1<span style=\"color: #ff0000;\">Q<\/span>84, impronon\u00e7able en fran\u00e7ais, joue sur une \u00e9quivoque de la langue japonaise\u00a0: la lettre <span style=\"color: #ff0000;\">Q<\/span> se prononce \u00ab\u00a0kyu\u00a0\u00bb ainsi que le chiffre 9 en japonais. R\u00e9f\u00e9rence donc au livre de Georges Orwell\u00a0<em>1984<\/em>, \u00e9crit en 1945 dans lequel l\u2019auteur se projette dans un monde d\u00e9shumanis\u00e9 r\u00e9gi par Big Brother. Mais aussi insertion d\u2019une lettre dans une suite de chiffres qui, m\u00eame si r\u00e9f\u00e9r\u00e9e au roman d\u2019Orwell, se pr\u00e9sente comme une \u00e9nigme pour le lecteur. C\u2019est aussi ce \u00e0 quoi sont confront\u00e9s les personnages. L\u2019h\u00e9ro\u00efne elle-m\u00eame, au cours du r\u00e9cit, nomme le nouveau monde auquel elle a affaire\u00a0en ces termes : 1<span style=\"color: #ff0000;\">Q<\/span>84. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00ab\u00a0<span style=\"color: #ff0000;\">Q<\/span>, c\u2019est la lettre initiale du mot <span style=\"color: #ff0000;\">Q<\/span>uestion. Le signe de quelque chose qui est charg\u00e9 d\u2019interrogations\u00a0(<strong>1<\/strong>)\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Le monde de 1984, ann\u00e9e o\u00f9 se d\u00e9roulent les faits, est en effet en train de glisser dans un monde hybride, o\u00f9 les \u00e9v\u00e8nements du pass\u00e9 se m\u00ealent \u00e0 ceux du pr\u00e9sent, o\u00f9 les fronti\u00e8res du temps bougent, o\u00f9 le monde est en train de devenir \u00ab\u00a0fou\u00a0\u00bb. Des torsions s\u2019op\u00e8rent insensiblement, le meilleur signe \u00e9tant la pr\u00e9sence d\u2019une nouvelle lune dans le ciel. Le monde se transforme, les choses deviennent \u00e9nigmatiques pour les h\u00e9ros eux-m\u00eames. L\u2019auteur brouille les cartes\u00a0: les faits se d\u00e9roulent en 1984, dans le pass\u00e9 par rapport \u00e0 aujourd\u2019hui, mais le monde dans lequel \u00e9voluent les personnages est hyper moderne. 1984 demeure une ann\u00e9e \u00ab\u00a0futuriste\u00a0\u00bb en r\u00e9f\u00e9rence au roman d\u2019Orwell et les rep\u00e8res temporaux sont bouscul\u00e9s\u00a0: en 1<span style=\"color: #ff0000;\">Q<\/span>84, pr\u00e9sent, pass\u00e9, futur se m\u00e9langent, comme dans l\u2019inconscient, o\u00f9 le temps n\u2019existe pas.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Ce livre se fait l\u2019\u00e9cho de la modernit\u00e9 sous une forme \u00e9trange, \u00e9cho aussi de l\u2019\u00e9tranget\u00e9 \u00e0 eux-m\u00eames des personnages.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">La structure du livre met en sc\u00e8ne deux histoires parall\u00e8les incarn\u00e9es par une femme d\u2019une part, Aomam\u00e9 et un homme d\u2019autre part, Tengo, dont l\u2019auteur relate les faits et gestes, un chapitre sur deux. L\u2019histoire de l\u2019un s\u2019interrompt pour laisser place \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019autre, ce qui cr\u00e9e des scansions, laissant les \u00e9v\u00e8nements tr\u00e8s souvent en suspens et le lecteur, en attente. Dans cette mani\u00e8re de faire, le d\u00e9sir de poursuivre est sans cesse relanc\u00e9, le r\u00e9cit suspendu, comme dans un roman policier. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">A l\u2019int\u00e9rieur de chaque histoire, l\u00e0 aussi des coupures. Les deux h\u00e9ros sont en effet des \u00e9lectrons libres. L\u2019un et l\u2019autre ont quitt\u00e9 leur famille tr\u00e8s jeunes, l\u2019une parce que ses parents faisait partie d\u2019une secte et y vouaient leur vie, l\u2019autre, parce que, sa m\u00e8re partie, son p\u00e8re est devenu un travailleur acharn\u00e9, collectant une redevance <\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">radio aupr\u00e8s des mauvais payeurs avec un s\u00e9rieux frisant le pathologique, se servant de son fils pour un meilleur rendement.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Aomam\u00e9 est une jeune femme moderne, sportive, professeur d\u2019arts martiaux et d\u2019auto d\u00e9fense pour les femmes. Elle voue un culte \u00e0 son corps, sacr\u00e9 pour elle, l\u2019observe minutieusement dans le miroir chaque jour, surveille scrupuleusement ses prises de nourriture. Elle se sert des hommes comme d\u2019objets sexuels, pour son unique satisfaction. Elle les choisit sur un trait\u00a0: des cheveux clairsem\u00e9s voire un d\u00e9but de calvitie. Elle joue aussi les redresseuses de tort en se faisant tueuse d\u2019hommes qui ont \u00ab\u00a0maltrait\u00e9\u00a0\u00bb des femmes, avec une redoutable ma\u00eetrise et une grande efficacit\u00e9. Aomam\u00e9, la premi\u00e8re, va rep\u00e9rer des signes d\u2019alt\u00e9ration de son environnement\u00a0et des \u00e9carts par rapport \u00e0 son monde originel.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00ab\u00a0Ce qui est devenu fou, ce n\u2019est pas moi, c\u2019est le monde.\u00a0(<strong>2<\/strong>)\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Tengo, lui, est professeur de math\u00e9matiques, mais aussi champion de judo et \u00e9crivain. Les math\u00e9matiques lui servent de point d\u2019appui depuis toujours\u00a0: \u00ab\u00a0<span style=\"color: #ff0000;\">Q<\/span>uand je suis en face des chiffres, je me sens tout \u00e0 fait d\u00e9tendu. Les choses se trouvent l\u00e0 o\u00f9 elles doivent \u00eatre\u00a0(<strong>3<\/strong>)\u00bb, mais son v\u0153u est de devenir \u00e9crivain, ce \u00e0 quoi il voue le plus clair de son temps. Sa vie est r\u00e9gl\u00e9e comme du papier \u00e0 musique entre ses cours de maths, l\u2019\u00e9criture de ses romans et la visite une fois par semaine de sa petite amie, une femme mari\u00e9e qu\u2019il rencontre essentiellement pour le sexe, avec laquelle il n\u2019a pas d\u2019engagement, ce qui lui convient.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Tengo a un sympt\u00f4me\u00a0: il est en proie \u00e0 des malaises r\u00e9p\u00e9titifs qui surviennent lorsqu\u2019une image s\u2019impose \u00e0 lui\u00a0: une sc\u00e8ne primitive qui l\u2019obs\u00e8de o\u00f9 il voit sa m\u00e8re nue avec un homme qui n\u2019est pas son p\u00e8re, lui sucer les seins. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">L\u2019arriv\u00e9e de Fuka\u00e9mi, jeune fille dyslexique \u00e9chapp\u00e9e d\u2019une secte, dont l\u2019histoire <em>La chrysalide de l\u2019air<\/em> sera r\u00e9\u00e9crite par la suite par Tengo, introduit un monde imaginaire peupl\u00e9 de monstres jouisseurs (un gourou violeur de jeunes filles impub\u00e8res) et de personnages de contes (les <em>little people<\/em>) qui vont jouer un r\u00f4le important dans les transformations du monde ordinaire et le passage d\u2019un monde \u00e0 l\u2019autre. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">1<\/span><\/span><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Q<\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">84 est un roman du temps de \u00ab\u00a0l\u2019Autre n\u2019existe pas\u00a0\u00bb, roman d\u2019une extr\u00eame modernit\u00e9 dans sa composition, dans la pr\u00e9dominance accord\u00e9e aux objets qui constituent l\u2019univers des h\u00e9ros, \u00e0 leur description (les embouteillages, les v\u00eatements, le sport, l\u2019architecture, le design, les performances, la musique etc<\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">.<\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u2026<\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">), dans le choix de personnages qui s\u2019auto-construisent, se d\u00e9lestant de leur pass\u00e9. La s\u00e9paration entre le sexe et l\u2019amour est effective. Le roman illustre le \u00abpas de rapport sexuel\u00a0\u00bb. L\u2019histoire d\u2019amour entre les deux h\u00e9ros, n\u00e9e d\u2019une sc\u00e8ne de leur enfance, se pr\u00e9sente comme un id\u00e9al, d\u2019embl\u00e9e perdu. Il s\u2019av\u00e8re impossible, bas\u00e9e sur l\u2019al\u00e9atoire d\u2019une rencontre entre leurs destin\u00e9es. Le moment o\u00f9, dans le deuxi\u00e8me tome, ils pourraient se retrouver, est rat\u00e9.\u00a0Chacun fantasme la pr\u00e9sence de l\u2019autre, mais la rencontre ne se r\u00e9alise pas.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">C\u2019est aussi un monde o\u00f9 le pouvoir des sectes est latent, o\u00f9 l\u2019auto<\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">d\u00e9fense se substitue \u00e0 la justice ordinaire. Le roman pose clairement la question de la mont\u00e9e en puissance de groupes sociaux constitu\u00e9s sur un trait de jouissance, de leur influence au nom du \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb ou du \u00ab\u00a0bien-\u00eatre\u00a0\u00bb des individus. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">L\u2019introduction d\u2019une nouvelle dimension, (une dimension onirique et po\u00e9tique) vient se glisser dans cette histoire et bouleverse les rep\u00e8res habituels, m\u00ealant fiction et r\u00e9alit\u00e9, humanisant les personnages, les fragilisant. Le passage se fait alors d\u2019un univers \u00e0 l\u2019autre et la confusion s\u2019installe.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Comment tout cela se terminera-t-il\u00a0? Le troisi\u00e8me tome nous le r\u00e9v\u00e8lera\u2026en mars 2012&#8230; <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Le g\u00e9nie de Murakami n\u2019est-il pas de faire appara\u00eetre, par le biais de cet \u00e9trange <\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">roman, une distorsion du monde (int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur) qui, comme un grain de sable, vient enrayer la marche du monde tel qu\u2019il va : la lettre \u00ab\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Q<\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00a0\u00bb pr\u00e9sente au c\u0153ur du programme chiffr\u00e9 n\u2019est-elle pas la lettre de jouissance qui vient marquer de son sceau, une autre r\u00e9alit\u00e9, introduisant une inconnue ? Le monde se r\u00e9v\u00e8le \u00e9quivoque\u2026L\u2019\u00e9tranget\u00e9 est en dehors de nous ou en nous\u00a0?\u2026<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Ce roman-l\u00e0 ne r\u00e9sonne pas pour rien. Les japonais ne s\u2019y sont pas tromp\u00e9s. C\u2019est un conte extra-ordinaire, un objet hyper moderne qui nous <span style=\"color: #ff0000;\">Q<\/span>uestionne&#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">(<strong>1<\/strong>) Murakami H. <em>1Q84<\/em> Livre 1, Edit. Belfond, Saint Amand-Montron, Juillet 2011, p.199<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">(<strong>2<\/strong>) Ibid., p. 192<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">(<strong>3<\/strong>) Ibid., p.87<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Publi\u00e9 dans le N\u00b0102 de Lacan Quotidien<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p align=\"JUSTIFY\">1Q84 par Marie-Christine S\u00e9galen<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":6123,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[568],"tags":[1144,1141,1091,1142,1143],"class_list":["post-6122","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-vientdeparaitre","tag-fantasme","tag-haruki-murakami","tag-impossible","tag-marie-christine-segalen","tag-orwell"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6122","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6122"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6122\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6629,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6122\/revisions\/6629"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6123"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6122"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6122"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6122"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}