{"id":6288,"date":"2011-12-05T23:00:13","date_gmt":"2011-12-05T22:00:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/?p=6288"},"modified":"2011-12-29T08:11:48","modified_gmt":"2011-12-29T07:11:48","slug":"%c2%ab-mancamento-radiale-%c2%bb-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2011\/12\/%c2%ab-mancamento-radiale-%c2%bb-3\/","title":{"rendered":"\u00ab Mancamento radiale \u00bb"},"content":{"rendered":"<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif; font-size: medium;\"><strong>L\u2019objet f\u00e9tiche europ\u00e9en\u00a0<\/strong><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif; font-size: medium; color: #0000cc;\"><span>par<\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif; font-size: medium; color: #0000cc;\"><span style=\"font-size: small;\"> Antonio Di Ciaccia<!--more--><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00ab\u00a0<strong>Tutti i nodi tornano al pettine<\/strong>\u00a0\u00bb, dit un proverbe italien, dont l\u2019\u00e9quivalent en fran\u00e7ais serait\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>\u00e0 la fin tout se paie<\/strong>\u00a0\u00bb. <strong>Le capitalisme n\u2019a pas l\u2019air de se porter mal, mais les vieux occidentaux semblent \u00eatre <\/strong><em><strong>occident\u00e9s<\/strong><\/em><strong> \u00e0 jamais par le capitalisme\u00a0; ce qui, finalement, donne raison \u00e0 Marx qui voyait les humains r\u00e9duits \u00e0 une pure variable du capital<\/strong>.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Giorgio Ruffolo, \u00e9conomiste et ancien ministre, donne une lecture des origines et ressorts de cette situation dans <em>la Repubblica<\/em>. D\u2019abord nos anc\u00eatres, les Romains, basaient leur \u00e9conomie sur le vol\u00a0: de terres, de femmes, d\u2019esclaves, d\u2019or, et j\u2019en passe. Au moyen-\u00e2ge l\u2019\u00e9conomie se basait sur la cour\u00a0: la prosp\u00e9rit\u00e9 des seigneurs, <em>pars dominica<\/em>, s\u2019alimentait de l\u2019exploitation des paysans, <em>pars massaricia<\/em>. Puis sont arriv\u00e9s la d\u00e9mocratie et le capitalisme. Selon notre Auteur le capitalisme [passons pour le moment sur la d\u00e9mocratie] tend \u00e0 r\u00e9aliser une croissance g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00e9conomie et, malgr\u00e9 les injustices, il y parvient\u00a0; d\u2019o\u00f9, \u00e0 son avis, son \u00ab\u00a0indiscutable sup\u00e9riorit\u00e9 sur tout autre r\u00e9gime\u00a0\u00bb. Pourtant, quelque chose s\u2019est g\u00e2t\u00e9 \u00e0 cause du transfert de l\u2019accumulation des <em>choses<\/em> vers l\u2019accumulation des <em>titres<\/em> qui repr\u00e9sentent les choses (la finance). D\u00e9sormais, le capitalisme ne traduit plus le profit dans la production de biens r\u00e9els et s\u2019adonne \u00e0 une concentration de la richesse sous forme de liquidit\u00e9s (monnaies et titres) entre les mains de quelques ploutocrates (priv\u00e9s, mais surtout institutions), ce qui a eu pour cons\u00e9quence le fait que la valeur de la liquidit\u00e9 mondiale a pu repr\u00e9senter douze fois celle du produit r\u00e9el mondial.\u00a0 <strong>Voici la raison de l\u2019endettement des nations riches, l\u2019\u00e9conomie ne se base pas sur l\u2019exploitation du moment pr\u00e9sent mais sur les revenus futurs.<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Quelques remarques. De fait, le capitalisme tend \u00e0 la croissance de la richesse. Il est vrai \u00e9galement que les deux partenaires du capitalisme, le <em>capitaliste<\/em> et le <em>prol\u00e9taire<\/em>, sont assimil\u00e9s\u00a0: s\u2019ils renoncent \u00e0 la jouissance, ils vont gagner un surplus. Seulement pour le capitaliste, il s\u2019agit de la plus-value qui lui revient apr\u00e8s avoir perdu la jouissance de l\u2019usage de la marchandise produite par le travailleur, lequel, apr\u00e8s avoir perdu sa libert\u00e9, a lui aussi son surplus. Au lieu de vivre, il <em>survit<\/em>. <strong>Lacan, avec ces petites gloses qui font notre jouissance \u00e0 nous, dans l\u2019<\/strong><em><strong>Envers de la psychanalyse<\/strong><\/em><strong> \u00e9largit la question \u00e0 ces peuples qui veulent participer \u00e0 la richesse des nations d\u00e9velopp\u00e9es : dans cette affaire, ce qu\u2019ils vont perdre, c\u2019est leur savoir.<\/strong> Savoir qui leur donnait leur statut et que le riche ou les nations riches empochaient par-dessus le march\u00e9, sans le payer.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Marx, dans <\/strong><em><strong>Le Capital<\/strong><\/em><strong>, nous enseigne que la marchandise, qui ne sert pas seulement pour son usage ni pour sa valeur, re\u00e7oit son aura \u00ab\u00a0mystique\u00a0\u00bb \u00e0 partir de la forme qui refl\u00e8te \u2013 \u00ab\u00a0comme dans un miroir\u00a0\u00bb, dit-il<\/strong> \u2013 <strong>la forme du rapport social entre les humains<\/strong>. La marchandise, donc, qui \u00e9tait faite pour l\u2019\u00e9change, et l\u2019argent qui \u00e9tait fait pour circuler, en se fixant, se m\u00e9tamorphosent en \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000cc;\">objets f\u00e9tiches<\/span>\u00a0\u00bb et, parall\u00e8lement, les m\u00e9tallos s\u2019habillent en capitalistes.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Revenons \u00e0 l\u2019Europe, avec son comique et son tragique, m\u00e9lodramatiquement li\u00e9s. Non seulement les Pays europ\u00e9ens endett\u00e9s voient s\u2019effondrer comme un ch\u00e2teau de cartes leurs titres, mais les plus vertueux ne veulent pas devenir les coffres-forts des eurobonds, qui c\u00e8lent des titres (sans valeur) d\u2019autrui. Les m\u00e9tallos allemands ne sont pas du tout pr\u00eats \u00e0 se laisser spolier par des m\u00e9diterran\u00e9ens adeptes du <em>dolce far niente<\/em>, lesquels, \u00e0 leur tour, reprochent aux nordiques leur attachement \u00e0 une monnaie forte qu\u2019ils appellent d\u00e9sormais le neuro (euro du nord).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">La dichotomie s\u2019est ainsi reproduite \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019Europe, et peu importe si l\u2019Harpagon allemand reste accroch\u00e9 \u00e0 ses Bund (\u00ab\u00a0<em>Si je l\u2019appelle un vol\u00a0? Un tr\u00e9sor comme celui-l\u00e0\u00a0?\u00a0<\/em>\u00bb) et le napolitain g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00e0 son plaisir (\u00ab\u00a0<em>[\u2026] mais ce ne sera pas le perdre que de me le laisser\u00a0<\/em>\u00bb), puisque dans le deux cas, c\u2019est du toc. <strong>Ce qui se tient c\u2019est que le capitalisme est une chose s\u00e9rieuse, \u00ab\u00a0quelque chose de follement astucieux\u00a0\u00bb, pour le dire avec Lacan, \u00ab\u00a0mais vou\u00e9 \u00e0 la crevaison\u00a0\u00bb.<\/strong> Justement parce que \u00ab\u00a0\u00e7a marche trop vite, \u00e7a se consomme, \u00e7a se consomme si bien que \u00e7a se consume\u00a0\u00bb. Et nous avec. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Publi\u00e9 dans le N\u00b0107 de Lacan Quotidien <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Pour lire le texte en italien, <a href=\"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/2011\/12\/%C2%AB-mancamento-radiale-%C2%BB-2\/\">suivez ce lien<\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p align=\"JUSTIFY\">L\u2019objet f\u00e9tiche europ\u00e9en\u00a0par Antonio Di Ciaccia<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":6289,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[19,397],"tags":[139,1191,1194,1192,1193],"class_list":["post-6288","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chroniques","category-tribunepresidentielle","tag-antonio-di-ciaccia","tag-capitalisme","tag-crevaison","tag-giorgio-ruffolo","tag-objets-fetiches"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6288","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6288"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6288\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7055,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6288\/revisions\/7055"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6289"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6288"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6288"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6288"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}