{"id":7300,"date":"2012-01-08T18:35:57","date_gmt":"2012-01-08T17:35:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/?p=7300"},"modified":"2012-01-08T18:37:21","modified_gmt":"2012-01-08T17:37:21","slug":"shame-tout-doit-etre-repris-au-depart-a-partir-de-lopacite-du-sexuel-par-jean-noel-donnart","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2012\/01\/shame-tout-doit-etre-repris-au-depart-a-partir-de-lopacite-du-sexuel-par-jean-noel-donnart\/","title":{"rendered":"Shame : \u00abtout doit \u00eatre repris au d\u00e9part \u00e0 partir de l\u2019opacit\u00e9 du sexuel\u00bb par Jean-No\u00ebl Donnart"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><!--more--><span style=\"color: #ff0000;\">Shame : \u00abtout doit \u00eatre repris au d\u00e9part \u00e0 partir de l\u2019opacit\u00e9 du sexuel\u00bb<\/span> (1)<br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\">Jean-No\u00ebl Donnart<\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Shame-Steve-mc-Queen.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-7301 aligncenter\" title=\"Shame Steve mc Queen\" src=\"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Shame-Steve-mc-Queen-300x224.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"224\" srcset=\"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Shame-Steve-mc-Queen-300x224.jpg 300w, https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Shame-Steve-mc-Queen.jpg 618w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Shame, le r\u00e9cent film du plasticien britannique Steve Mac Queen est remarquable \u00e0 plus d\u2019un titre. En particulier, il indique de mani\u00e8re saisissante des lignes de force du discours contemporain quant au rapport \u00e0 la jouissance, que Jacques-Alain Miller r\u00e9sumait il y a quelques ann\u00e9es du math\u00e8me : a &gt; I. Il n\u2019est pas non plus anodin que cet artiste lui donne un tel titre.<br \/>\nBrendon (Michael Fassbender, qui obtiendra pour ce r\u00f4le le prix d\u2019interpr\u00e9tation masculine \u00e0 la Mostra de Venise) est un yuppy New-Yorkais, sex-addict, enferm\u00e9 dans la m\u00e9tonymie de sa jouissance masturbatoire faite de la fr\u00e9quentation assidue de sites pornos et parfois de prostitu\u00e9es. Cet homme seul est litt\u00e9ralement capt\u00e9 par le regard, omnipr\u00e9sent, de l\u2019\u00e9cran d\u2019ordinateur aux baies vitr\u00e9es d\u2019un h\u00f4tel \u2013 o\u00f9 les couples font l\u2019amour en \u00ab open space \u00bb \u2013\u00a0 en passant par les jeux de regards et de s\u00e9duction dans le m\u00e9tro. Le regard, la fascination sexuelle source d\u2019une jouissance sans frein et sans parole, constitue cet objet a qu\u2019il n\u2019a de cesse de consommer.<br \/>\nL\u2019arriv\u00e9e impromptue de sa soeur (Carrey Mulligan) \u2013 jeune femme certes largu\u00e9e et suicidaire, mais qui cherche \u00e0 lui parler \u2013 viendra \u00e9branler cette jouissance autistique et clandestine, et changer la donne. Elle s\u2019installera quelques temps chez lui, contre son gr\u00e9. \u00c0 cette occasion, il l\u2019entendra implorer l\u2019amour d\u2019un homme au t\u00e9l\u00e9phone, miroir des messages auxquels lui-m\u00eame ne r\u00e9pond pas, pr\u00e9f\u00e9rant sa jouissance. L\u2019insupportable d\u2019une pr\u00e9sence Autre que celle de l\u2019image sexe enraye la m\u00e9canique de cette jouissance sex addict et de sa solitude tranquille. Son boss s\u2019\u00e9tonnera des traces de ses p\u00e9r\u00e9grinations sur les sites pornos. Sa soeur le surprendra \u00e0 se masturber, mais surtout couchera avec le boss qui est aussi compagnon de vir\u00e9es nocturnes, ce que ne supportera pas Brendon : \u00ab seuls les actes comptent, l\u00e2chera-t-il alors \u00e0 sa soeur, pas les paroles \u00bb. Il condamnera sans appel l\u2019irruption du f\u00e9minin \u00e0 une place inattendue, source de honte, mais aussi v\u00e9ritable \u00e9cho de l\u2019imp\u00e9ratif de jouissance auquel il est lui-m\u00eame soumis (il ne parle pas, mais agit) et de la f\u00e9rocit\u00e9 du surmoi contemporain r\u00e9gl\u00e9 sur le fascinum &#8211; fascination de l\u2019image et de l\u2019organe&#8230; \u00ab Et en plus, tu savais qu\u2019il est p\u00e8re de famille ! \u00bb, laissant apercevoir les restes peu consistants d\u2019une croyance au Nom-du-P\u00e8re. Il d\u00e9cidera dans ce moment de se s\u00e9parer de toutes ses revues pornos, de son ordinateur pour essayer d\u2019atteindre autre chose.<br \/>\nCe sera pour lui l\u2019occasion de tenter d\u2019approcher une femme autrement. Il essaiera de lui parler (pas sans l\u2019\u00e9preuve du ratage, de la maladresse et de l\u2019impuissance) du manque au fond, mais pas non plus sans promesse. Difficile passe qu\u2019il s\u2019empressera de ravaler dans une nouvelle fuite \u00e9perdue dans le cycle infernal des jouissances qui le d\u00e9vaste mais qui laisse appara\u00eetre d\u00e9sormais cr\u00fbment la solitude, la violence de cette vie sans parole &#8211; face contemporaine de la mortification du sujet soumis \u00e0 la jouissance sans limite du fascinum. C\u2019est d\u2019ailleurs la premi\u00e8re image du film : cet homme, allong\u00e9 dans ce lit, est-il mort ou vivant ? Et l\u2019une des derni\u00e8res : que sont ces traces de la volont\u00e9 de mourir ?<\/p>\n<p>1. Lacan J., le S\u00e9minaire, livre XXIII, Le Sinthome, Paris, Seuil, p. 64.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Texte relu et corrig\u00e9 par Christine Maugin.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\">\n","protected":false},"author":9,"featured_media":7301,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[301],"tags":[717,1451,1351,1449],"class_list":["post-7300","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cinema","tag-cinema-2","tag-jean-noel-donnart","tag-shame","tag-steve-mc-queen"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7300","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7300"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7300\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7350,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7300\/revisions\/7350"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7301"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7300"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7300"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7300"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}