{"id":937,"date":"2011-09-09T19:12:55","date_gmt":"2011-09-09T17:12:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blogx16y\/?p=937"},"modified":"2011-10-02T03:35:19","modified_gmt":"2011-10-02T01:35:19","slug":"le-courrier-du-9-septembre-2011-lq-n%c2%b021","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2011\/09\/le-courrier-du-9-septembre-2011-lq-n%c2%b021\/","title":{"rendered":"&#8211; LQ 21"},"content":{"rendered":"<p align=\"center\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>LILIA MAHJOUB<\/strong>. Cher Jacques-Alain, voil\u00e0 \u00e7a remue de partout et je savoure cette victoire, la v\u00f4tre, et celle de tous ceux qui vous aiment. C\u2019est divin ! Je respire. L\u2019air de l\u2019\u00eele de R\u00e9 est \u00e0 Paris. Et le combat continue. Baisers. Lilia<\/p>\n<p><strong>RODOLPHE GERBER<\/strong>. La derni\u00e8re ann\u00e9e de sa vie, Lacan \u00e9tait pr\u00e9sent avec une intensit\u00e9 dont aucun mot ne me permet de dire la densit\u00e9. Il m&rsquo;avait dit en juillet de venir le 2 septembre. Gloria m&rsquo;accueillit \u00e0 la porte avec gentillesse\u00a0: \u00ab\u00a0Le Docteur Lacan est encore en vacances, revenez la semaine prochaine.\u00a0\u00bb Pas l&rsquo;ombre d&rsquo;un doute ne vint embrumer la tresse \u00a0de mes esp\u00e9rances; j&rsquo;en gardais avec certitude le fil d&rsquo;argent.: Lacan sera l\u00e0 comme Gloria me l&rsquo;avait dit; Gloria que j&rsquo;entendais Lacan appeler un jour \u00e0 haute voix de son cabinet alors qu&rsquo;il avait devant lui, sur son petit et beau bureau, une assiette\u00a0 garnie d&rsquo;un morceau de viande et un verre de vin rouge:\u00a0\u00bbGloria! c&rsquo;est bon!\u00a0\u00bb Le premier patient du 9 septembre, qui venait r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 7 heures, me parla d&rsquo;une nouvelle entendue \u00e0 la radio: un grand psychanalyste serait mort..\u00a0; Je refusais longtemps l&rsquo;\u00e9vidence, puis je cherchais, des ann\u00e9es plus tard, qui pourrait remplacer l&rsquo;irrempla\u00e7able&#8230;.<\/p>\n<p><strong>GUILLAUME DARCHY.<\/strong> L\u00e9na, 13 ans, rentre du coll\u00e8ge o\u00f9 elle vient de faire sa rentr\u00e9e. Elle me demande\u00a0: \u00ab\u00a0Jacques Lacan\u00a0? il est vivant\u00a0?\u00a0\u00bb Moi\u00a0: \u00ab\u00a0On f\u00eate le 30<sup>e<\/sup> anniversaire de sa mort\u00a0\u00bb -\u00ab\u00a0Zut alors, me dit-elle, la prof de fran\u00e7ais nous a demand\u00e9 de citer des auteurs contemporains, et j\u2019ai \u00e9crit Lacan.\u00a0\u00bb En 4<sup>\u00e8me<\/sup> 6 au Coll\u00e8ge Carnot de Lille aussi, la rentr\u00e9e sera lacanienne.<\/p>\n<p><strong>DANIELE LACADEE LABRO<\/strong>. Roudinesco dans <em>T\u00e9l\u00e9rama<\/em>. Son t\u00e9l\u00e9-ramage m\u00e9rite un d\u00e9-plumage. Lacan \u00ab\u00a0avait des inhibitions\u00a0\u00e0 l\u2019\u00e9criture, mais qu\u2019il savait manier le langage avec g\u00e9nie\u00bb. Mais non, pas du g\u00e9nie, mais de la logique, et une mise en acte de l\u2019instance de la lettre dans l\u2019inconscient. O\u00f9 sont les inhibitions\u00a0? Pas non plus \u00ab\u00a0l\u2019ombre du ma\u00eetre \u00e0 penser\u00a0\u00bb, conjur\u00e9e par le discours, mais la n\u00e9cessit\u00e9 que le lecteur des <em>Ecrits<\/em> y mette du sien. Je passe sur des points plus virulents de cette interview,.<\/p>\n<p><strong>AURELIE PFAUWADEL<\/strong><strong>. <\/strong>Judith Miller est bien vivante \u2013 pour ceux qui sont amen\u00e9s \u00e0 la rencontrer dans le cadre du Champ freudien, nul besoin d\u2019attendre la juste col\u00e8re et l\u2019acte de courage dont elle fait preuve dans <em>Le Point<\/em> de ce jour pour s\u2019en apercevoir. Je regrette seulement que les journalistes, Christophe Labb\u00e9 et Olivia Recasens, dessinent la cartographie du conflit dans les termes m\u00eames qu\u2019E. Roudinesco utilise dans sa biographie, par exemple quand elle <em>met en<\/em> parall\u00e8le l\u2019IPA et l\u2019AMP, affirmant\u00a0: \u00ab\u00a0Tous deux ont pour point commun d\u2019\u00eatre <em>l\u00e9gitimistes<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire l\u00e9galement et familialement d\u00e9positaires d\u2019une image officielle du mouvement, de sa doctrine, de sa pratique.\u00a0\u00bb Ce \u00ab\u00a0l\u00e9gitimisme mill\u00e9rien\u00a0\u00bb consisterait essentiellement, selon elle, en un \u00ab\u00a0embrigadement doctrinal\u00a0\u00bb. On ne sait pas o\u00f9 ces journalistes sont all\u00e9s p\u00eacher que, depuis la mort de Lacan, il existerait \u00ab\u00a0deux courants qui, depuis le schisme, se disputent\u00a0\u00bb son h\u00e9ritage intellectuel. Deux courants\u00a0? Seulement\u00a0? Les mill\u00e9riens et les \u00ab\u00a0roudinesquiens\u00a0\u00bb\u00a0? Cette relecture duelle de l\u2019histoire du lacanisme depuis 30 ans est loufoque.<\/p>\n<p>Le titre de l\u2019article, \u00ab\u00a0La fille de Lacan entre en guerre\u00a0\u00bb, met pourtant bien l\u2019acte du c\u00f4t\u00e9 de J. Miller\u00a0: c\u2019est <em>elle<\/em> qui met le feu aux poudres et provoque E.R. en duel, affichant sur sa belle photo le sourire serein de la guerri\u00e8re appliqu\u00e9e. Alors, pourquoi dire que E.R. aurait \u00e0 elle seule un quelconque pouvoir d\u2019\u00ab\u00a0embraser la plan\u00e8te lacanienne\u00a0\u00bb\u00a0? Le film nous est projet\u00e9 ici la t\u00eate en bas, comme dans une <em>camera obscura<\/em>. Judith Miller n\u2019en gardera pas moins la t\u00eate droite \u2013 en allant jusqu\u2019au bout.<\/p>\n<p><strong>YVES VANDERVEKEN<\/strong>. La question du moment\u00a0: \u00ab\u00a0Que reste-t-il de Lacan\u00a0?\u00a0\u00bb L\u2019\u00e9nonc\u00e9 m\u00eame sugg\u00e8re qu\u2019il n\u2019en resterait\u2026 que des restes. Cette th\u00e8se explicite est relay\u00e9e par une sph\u00e8re acad\u00e9mico-politico-\u00e9ditorialo-o-o, dont on aper\u00e7oit bien les contours. Les formes sont certes diff\u00e9rentes, qui vont de savante \u00e0 pitoyable et \u00e0 futile. Il n\u2019y a que deux possibilit\u00e9s. Ou bien il s\u2019agit de tuer, effacer quelque chose dont il reste justement trop \u2013 <em>d\u00e9passionner<\/em>, <em>en finir avec<\/em>, et tous ses rejetons. Ou il y a l\u00e0 une c\u00e9cit\u00e9 qui ne peut s\u2019expliquer que par le fait d\u2019\u00eatre &#8211; ne f\u00fbt-ce qu\u2019un rien &#8211; trop peu en prise directe avec une r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te de terrain, dirai-je.<\/p>\n<p>Car enfin, ce sont aujourd\u2019hui des milliers de praticiens qui s\u2019appuient et trouvent \u00e0 s\u2019orienter, \u00e0 des titres divers, tous les jours, \u00e0 travers l\u2019Europe et au-del\u00e0, dans leur formation et leur <em>clinique<\/em>, comme on dit (et ce dans des secteurs bien divers) sur l\u2019enseignement de Lacan, gr\u00e2ce \u00e0 celui qui nous apprend \u00e0 le lire, Jacques-Alain Miller. Parce qu\u2019eux \u2013 confront\u00e9s au r\u00e9el de cette clinique \u2013 savent bien <em>in fine<\/em> que c\u2019est l\u00e0 qu\u2019ils trouvent mati\u00e8re \u00e0 s\u2019orienter de fa\u00e7on authentique. Sans faire l\u2019impasse sur l\u2019inconciliable et l\u2019incurable. Ils savent \u2013 parce qu\u2019ils l\u2019\u00e9prouvent \u2013 la forfaiture des orientations compl\u00e8tement d\u00e9tach\u00e9es de l\u2019humain dont la sph\u00e8re vante et appuie l\u2019imposition. Tout, simplement, ce vent qu\u2019on nous vend\u2026 ils en voient tous les jours l\u2019imposture.<\/p>\n<p>Et ces praticiens, c\u2019est par centaines qu\u2019ils t\u00e9moignent de leur pratique et de ses effets qu\u2019ils interrogent sans cesse. C\u2019est sur ce terreau-l\u00e0 et celui de l\u2019enseignement de Lacan et de Jacques-Alain Miller que des concepts sont travaill\u00e9s, \u00e9tudi\u00e9s, remani\u00e9s. Que de nouveaux en \u00e9mergent, l\u00e0 en prise directe avec ce r\u00e9el. Des congr\u00e8s scientifique bond\u00e9s. Des publications, des revues, nombreuses, en t\u00e9moignent. Certaines se vendent \u00e0 hauteur de deux mille \u00e0 trois mille exemplaires \u2013 et ceux qui travaillent dans le milieu de l\u2019\u00e9dition savent, pour une revue, ce que cela signifie. Outre ceux d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9s dans LQ, deux, trois exemples. En langue fran\u00e7aise. Pas au hasard, mais parce que je m\u2019y suis trouv\u00e9 ou y ait \u00e9t\u00e9 directement impliqu\u00e9, et que je peux donc t\u00e9moigner \u00e0 partir de l\u00e0.<\/p>\n<p><strong><em>Quarto<\/em><\/strong>, (Revue de psychanalyse publi\u00e9e \u00e0 Bruxelles) n\u00b0\u00a094-95: \u00ab\u00a0Retour sur la psychose ordinaire\u00a0\u00bb. Presque 3000 ex. vendus. Des chercheurs, cliniciens, analystes, psychologues, philosophes, enseignants, universitaires (y compris am\u00e9ricains), etc. y interrogent comment le concept de psychose ordinaire, invent\u00e9 par Jacques-Alain Miller \u00e0 partir du dernier enseignement de Lacan, vient r\u00e9sonner avec un r\u00e9el de leur domaine. Et dans la foul\u00e9e r\u00e9interrogent le concept m\u00eame. Dix ans de travail de toute une communaut\u00e9 de recherche.<\/p>\n<p><strong><em>Mental<\/em><\/strong><strong>,<\/strong> revue <em>vraiment<\/em> internationale, de l\u2019EuroF\u00e9d\u00e9ration de Psychanalyse. Num\u00e9ro 26, \u00ab\u00a0Comment la psychanalyse op\u00e8re\u00a0\u00bb. Des praticiens de l\u2019Europe enti\u00e8re t\u00e9moignent. Son prochain num\u00e9ro aura pour titre\u00a0: \u00ab\u00a0La sant\u00e9 mentale existe-t-elle\u00a0?\u00a0\u00bb Plus de 120 interventions, du monde entier, issues du Congr\u00e8s au m\u00eame th\u00e8me, \u00e0 Bruxelles\u00a0! Etc.<\/p>\n<p>Je paraphrase Sollers : Des citations\u00a0comme preuves\u00a0!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p align=\"center\">\u00a0<\/p>\n<p>LILIA MAHJOUB. Cher Jacques-Alain, voil\u00e0 \u00e7a remue de partout et je savoure cette victoire, la v\u00f4tre, et celle de tous ceux qui vous aiment. C\u2019est divin ! 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