{"id":9818,"date":"2012-04-01T17:44:31","date_gmt":"2012-04-01T15:44:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/?p=9818"},"modified":"2012-04-03T07:25:20","modified_gmt":"2012-04-03T05:25:20","slug":"les-adieux-a-la-reine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/2012\/04\/les-adieux-a-la-reine\/","title":{"rendered":"Les adieux \u00e0 la Reine"},"content":{"rendered":"<h1 align=\"center\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong><em>Les adieux \u00e0 la Reine<\/em><\/strong><\/span><\/h1>\n<p align=\"center\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Philippe Hellebois<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"center\"><a href=\"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/Lacan-Quotidien-n\u00b0187-Philippe-Hellebois.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-9837\" title=\"Te\u0301le\u0301chargement\" src=\"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/Te\u0301le\u0301chargement-300x28.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"28\" srcset=\"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/Te\u0301le\u0301chargement-300x28.jpg 300w, https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/Te\u0301le\u0301chargement.jpg 425w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><!--more--><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/P-Hellebois.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-9819\" title=\"P Hellebois\" src=\"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/P-Hellebois.png\" alt=\"\" width=\"179\" height=\"122\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/adieux-reine.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-9823\" title=\"adieux reine\" src=\"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/adieux-reine.png\" alt=\"\" width=\"142\" height=\"54\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marie-Antoinette, \u00e0 laquelle Beno\u00eet Jacquot consacre son dernier film, est manifestement \u00e0 la mode. Livres et films se succ\u00e8dent ces derni\u00e8res ann\u00e9es pour en faire un personnage central de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, ou du moins l\u2019un de ceux \u00e0 travers lesquels lire les \u00e9v\u00e9nements. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est tellement spectaculaire que les hommes semblent avoir disparu du paysage \u2013 il est vrai que Napol\u00e9on a d\u00e9j\u00e0 beaucoup servi, et que Robespierre ou Saint-Just ne sont d\u00e9cidemment pas glamour\u00a0! (On sait maintenant combien, s\u2019agissant de ces deux derniers, l\u2019histoire a tort, mais comme le note Lacan, elle tourne en rond, et pr\u00e9f\u00e8re se r\u00e9p\u00e9ter plut\u00f4t que de changer de disque.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela \u00e9tant, n\u2019y a-t-il pas l\u00e0 bien plus qu\u2019une mode, mais un \u00e9cho de l\u2019aspiration contemporaine \u00e0 la f\u00e9minit\u00e9\u00a0? J.-A. Miller a abondamment parl\u00e9 de cette question dans une conf\u00e9rence devenue introuvable \u00ab\u00a0Bonjour sagesse\u00a0\u00bb (<em>Bar\u00e7a<\/em>, n\u00b04, mai 1995, p. 173-193), et aussi dans son cours de l\u2019an dernier intitul\u00e9\u00a0 <em>L\u2019Un tout seul<\/em> (parution presque imminente, soit \u00e0 l\u2019automne prochain\u00a0!) Son commentaire partait de ce que Lacan disait avec Koj\u00e8ve \u00e0 la fin de son S\u00e9minaire IV \u00e0 propos des hommes de la g\u00e9n\u00e9ration de 1945, de \u00ab\u00a0charmants jeunes gens qui attendent que les entreprises viennent de l\u2019autre bord [laissant l\u2019initiative aux dames], pour tout dire qu\u2019on les d\u00e9culotte.\u00a0\u00bb Le sens de tout ceci \u00e9tait aussi limpide que radical\u00a0: les hommes <em>y en a plus, <\/em>notamment depuis Napol\u00e9on, la d\u00e9mocratie, le r\u00e8gne du tous pareils. Le c\u00f4t\u00e9 m\u00e2le des formules de la sexuation est amput\u00e9 de l\u2019une d\u2019entre elles, celle qui dit qu\u2019il y en a un qui fait exception \u00e0 la castration\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J.-A. Miller rench\u00e9rissait d\u2019ailleurs sur Koj\u00e8ve et Lacan en consid\u00e9rant que l\u2019on pouvait sans doute faire remonter la disparition du viril plus loin, au moins depuis Racine et Louis XIV\u00a0! Dans ce m\u00eame fil, l\u2019on peut m\u00eame se demander si le viril n\u2019a pas disparu depuis toujours\u00a0! La Rome antique, qui donna ainsi au phallus \u00e9rig\u00e9 \u2013 le <em>fascinus<\/em> \u2013 une importance in\u00e9gal\u00e9e dans l\u2019histoire, allant jusqu\u2019\u00e0 le diviniser avec Priape, n\u2019\u00e9tait-elle pas battue d\u2019avance\u00a0? En effet, que peuvent tous les <em>fascinus <\/em>du monde devant l\u2019autre jouissance\u00a0? La femme de l\u2019Empereur Claude, Messaline, c\u00e9l\u00e8bre pour ses d\u00e9bordements sexuels, et \u00e0 laquelle Jarry faisait dire qu\u2019elle cherchait un mari qui ne dormait jamais, ne vendait-elle pas la m\u00e8che\u00a0? (Voir \u00e0 ce propos le texte de <em>Misapouf <\/em>dans le Bulletin Uforca d\u00e9cembre 2011)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Benoit Jacquot sent admirablement tout cela, et dessine un portrait de\u00a0 Marie-Antoinette (Diane Kr\u00fcger) avec une rigueur quasi clinique. Ce n\u2019est pas l\u2019adolescente <em>rock \u2018n roll, <\/em>touchante pourtant, du film de Sofia Coppola en 2006, mais une femme qui, parce qu\u2019elle est forc\u00e9ment d\u00e9\u00e7ue par les hommes de la Cour que la vague r\u00e9volutionnaire emporte, se retrouve d\u00e9vor\u00e9e par sa passion pour la belle duchesse Gabrielle de Polignac (Virginie Ledoyen), soit un avatar de la jouissance f\u00e9minine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019autre h\u00e9ro\u00efne du film, Mademoiselle de Laborde, lectrice de la reine (L\u00e9a Seydoux), n\u2019a pas, elle non plus, d\u2019autre amour que sa royale ma\u00eetresse, et quand elle veut rencontrer un homme, par pudeur sans doute, ne peut faire autrement que d\u2019empoigner un valet qu\u2019elle d\u00e9culotte comme n\u2019importe quel charmant gar\u00e7on de 1945\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces trois femmes entre elles \u2013 plus belles d\u2019ailleurs l\u2019une que l\u2019autre \u2013 supportant courageusement le cong\u00e9 donn\u00e9 au phallus par l\u2019histoire, sinon par la structure, donnent au film une aura envo\u00fbtante. Que faire quand l\u2019app\u00e2t f\u00e9minin (absolument remarquable, il faut le dire, notamment dans le chef de Marie-Antoinette-Diane-Kr\u00fcger\u00a0!) n\u2019a pas (plus) d\u2019hommes \u00e0 app\u00e2ter\u00a0? La conversation galante (Marivaux, Moli\u00e8re), les atours (Gabrielle-Virginie- Ledoyen est magnifique dans sa robe verte, mais a-t-elle encore un corps\u00a0?), et <em>last but not least<\/em>, l\u2019angoisse (la mort se rapproche)\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019infini \u00e0 forte dose m\u00e8ne donc aussi au pire \u2013 occasion de s\u2019apercevoir que l\u2019homme peut servir \u00e0 quelque chose\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce film donne aussi envie de lire, notamment le livre de Chantal Thomas <em>Les adieux \u00e0 la reine<\/em> (Paris, Seuil, 2002) dont il s\u2019inspire. Ce titre est fort bienvenu \u2013 la disparition de l\u2019Homme, en l\u2019occurrence le roi, ne laisse pas les femmes intactes\u00a0: plus de roi, plus de reines, plus personne\u00a0! La France se passe de reine, mais n\u2019entretient-elle pas une fascination parfois comique pour celle d\u2019outre-manche\u00a0? La reine est devenue <em>The Queen\u00a0? <\/em>Un journaliste du journal <em>Le Monde<\/em>, lui a d\u2019ailleurs consacr\u00e9 un livre r\u00e9cent dont le quotidien publia force bonnes feuilles, curieusement moins ennuyeuses que le reste de ses pages pr\u00e9sidentielles. La reine, si elle n\u2019est pas en Angleterre, o\u00f9 est-elle\u00a0? En Belgique\u00a0? Hum \u2026\u00a0! Se serait-elle r\u00e9fugi\u00e9e dans la sph\u00e8re priv\u00e9e\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qui sera ma reine\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"LQ 187 extrait\" href=\"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/Lacan-Quotidien-n\u00b0187-Philippe-Hellebois.pdfhttp:\/\/\" target=\"_blank\">T\u00e9l\u00e9chargez l&rsquo;extrait du LQ 187<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les adieux \u00e0 la Reine <\/p>\n<p align=\"center\">Philippe Hellebois<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"center\"><a href=\"http:\/\/www.lacanquotidien.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/Lacan-Quotidien-n\u00b0187-Philippe-Hellebois.pdf\"><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":9828,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[19,301],"tags":[2097,212,717],"class_list":["post-9818","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chroniques","category-cinema","tag-adieux-a-la-reine","tag-benoit-jacquot","tag-cinema-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9818","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9818"}],"version-history":[{"count":20,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9818\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9871,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9818\/revisions\/9871"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9828"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9818"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9818"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lacanquotidien.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9818"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}