Le Courrier des lectrices
et des lecteurs aussi, bien entendu
ANNIE SMADJA. L’armée des ombres. Ni connus ni reconnus ou simplement discrets, souvent provinciaux, peu idolâtres mais éclairés par votre immense travail et convaincus par ce que la « clinique » vérifie chaque jour, praticiens engagés avec les petites gens, posant des actes au […]
Le Courrier des lectrices
et des lecteurs aussi, bien entendu
ANNIE SMADJA. L’armée des ombres. Ni connus ni reconnus ou simplement discrets, souvent provinciaux, peu idolâtres mais éclairés par votre immense travail et convaincus par ce que la « clinique » vérifie chaque jour, praticiens engagés avec les petites gens, posant des actes au quotidien souvent modestes parfois percutants auprès des obscurs le plus fréquemment et de quelques puissants aussi, savez-vous, Monsieur Miller, qu’une armée des ombres vous soutient?
LUC MILLER. J’ai fait bon voyage, et je suis bien arrivé à Maringa via Sao Paulo. Dans le présentoir en face de moi dans l’avion était Le Point. J’ai donc pu contempler à nouveau la belle photo de Maman que j’ai prise sans penser qu’elle aurait ce destin. La connexion internet est si bonne ce soir dans ma chambre que j’ai déjà lu l’article du Nouvel Obs :
http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20110910.OBS0144/heritage-lacan-jacques-alain-miller-declare-la-guerre.html
et le commentaire qu’a laissé Papa sur le site. J’ai téléchargé les deux derniers LQ, et je les lirai après ma douche….petite planète, donc. On ne s’arrache jamais à ses proches et à l’actualité, ce qui rend plus incertain d’être bien entièrement là à ce qu’on est venu y faire.
Dans les avions, sans internet, et avec mon MacBook Air qui a 8h d’autonomie, là au moins j’étais entièrement à la préparation de mon exposé !
Ici, je sens tout de suite que je me suis rapproché du Belize.
Dans l’attente de découvrir qui est « notoire, et réputé » à Maringa.
Dans la Cour aux Ernest – ENS – le 9 septembre 2011
LUC MILLER. Papa, Suite à la petite chronique de l’Ecole normale supérieure dans LQ 19, je tiens à t’assurer que cet établissement a su maintenir bien vivante sa grande tradition en mathématiques. Il n’est pas bien sûr que l’ouverture […]
Dans la Cour aux Ernest – ENS – le 9 septembre 2011
LUC MILLER. Papa, Suite à la petite chronique de l’Ecole normale supérieure dans LQ 19, je tiens à t’assurer que cet établissement a su maintenir bien vivante sa grande tradition en mathématiques. Il n’est pas bien sûr que l’ouverture d’une Chaire d’Excellence en nécrologie lacanienne serait de nature à lui insuffler un surcroît d’esprit pionnier. Le souffle de L’Orientation lacanienne, circulant pourtant tout autour du globe, serait-il trop vif pour stimuler ces chères jeunes « têtes bien faites » ? Force est de constater qu’en ce moment il fait claquer quelques portes! Ton mathématicien de fils.
LAURA PETROSINO. N’ayant jamais rencontré Lacan, je suis partie hier avec la sensation de l’avoir entendu. Et j’ai pensé que je gagnerais à le lire à voix haute.
ANAËLLE LEBOVITS-QUENEHEN.
Une nuit pour deux noms.Léger malaise, hier soir, dans le monde des lecteurs, à l’ENS. Nous sommes venus à l’École par amitié pour Catherine Clément, et parce que nous nous y étions engagés de longue date. Mais entre le moment de cet engagement et le soir du 9 septembre, il y a eu la lecture du livre de la Regina. Il y a eu, en particulier, la lecture de ce passage odieux, de cette accusation éhontée qu’elle y porte contre Judith Miller et les siens : cerise sur le gâteau étouffe-chrétien qu’elle voulait nous servir pour commémorer le grand homme. Léger malaise donc. Même les lecteurs qui y mettaient le ton – j’en étais – l’ont ressenti. L’absence de Judith Miller s’est faite entendre. Non pas qu’il n’y ait rien de possible dans le monde lacanien sans la présence réelle de Judith Miller, mais plutôt un sentiment partagé, chez un peu plus de la moitié des lecteurs au moins, que Judith Miller avait pris la seule option tenable, compte tenu de sa position.
Léger malaise que Jacques-Alain Miller est venu dissiper dans son hommage à la directrice des lieux, en nommant la division, et en l’accentuant encore ce faisant. Deux versions de Lacan s’affrontent 30 ans après sa mort. Et faire surgir l’affrontement est l’hommage le plus convainquant – le seul vraiment lacanien ? – qu’on pouvait rendre à Lacan. Après que Jacques-Alain Miller a dit son hommage, la gaîté dont accouche l’acte réussi a repris ses droits dans la cour aux Ernest.
Le Lacan du consensus n’a jamais existé. À mille lieux de la doxa, cet analyste-là divisait sans cesse, non seulement le monde intellectuel qu’il forçait à se situer pour ou contre son nom, mais aussi les lacaniens eux-mêmes, et parmi eux, il divisait encore chacun de ceux qui avait reconnu en Lacan l’un des noms du réel et le supportait pourtant.
Les partisans d’un Lacan reconnu et aimé de tous, d’un Lacan qui ne dérange plus et met tout le monde d’accord, je les salue pourtant. Non pas pour ce qu’ils sont, et encore moins pour ce qu’ils disent, que pour les conséquences de leurs actes. Ils nous tiennent en alerte et nous offrent l’occasion de nous réaffirmer à nous-mêmes d’abord, que décidément non, nous ne mangeons pas de ce pain-la.
En quittant l’École, j’ai eu le sentiment qu’une bataille intellectuelle mettait notre monde en branle. En branle, le monde intellectuel l’est-il ailleurs avec autant d’intensité ? Je ne sais pas. J’en doute à vrai dire. Jacques-Alain Miller m’a fait penser à Beaumarchais en son temps. Voilà ce qui m’est venu sur le chemin du retour, à minuit et demi du soir en été.
Qu’on le veuille ou non. Le drôle de cette affaire, c’est que la Regina, qui lisait hier soir un extrait du Séminaire, le lisait dans la version éditée par Jacques-Alain Miller, dont elle s’attache à faire disparaître le nom. Voilà à quoi en est réduite « l’historienne » autoproclamée « plus grande spécialiste de Lacan ». Et dire que dans ce passage, il était question de funérailles…
Madame Miller est arrivée. Jacques-Alain Miller est arrivé en retard, hier soir. La jeune femme chargée de l’organisation prend le micro et avertit l’assistance, nombreuse, d’un petit changement de programme : « Catherine Millot lira son passage avant Jacques-Alain Miller qui lira, lui, après elle. » Là, on lui annonce que Jacques-Alain Miller est en train de franchir le seuil de l’École. Elle reprend le micro : « Finalement : bonne nouvelle, Madame Miller arrive ». L’assistance réagit en cœur et répond : « Monsieur Miller ! » On rit de ce lapsus particulièrement parlant aux lecteurs du LQ. Je me dis que si cette jeune femme n’a peut-être pas lu Le Point de cette semaine, son inconscient, lui l’a bien lu.
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AURÉLIE PFAUWADEL. « Lacan pour les non-nuls ». Que peut trouver, dans les librairies à proximité du boulevard Saint-Michel, une jeune étudiante en philosophie – ou en psychologie – qui souhaite s’initier à l’enseignement de Lacan ? Si je vous épargne les Comprendre Jacques Lacan (sic) et autres manuels du type « Lacan pour les nuls », voici ce qu’on trouve le plus facilement : Le vocabulaire de Lacan, de Jean-Pierre Cléro (Ellipse), le Lacan d’Alain Vanier (Les Belles Lettres), Lacan et la philosophie, d’Alain Juranville (PUF), L’introduction à la lecture de Lacan de Joël Dor (Denoël), le collectif Lacan sous la direction de Jean-Michel Rabaté (Bayard)…Ensuite, on passe à des ouvrages de psychanalyse plus spécialisés et aux revues. Dans le meilleur des cas, votre nom fait référence, et l’on peut s’apercevoir qu’un certain peuple d’analystes se réfère à vos cours : « l’orientation lacanienne (inédit) ». L’accès à votre nom comme signifiant, dont une « orientation lacanienne » est le signifié, est donc fortement limité par ce peu de mentions dans les ouvrages facilement consultables par un public qui souhaiterait s’instruire sur le discours lacanien. Voilà le problème : il faut déjà connaître des gens de l’École de la cause freudienne, puis saisir que vos cours circulent sous le manteau, pour pouvoir se procurer la copie d’un CD qui consigne l’ensemble des retranscriptions de « L’orientation lacanienne » depuis 1980, ou presque. Il faut donc déjà avoir un transfert positif à l’École de la cause freudienne – voire un pied dedans – pour avoir la chance de rencontrer votre travail d’éclaircissement de l’enseignement de Lacan. Il est urgent que l’inverse devienne possible. Il est urgent que « Lacan pour les non-nuls », avec votre nom en couverture, vienne remplir les étalages des librairies.
PATRICIA BOSQUIN. Je n’en peux plus de garder mes mots entre moi et moi-même. Je me consume de me taire ! Et oui, la voilà encore passionnée ! Et bien tant pis, je sors de mon inhibition ! Je me décide donc à vous écrire ces quelques mots pour vous dire mon enchantement, ma joie, mon soulagement à lire LQ. Cela me fait l’effet d’une levée du refoulement !Certes il m’a fallut le temps de sortir du plaisir des vacances et prendre le train en marche et me mettre à lire, mais c’est fait. A nouveau le vent souffle sur l’École de Lacan, le vent de la vie, du désir, de l’acte. Il y a peu, vous avez su faire revivre la passe au singulier, celle qui se décide au un par un. Je m’en souviens et je sais ce que je dois au désir décidé de quelques-uns. Ce désir, je le porte comme une marque indélébile qui scelle mon lien et mon attachement à l’École de la Cause freudienne et c’est avec la passe que je tente à ma façon de l’essaimer. Aujourd’hui, c’est avec le même souffle que vous faite passer Lacan, votre Lacan, celui qui passe par vous, par votre lecture assidue mais aussi par votre rencontre si singulière avec Lacan, sa personne. Je viens de lire « Vie de Lacan », vous dites combien il était homme de désir, mais cet homme de désir subsiste et vit grâce à un autre homme de désir. Oui j’étais soulagée, heureuse que LQ sorte votre nom de l’ombre. Comme un météore, qu’il traverse la scène si triste du monde ! Je suis d’accord avec Philippe Hellebois et Agnès Aflalo, qu’enfin vos cours soient édités !
BENOÎT DELARUE. Il y a un peu plus d’une semaine, je croise un très bon ami qui vient de se procurer …Ou pire et Je parle aux murs chez le libraire de Rennes où l’on trouve les ouvrages de notre champ. Vie de Lacan n’était pas encore sorti. Mon ami demande à une employée : « Alors, c’est la rentrée Lacan ? », « Oui et nous recevons une tonne de mails à propos d’ouvrages qui sortent à son sujet… Mais nous en avons un qui est très demandé par les gens ! », « Lequel ? », « C’est Vie de Lacan », « Oui, répond mon ami, de Jacques-Alain Miller », « Voilà, dit-elle ». Je décide à mon tour d’aller dans la librairie. Sur l’étal du libraire – où Vie de Lacan se fait attendre – trois ouvrages : les deux livres de Lacan (une petite pile pour le livre épais, il part rapidement ! Idem pour Je parle aux murs, je les prends donc immédiatement) et celui d’E Roudinesco (une grande pile pour le petit livre…). Première réaction intérieure : le titre ne me plaît pas, trop honnête pour être vrai. C’est que j’ai en tête son premier livre sur Lacan. J’en suis ressorti dégoûté, fort heureusement pas de Lacan, mais de l’ouvrage qui est une entreprise d’historicisation et, du même coup, de mortification du nom Lacan. Deuxième réaction intérieure : bonne âme, je me dis que les choses ont pu changer, et je me risque à lire la quatrième de couverture. Au début de la lecture, ça passe encore… J’arrive à la dernière phrase : « Retour sur sa vie (celle de Lacan), son œuvre, ce qu’elle fut, ce qu’il en reste, avec pour guide sa meilleure spécialiste. » Un souvenir me vient alors, celui d’avril 2005, lorsqu’elle vous reprochait votre « peu d’humilité » dans sa recension du Sinthome parue dans le Monde, vis-à-vis de la « notice de fil en aiguille » que vous aviez écrite à la suite du Séminaire XXIII. Votre nom associé à celui de Lacan, cela n’avait pas plu à sa « meilleure spécialiste » ! Elle s’acharne donc à l’effacer. Lacan sans Miller, son rêve ?
LILIA MAHJOUB. Cher Jacques-Alain, voilà ça remue de partout et je savoure cette victoire, la vôtre, et celle de tous ceux qui vous aiment. C’est divin ! Je respire. L’air de l’île de Ré est à Paris. Et le combat continue. Baisers. Lilia
RODOLPHE GERBER. La dernière année de sa vie, Lacan était […]
LILIA MAHJOUB. Cher Jacques-Alain, voilà ça remue de partout et je savoure cette victoire, la vôtre, et celle de tous ceux qui vous aiment. C’est divin ! Je respire. L’air de l’île de Ré est à Paris. Et le combat continue. Baisers. Lilia
RODOLPHE GERBER. La dernière année de sa vie, Lacan était présent avec une intensité dont aucun mot ne me permet de dire la densité. Il m’avait dit en juillet de venir le 2 septembre. Gloria m’accueillit à la porte avec gentillesse : « Le Docteur Lacan est encore en vacances, revenez la semaine prochaine. » Pas l’ombre d’un doute ne vint embrumer la tresse de mes espérances; j’en gardais avec certitude le fil d’argent.: Lacan sera là comme Gloria me l’avait dit; Gloria que j’entendais Lacan appeler un jour à haute voix de son cabinet alors qu’il avait devant lui, sur son petit et beau bureau, une assiette garnie d’un morceau de viande et un verre de vin rouge: »Gloria! c’est bon! » Le premier patient du 9 septembre, qui venait régulièrement à 7 heures, me parla d’une nouvelle entendue à la radio: un grand psychanalyste serait mort.. ; Je refusais longtemps l’évidence, puis je cherchais, des années plus tard, qui pourrait remplacer l’irremplaçable….
GUILLAUME DARCHY. Léna, 13 ans, rentre du collège où elle vient de faire sa rentrée. Elle me demande : « Jacques Lacan ? il est vivant ? » Moi : « On fête le 30e anniversaire de sa mort » -« Zut alors, me dit-elle, la prof de français nous a demandé de citer des auteurs contemporains, et j’ai écrit Lacan. » En 4ème 6 au Collège Carnot de Lille aussi, la rentrée sera lacanienne.
DANIELE LACADEE LABRO. Roudinesco dans Télérama. Son télé-ramage mérite un dé-plumage. Lacan « avait des inhibitions à l’écriture, mais qu’il savait manier le langage avec génie». Mais non, pas du génie, mais de la logique, et une mise en acte de l’instance de la lettre dans l’inconscient. Où sont les inhibitions ? Pas non plus « l’ombre du maître à penser », conjurée par le discours, mais la nécessité que le lecteur des Ecrits y mette du sien. Je passe sur des points plus virulents de cette interview,.
AURELIE PFAUWADEL. Judith Miller est bien vivante – pour ceux qui sont amenés à la rencontrer dans le cadre du Champ freudien, nul besoin d’attendre la juste colère et l’acte de courage dont elle fait preuve dans Le Point de ce jour pour s’en apercevoir. Je regrette seulement que les journalistes, Christophe Labbé et Olivia Recasens, dessinent la cartographie du conflit dans les termes mêmes qu’E. Roudinesco utilise dans sa biographie, par exemple quand elle met en parallèle l’IPA et l’AMP, affirmant : « Tous deux ont pour point commun d’être légitimistes, c’est-à-dire légalement et familialement dépositaires d’une image officielle du mouvement, de sa doctrine, de sa pratique. » Ce « légitimisme millérien » consisterait essentiellement, selon elle, en un « embrigadement doctrinal ». On ne sait pas où ces journalistes sont allés pêcher que, depuis la mort de Lacan, il existerait « deux courants qui, depuis le schisme, se disputent » son héritage intellectuel. Deux courants ? Seulement ? Les millériens et les « roudinesquiens » ? Cette relecture duelle de l’histoire du lacanisme depuis 30 ans est loufoque.
Le titre de l’article, « La fille de Lacan entre en guerre », met pourtant bien l’acte du côté de J. Miller : c’est elle qui met le feu aux poudres et provoque E.R. en duel, affichant sur sa belle photo le sourire serein de la guerrière appliquée. Alors, pourquoi dire que E.R. aurait à elle seule un quelconque pouvoir d’« embraser la planète lacanienne » ? Le film nous est projeté ici la tête en bas, comme dans une camera obscura. Judith Miller n’en gardera pas moins la tête droite – en allant jusqu’au bout.
YVES VANDERVEKEN. La question du moment : « Que reste-t-il de Lacan ? » L’énoncé même suggère qu’il n’en resterait… que des restes. Cette thèse explicite est relayée par une sphère académico-politico-éditorialo-o-o, dont on aperçoit bien les contours. Les formes sont certes différentes, qui vont de savante à pitoyable et à futile. Il n’y a que deux possibilités. Ou bien il s’agit de tuer, effacer quelque chose dont il reste justement trop – dépassionner, en finir avec, et tous ses rejetons. Ou il y a là une cécité qui ne peut s’expliquer que par le fait d’être – ne fût-ce qu’un rien – trop peu en prise directe avec une réalité concrète de terrain, dirai-je.
Car enfin, ce sont aujourd’hui des milliers de praticiens qui s’appuient et trouvent à s’orienter, à des titres divers, tous les jours, à travers l’Europe et au-delà, dans leur formation et leur clinique, comme on dit (et ce dans des secteurs bien divers) sur l’enseignement de Lacan, grâce à celui qui nous apprend à le lire, Jacques-Alain Miller. Parce qu’eux – confrontés au réel de cette clinique – savent bien in fine que c’est là qu’ils trouvent matière à s’orienter de façon authentique. Sans faire l’impasse sur l’inconciliable et l’incurable. Ils savent – parce qu’ils l’éprouvent – la forfaiture des orientations complètement détachées de l’humain dont la sphère vante et appuie l’imposition. Tout, simplement, ce vent qu’on nous vend… ils en voient tous les jours l’imposture.
Et ces praticiens, c’est par centaines qu’ils témoignent de leur pratique et de ses effets qu’ils interrogent sans cesse. C’est sur ce terreau-là et celui de l’enseignement de Lacan et de Jacques-Alain Miller que des concepts sont travaillés, étudiés, remaniés. Que de nouveaux en émergent, là en prise directe avec ce réel. Des congrès scientifique bondés. Des publications, des revues, nombreuses, en témoignent. Certaines se vendent à hauteur de deux mille à trois mille exemplaires – et ceux qui travaillent dans le milieu de l’édition savent, pour une revue, ce que cela signifie. Outre ceux déjà cités dans LQ, deux, trois exemples. En langue française. Pas au hasard, mais parce que je m’y suis trouvé ou y ait été directement impliqué, et que je peux donc témoigner à partir de là.
Quarto, (Revue de psychanalyse publiée à Bruxelles) n° 94-95: « Retour sur la psychose ordinaire ». Presque 3000 ex. vendus. Des chercheurs, cliniciens, analystes, psychologues, philosophes, enseignants, universitaires (y compris américains), etc. y interrogent comment le concept de psychose ordinaire, inventé par Jacques-Alain Miller à partir du dernier enseignement de Lacan, vient résonner avec un réel de leur domaine. Et dans la foulée réinterrogent le concept même. Dix ans de travail de toute une communauté de recherche.
Mental, revue vraiment internationale, de l’EuroFédération de Psychanalyse. Numéro 26, « Comment la psychanalyse opère ». Des praticiens de l’Europe entière témoignent. Son prochain numéro aura pour titre : « La santé mentale existe-t-elle ? » Plus de 120 interventions, du monde entier, issues du Congrès au même thème, à Bruxelles ! Etc.
Je paraphrase Sollers : Des citations comme preuves !
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